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conserve et ne les prodigue que pour sa patrie , celui qui la sert de tous ses membres et de tout son sang , sera toujours le premier des citoyens. Sylla , devenu Dictateur, peut abbațre le parti du peuple ; mais ni l'orgueil du Patricien , ni la tyrannie du Dictateur ne peuvent rien sur les éclatans services d'un illustre Plébéïen. Marius , couvert de sang et de gloire, monte au premier rang, yainqueur de Sylla , comme des ennemis de la République.

Arma enim membra militis. Cic. Tufc. quæft.

L. 21.6.26.

Soldats, que vous êtes heureux de ne point posséder, de mépriser les richesses, de voir souvent parmi vous-mêmes à quel point elles corrompent les meurs ; et qu'où l'a

mour

mour de l'argent commence, celui des vertus finit ! que vous êtes heureux d'être bien plus tranquilles qu'on ne l'est dans tout autre état , sous la main de l'Etre suprême , qui depuis notre naissance jusqu'à la mort prend soin de nos destinées , de savoir et de voir par votre propre expérience, qu’un arpent suffit pour nourrir un vainqueur , & un peu moins d'une toise pour l'enterrer.

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Nota, cc On reprocha à un soldat Lacédémo» nien, qu'étant à l'expédition d'une guerre, on > l'avoit vu sous le couvert d'une maison ; ils » étoient si endurcis à la peine , que c'étoit honte » d’être vu sous un autre toît que celui du ciel, » quelque tems qu'il fît.

Montaigne. Rien ne fait mieux comprendre le peu de chose que Dieu croit donner aux hommes, en leur abandon

b

nant les richesses, l'argent, les grands établissemens et les autres biens, que la dispensation qu'il en fait , et le genre d'hommes qui en sont le mieux pourvus.

La Bruyere.

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Remportez cet or dans le Capitole , dit Camille au député des » Romains ; et vous Gaulois, ajou

ta-t-il, retirez-vous avec vos poids » et vos balances ; ce n'est qu'avec » le fer que les Romains doivent re» couvrer leur patrie ».

Histoire Romaine.

La vertu est de toutes les conditions , et particulierement, Soldats, la base , l'essence de la vôtre. Si vous l'honorez, en vous honorant vousmêmes , si vous vous regardez com

me les défenseurs de l'Etat, vous serez, vous vous conserverez sans tache, vous vous rendrez aussi recommandables

par la douceur , par la pureté, par la régularité de vos mæurs, que par l'intrépidité de votre courage ; vous détesterez, vous évitercz tous les excès, les jeux, le vin, tant de désordres si honteux, ces qucrelles, ces combats odieux, qui , bien loin d'être du ressort de la valeur véritable, rendirent toujours équivoque dans des momens utiles la fausse bravoure de ces abominables gladiateurs. Si vous honorez votre condition, Soldats, vous serez ce que vous devez être, et ce que furent les Xanthippes, les Gylippes , les Leonides, les Iphicrates, les Eumenes , une foule innombrable de vos égaux,

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tant de prédécesseurs et de contemporains glorieux, dont je vais retracer l'histoire et les exploits étonnans. Je vous la montre cette histoire, en ouvant le livre des Nations. Si la nôtre, par une erreur souvent, mais trop inutilement combattue jusqu'ici , négligea cet objet le plus fréquent, et l'un des plus importans , je m'efforce de mettre au jour, et de rassembler à côté des faits les plus mémorables des soldars des anciens, le plus grand nombre qu'il m'a été possible de recueillir de traits merveilleux de vertů et de courage, qui restoient entassés, et comme ensevelis au milieu de nos armées. Pourquoi la mémoire des cinquante-deux mille guittarres qu'on trouva sur le champ de bataille d'Al

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