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tre forte de lit se nommoir triclinium, c'està-dire trois lics, comme on le peut voir dans plusieurs representations, & sur tout dans celle du triclinium Rhamnufianum décrit par Mercurialis dans son art gymnastique.

Il est à presumer que cet usage dut sa naissance à celui des bains frequents. Dans les premiers tems au sortir du bain on alloit se coucher & l'on mangeoit dans son lit; ensuite on se fit porter des bains dans les salles à manger, pour y prendre ses

repas

sur des lits.

Pour ce qui regarde la position sur ces lits, les hommes étoient couchés, & s'appuyant sur le coude gauche, ils avoient le dos soutenu par quelque coussin. Celui qui étoit le second sur le même lit, étoit dans la même attitude , tournant le dos au premier , de façon que la tête étoit un peu inclinée sur sa poitrine ; & ainsi des autres, Les femmes se plaçoient quelquefois sé. parément des hommes ; quelquefois aussi elles étoient mêlées avec eux, lelon qu'elles en étoient aimées :

Gremio jacuit nova nupta mariti. dit Juvenal. Suetone rapporte que Caligula faisoit asseoir ou coucher successivement au dessous de lui toutes ses feurs avec qui il avoit eu des commerces incestueux. D'ailleurs, comme il y avoit trois lits, chacun ne contenoit communément

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ces, & finir

que trois places, suivant cet ancien proj verbe qu'il falloit commencer par les gra

par

les muses. Ausli regardat'on comme une fiugularité que Lucius Verus eût onze convives. Il dérogeoit en cela, dit Jules Capitolin, à la coutume des anciens, qui excepté, en des festinas publics, n'avoient jamais tant de personnes à table. Le nombre de ceux quialsistérent à la céne du Sauveur exceda aulli le nombre ordinaire. Et selon Josephe , pour celébrer la pâque, il falloit être au moins dix , assemblés.

Enfin, pour ce qui regarde l'arrangement des convives ; le premier lit , & celui du milieu étoient destinés aux etrangers.. Le troisiéme qui étoit reputé le moins honorable, le maître du festin l'occupoit avec sa famille, lui-même étant toujours placé au haur de ce troisiéme lit, c'est-àdire immediatement après ceux du milieu.' Mais si la femme ou les enfans n'y étoient point, c'étoit les ombres, ou ceux qui veu noient familierement sans être invités qui se plaçoient auprés du maître, comme dit Juvenal: locus eft & pluribus umbris.

Par rapport aux étrangers, la place la plus honorable étoit la derniere du lit du milieu, comme la plus proche du maître du festin ; ensuite la premiere de chaque lit, comme on le verra par la description

que Salluste fait du repas que Perpenna donna à Sertorius. Nous lisons avec Saumaise : Igitur discubuere , Sertorius inferior in medio lecto, Supra Fabius, Antonius in sunimo, infra scriba Sertorii Versius, alter scriba Mæcenas in imo, medius inter Tarquitium, dor deminum Perpennam.

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Il n'y eut que sept personnes à ce repas.

Les places du milieu du premier & du ser cond lit étoient vuides; & c'est dans cette occasion que Sertorius qui étoit le plus honoré dans ce festin , fut assassiné. On peut entendre

par là ce que dit Plutarque dans sa vie, que pendant qu'il étoit couché sur le dos, & qu'il vouloit se lever , Perpenna se jetta sur sa poitrine. Ce qui lui étoit facile; puisqu'étant le maître du festin, il étoit placé immediatement auprès de Sertorius. Cette disposition des trois triclinium peut encore faciliter l'intelligence de cet endroit où Seneque dit que le nord fouffloit au milieu, le nord-est au haur bout, & le nord-ouest au plus bas ; car le nordest répondoit au triclinium d'Antoine , & le nord-ouest à celui de Perpenna.

Plusieurs interpretes employent ce pasfage d'Ezéchiel : Tu étvis assis sur un lit pompeux, & il y avoit devant-toi une table splendidement servie, pour prouver que les Hé. breux sé mettoient à table dans la même attitude. L'usage où ils étoient de quitter leurs chaussures auparavant,

semble confirmer cette opinion , & prouver qu'ils craignoient de gâter leurs lits. Et ce qui montre qu'en effet ils se déchaussoient avant le repas, c'est la défense que Moïse leur fit de quitter leur chaussure pour manger l'agneau paschal ; puisqu'autrement cette défense eût été inutile. Mais quelqu'ait été l'usage

de ces premiers siécles, il y a bien de l'apparence que les siécles suivans imiterent l'exemple des Affyriens, & des Orientaux, & même des Romains , quand Pompće eut subjugué l'Orient.

Or que cet usage fût pratiqué au tems du Sauveur, c'est ce que plusieurs de ses discours indiquent nettement. Lorsque vous serez invité à un repas , dit-il dans S. Luc, ne vous couchez point à la premiere place. Et dans S. Mathieu reprenant les scribes & les pharisiens, il dit qu'ils aiment les premieres places dans les festins, primos recubitus in cænis, & les premieres chaires dans les fynagogues, primas Cathedras, Et cette antithese fait sentir la difference qu'il y avoit entre s'asseoir dans-les synagogues, & se coucher sur des lits pour manger. La conformité des Juifs & des Romains sur d'autres usages dans leurs festins rend celui-ci vraisem. blable. Les Romains se lavoient, se parfumoient avant le repas ; ils avoient même des habillemens particuliers pour la table. Du reproche que fait le Sauveur à Simon sur ce qu'il ne lui lavoit point les pieds, & qu'il ne répandoit point d'huile sur sa tête, on peut inferer que les juifs pratiquoient les mêmes cérémonies.En S.Mat 2 2.il parle de la robe nuptiale, ou selon quelques-uns de la robe de lin du disciple bien aimé, laquelle pouvoit être la même que celle

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