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nuons à peu près dans la même proporcion. D'abord nous ne nous appercevons qu'à peine de notre declin ; mais dans la suite nous tombons d'une maniere plus sensible, jusqu'à ce qu'enfin arrivés près du terme ordinaire de la vie humaine , nous nous trouvons tout-à-coup au tombeau. Nos progrès dans la matrice sont à peu près les mêmes. A la formation succede le mouvement, après quoi nous faisons des efforts pour

fortir. Nous sommes formés en peu de tems; ce n'est qu'après plusieurs mois que nous paroissons nous remuer, & nous ne voyons le jour que long-tems après. Car, s'il en faut croire Hippocrate & Avicenne, le tems ou nous commençons à nous mouvoir eft double de celui de notre formation, & le tems de notre fortie est triple du premier , c'est-à-dire que fi l'enfant est formé le 35 jour, il se remue le 70, & fort le 210, ou le sepțiéme mois. S'il n'est formé que le 4's jour, il ne fe remue que le '90. &-ne fort que le 270, ou le neuvième mois,

Le peuple tire encore des pronostics de certaines fêtes du calendrier , & il-augure bien on mal de certains jours du mois; telle est cette opinion presque generale: 'mene établie dans toute l'Europe, que' G le jour de la purification de la sainte Vierge le soleil luit, le reste de l'hyver sera rigou

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reux ,

Teux, & c'est à cette occasion que l'on a faic ce distiquerrıcao: 2 sibi

Si fol Splendesiat Mariâ purificante
Major erit glacies post festum quam fuit ante.

C'est encore un usage en Angleterre que de characteriser les douze mois de l'année par les douze jours- qui précedent & qui suivent la fête de Noel, & d'attribuer au mois de mars certains jours que l'on emprunte du inois d'avril, ce qu'en France on appelle la lune rousse. On s'imagine souvent avoir fait ces observations soi-même, quoi qu'au fonds ce soit une tradition toutà-fait mal fondée.

Or il est évident que les calculs & les calendriers de ceux qui donnene dans ces opinions font très differens ; les grecs dif.ferent des latins, & les-larins entr'eux;

les uns observant le calendrier julien, comme les Anglois & plusieurs peuples d'Allemagne ; les autres suivant le nouveau ftile, ou le gregorien, comme les françois , les espagnols, les flamands, les italiens. Or ce stile devance le premier d'onze jours, ensorte que ces jours sont déja expirés pour ceux-ci, tandis qu'ils ne sont pas encore arrivés pour ceux-là ; & cependant on tire les mêmes prognostics de ces deux calculs tout- differents qu'ils

font. Ainsi ces prétendus oracles que nos peres Tome II,

M

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nous ont transmis, n'ont d'autre fondement que la foiblesse des hommes , qui trompés une fois ne peuvent être ramenés à la verité

par le chagement des circonstances.

Combien de peuples font encore dans l'erreur au sujet de certains tems qu'ils observent avec superftition, & de certains jours, ou certaines heures dans lesquelles ils imaginent quelque fatalité. Les égyptiens mettoient deux jours de chaque mois au rang des jours funestes ; & les romains plaçoient dans cette classe les jours qui suivoient immediatement les nones, les ides & les calendes. Les navigateurs encore

fui. vant la remarque de Rhodigin, tombent dans une erreur semblable , lorsqu'ils regardent comme des jours malheureux le 1 & le 7 de mars, les & le 6 d'avril ; le : 6, le 1 2 & le is fevrier. En effer les observations

que l'on fait aujourd'hui different des anciennes ; elles varioient même dans les siècles précedens chés plusieurs nations. Il se peut encore qu'en suivant le même calendrier, en apportant la plus grande attention, les navigateurs fe trompent sur ces mêmes jours ; c'est ce qui artiva à ces Hollandois, qui pour faire te tour du monde par l'occident , ayant passé le décroit de le Maire trouvérent en arri. vant dans leur patrie qu'ils avoient perdu un jour. Que deux hommes partent'en mê.

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me tems du même endroit pour faire le tour de la terre ; si l'un tourne vers l'orient, & l'autre vers l'occident, & qu'ils se rencontrent au même endroit dans le même tems , il arrivera que celui qui aura marché vers l'orient, en anticipant chaque jour sur le mouvement circulaire du soleil, aura gagné un jour ; tandis que celui qui aura fait le tour du monde par l'occident, en suivant le mouvement du soleil , aura perdu un jour. Ainsi de ce que les deux aigles que Jupiter lâcha l'une vers l'orient

& l'autre vers l'occident, fe retrouvérent à Delos d'où elles étoient parties; on ne devoit pas en conclure que cette isle fut exactement située au milieu de la terre.

CHAPITRE V. ' Digreffion sur la sagesse de Dieu par rapport au

mouvement à la position du Soleil. Ous avons relevé les erreurs qui regat

dent la mesure des années & des Tai. fons : qu'il nous foit permis maintenant d'admirer la sageffe du créateur par rapport à cet aftre lumineux , que quelques auteurs nomment la veritable mesure de toute du. rée. Que les idolâtres adorent le soleil'à caufe de la beauté, & que cous les homl'admirent

ses influentes favorables, nous nous contentons de le celebrer par

pour

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rapport à ce qui releve davantage la fagesse du Créateur, & nous suivrons le plan que Valerius medecin espagnol nous a tracé dans la philosophie sacrée.

Nous admirerons en premier lieu la providence du Créateur, qui n'a point fait du soleil une étoile fixe ; car fi le soleil avoit été immobile il n'auroit point distingué, comme il fait, les jours & les saisons. Elles font en effet reglées par les mouvemens du soleil. Lorsqu'il approche de notre zenith ou point vertical, il fait notre été, lors qu'il est dans son apogée, il fait notre hiver ; lors qu'il est dans l'intervalle de ces deux extremités, il fait notre printems ou notre automne. S'il avoit été immobile, il n'auroit point formé cette diversité ; il auroit cause

pour la plûpart un, hiver ou un été éternel. Les habitans d'une partie du globe terrestre auroient eu un jour que la nuit n'auroit jamais fuivi, tandis que d'autres auroient passé leur vie dans une éternelle nuit. Car c'est le soleil qui fait le -jour en se montrant sur chaque horizon, comme il fait la nuit en passant aux antipodes de chaque horizon. Un soleil en ce cas n'auroit pas suffi ; il en eût fallu un second pour éclairer l'autre hemisphere: inconvenient inévitable, dans quelque fituation qu'il eût été fixé, soit aux poles., soit entre les poles. Car il est impoßible

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