Imágenes de páginas
PDF
EPUB

4

!

[ocr errors]
[ocr errors]

de quel arbre étoit celui qui ôta l'amer-
tume des eaux , ou de quelle espece d'épine
étoit la couronne de j. C. ou si la croix à
laquelle il fut attaché étoit des quatre bois
differens que Durant exprime dans ces
deux vers :
Pes cedrus eft , truncus cupreffus, oliva supremum,
Pulinoque transversum Chrifti sunt in cruce lignum.
ou si elle étoit de chêne seulement, comme
l'ont prétendu Lipse & Becan.

Or peut-être a-ton donné au fruit défendu le nom de pomme, parce que les pommes étant fort communes, elles sont prises souvent pour toute sorte de fruits. C'est par cette raison que la déesse des fruits à été nommée Pomone; que le proverbe ancien dit : donner des pommes à

: Alcinous ; que le fruit que Paris donna à

; la plus belle étoit une Pomme ; qu'un dragon gardoit les pommes d'or dans le jardin des hesperides : fable, au reste, que l'on croit tirer son origine du jardin d'Eden. Et, à dire vrai, ce n'est pas sans raison que l'on a choisi ce fruit par préference, , car le mot qui l'exprime en grec est gém nerique , & renferme les oranges,

les limons, les citrons, les coins, & selon Ruel tous les fruits qui n'ont point de noyau, & dont la pulpe est molle, excepté la grenade. Spigelius donne encore plus

a

[ocr errors]
[ocr errors]

pommes

d'étendue à l'acception de ce terme , puis qu'il comprend sous ce mot tous les fruits ronds , même les noix & les prunes.

Un passage de la vulgate a fortifié cette opinion ; on le trouve ce passage dans le cantique de Salomon : sub arbore malo sufcitavi te ; ibi corrupta est mater tua, ibi violata eft genitrix tua, mais le livre entier étant allegorique, quelle induction tirer de ce passage ? ainsi lorsque Dieu prédit dans Amos la destruction de son peuple par un pannier de fruits d'été, ou de suivant plusieurs versions, pouvons-nous dire que ces fruits ayent aucun rapport avec celui dont nous parlons ? le sens de la phetie étoit que la désolation des juifs arriveroic bien-tôt, & que leur tranquillité ne dureroit pas plus que ces fruits d'été qui passent en peu de tems, & que par cette raison l'on nomme fru&us horei.

On ne doit pas croire davantage que ces paroles de la vulgare, poma defiderii ani. me tua discesserunt à te, renferment quelque relation avec le fruit défendu. Ce n'est autre chose qu'une menace contre Babylone à qui l'on déclare que son luxe & ses plaisirs vont finir. On lit dans Pierius que la pomme étoit le symbole de l'amour, que

c'est cela que l'on representoit Venus tenant une pomme à la main. Par la même raison Philostrare fait jouer les

pro

[ocr errors]

pour cela

.

petits amours dans un jardin avec des

pommes. Et beaucoup d'auteurs ont entendu en ce sens l'histoire de la pomme dans le paradis terrestre.

Puis donc que nous ne pouvons fatisfaire notre curiosité sur cet article, je n'y insisterai pas davantage, plus affligé sans comparaison qu'Adam, ait gouté de ce fruit, que de ce que j'ignore ce que c'é

. toit. J'ajouterai seulement que les hommes prononcent trop légerement sur des choses incertaines, comme il paroît parce qu'ils ont dit de ce fruit , & du serpent même, qui persuada à Eve d'en manger, Plusieurs n'ont-ils pas prétendu déterminer de quelle espece de serpent il s'agit ici ? Quelques-uns assurent que c'étoit un dragon. Selon Eugubinus, c'étoit un basilisc; selon Delrio, une vipere ; & selon d'autres, un serpent ordinaire. En tout cela, rien de certain,

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

CHAPITRE II.
Si l'homme a une côte moins que la femme.
LA

Erreur qui attribue à l'honime une cô

te de moins qu'à la femme, tire son origine de l'histoire de Moyse, où il est die qu'Eve fur formée d'une des côtes d'Adam; d'où l'on infere que cette côte manque à ses descendans en ligne masculine. Cette erreur qui est répandue dans le peuple, fur aussi soutenue contre Columbus à cette occasion. Il se trouva par hazard qu'une femme qu'il dissequoit à Pise, avoit treize côtes d'un côté. Et les spectateurs s'écrierent à l'instant, que c'étoit-là cette côte que la femme avoit de plus que l'homme. Si ce fait en étoit une bonne preuve, on sçauroit certainement duquel des côtés d'A. dam Eve fut formée, & il n'en faudroit pas davantage pour réfurer l'opinion d'O. leafter, qui loutient qu'elle fut formée d'une côte de chaque côté ; aussi-bien que l'interprétation allegorique d'Origene, de Cam jetan , & de ceux qui craignant d'accorder une chose monstrueuse, ou de mutiler Adam, se sont imaginé que Dieu l'avoit créé avec treize cores. Mais ce sentiment ne s'accorde point avec l'experience : en examinant les squelettes des deux sexes, on voit que

les hommes comme les femmes ont vingt-quatre côtes, douze de chaque côté, sept grandes qui tiennent au sternum, & cinq moindres qu'on appelle fausses cô. tes, lesquelles n'y tiennent pas. Et fi quel. quefois il s'en trouve un plus grand nombre dans l'un ou l'autre sexe, c'est une conformation irreguliere, & qui n'est pas plus affectée aux mâles, que l'est un nombre excedant des doigts aux pieds ou aux mains. Il y a bien quelque différence dans

[ocr errors]

la figure des os : l'innominatum de la femme est plus exterieur que celui du mâle, & le coccyx un peu plus relevé, pour faciliter la sortie du fætus; ses côtes mêmes sont plus plattes que celles de l'homme, mais encore une fois, le nombre en est égal dans les deux sexes. Ainsi c'est avec raison qu'Ariftote doutoit, que la relation qui ne donnoit à une nation entiere que sept côtes de chaque côté, fût une relation fidele ; & nous sommes également fondés à l'abandonner lui-même, lorsqu'il assure que

les hommes n'en ont pour l'ordinaire que huit.

Supposé d'ailleurs qu'il manquât une cô. te à Adam , il n'en seroit pas moins absurde de soutenir qu'elle manque aussi à ses descendans en ligne masculine. Car nous remarquons que les mutilations ne passene point du pere au fils. Les aveugles font des enfans qui voyent ; les borgnes en fone qui ont deux yeux ; & la posterité des hommes boiteux & contrefaits , est souvent bien formée. Il semble qu'une portion de la semence du mâle contienne le tout en "puissance, & c'est pour que

des

parens qui n'ont point de mains , engendrene des enfans qui ont des mains , comme dans un grain de froment se trouve quelque fois renfermée la vertu d'en produire plus de cent. Ne pourroit-on pas expli

pour cela

« AnteriorContinuar »