Imágenes de páginas
PDF
EPUB

Si jamais elle peut aimer;
Cette taille que rien n'efface,

Cét efprit fait pour la gayeté,
Ce cœur fi rempli de bonté ;
Enfin cette grace touchante
A rendre l'Ebene parlante,
Quand lui prodiguant mes faveurs
J'anime fes doigts enchanteurs.
Avec tant de chofes à dire
Qu'as-tu befoin que je t'inspire?
Ah! fort bien, Seigneur Apollon,
Dit l'Amour, qu'un hazard propice
Amenoit au facré Valon,

J'eftime ce refus gafcon;

Vous vous rendez par fois juftice, C'eft à moi feul à l'enflâmer.

Et toi qui veux, Rimeur novice, Pour Iris apprendre à rimer, Le vrai moiien, c'eft de l'aimer. Auffi-tôt d'un trait tout de flâme Que dans vos yeux il avoit pris, Cupidon embrâfa mon ame; Et depuis lors dans mes écrits Tout ce que je dis rime en Ris, Tout ce que je dis rime en aime : Je dis fans ceffe, F'aime Iris :Quand pourrai-je dire, Iris m'aime?

STANCES

IRRÉGULIERES

Par M. CoCQUARD,

Sous le nom d'une Amante à fon
Amant, dont elle devoit
Se séparer.

[ocr errors]

ROIRAS-TU, cher Damon, ce que je viens
d'entendre?

Un Hymen.... fans effroi je ne puis te l'apprendre,
Un Hymen odieux, par mon pere ordonné,
Au deftin d'un époux avare,

Pour qui fon penchant fe déclare,

Va joindre déformais mon fort infortuné.

Et vous avez fouffert une telle injuftice, Grands Dieux! vous le fçavez, à mes vœux plus propice

Mon pere avoit cent fois autorifé le don

Que je fis de mon cœur au généreux Damon :
Doit-il rétracter par caprice

Ce qu'il a voulu par raison?

Encor, fi fon ordre fuprême
Qui m'arrache à toi pour jamais,

Me laiffoit du moins à moi-même !
Mais non; de fa rigueur épuifant tous les traits,
Il ne m'enleve à ce que j'aime

Que

pour mieux me livrer à tout ce que je haïs.

moi?

Hé quoi! ç'en eft donc fait? cruelle destinée!
Tu vivras, cher Amant, pour une autre que
Et moi, victime couronnée,

Au plus vil des Humains je vouerai cette foi
Que fous l'espoir flateur d'un plus doux Hymenée,
Je n'avois promise qu'à toi ?

Ciel, ô Ciel! à Damon pourrai-je être infidelle? Mais à mon pere, hélas ! pourrai-je être rebelle? Incapable de s'émouvoir,

Il condamne mes pleurs, ma constance le bleffe:
Comment faire céder la tendreffe au devoir,
Ou le devoir à la tendreffe?

Quelle épreuve pour ma vertu!
Amour, pourquoi la féduis-tu
Contre le choix qu'a fait mon pere?
Ou pourquoi, mon pere, en ce jour,
Sur le choix qu'il avoit à faire,
N'a-t-il pas confülté l'Amour?

Que ce funefte Hymen te va couter de larmes,
Cher Amant! je frémis déja de tes allarmes ;
Et mon cœur qui pour toi craint de fe démentir,

Succombant à regret à fon fort déplorable,

Sent bien moins le coup qui l'accable,
Que celui que tu vas fentir.

9 MADRIG AUX.

A Madame DU HALLAY.

LE

Es trois Graces, & les neuf Mufes,
Cithérée, & le Dieu d'Amour,

Font quatorze, disoit l'Arithmétique un jour;
Apollon lui dit, tu t'abuses:

Va-t'en chez Du Hallay, tu verras clairement,
Que quatorze chez elle y font un seulement.

A Mademoiselle DU HALLAY.

[ocr errors]

Ous, qui déja d'Euclide avez l'habileté, Réfolvez ce Problême, aimable Mélanie,

Par quoi plaifez-vous mieux? eft-ce par le génie? les vertus? eft-ce par la beauté ?

Eft-ce par

VASVAS

A Mademoifelle få Sœur.

LA

A jeune & charmante Angelique
A peindre le Portrait s'applique;

Elle y réuffit tout au mieux.

Si jamais elle peint le plus jeune des Dieux,
De le peindre à son avantage

Elle a pleinement le pouvoir:
Il lui faut devant un miroir

Copier fon propre visage.

Mais, belle Du Hallay, ne yous y trompez pas,
Donnez toujours l'effor à votre heureux génie :
La beauté ne fçauroit durer plus que la vie :
Le talent eft durable au de là du trépas.

g_Ces trois petites Piéces font de M. DE BAINVILLE.

« AnteriorContinuar »