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CHRIST merite un culte tout particulier, comme ayant été confacrée par le fang du Fils de Dieu, & par l'attouchement de fon corps facré, néanmoins l'adoration qu'on lui rend eft trèsdifférente de celle que Dieu défend par ces paroles, puifque bien loin d'être attachée au bois Efius in feul, comme fi on en vouloit faire une divinité, dift.9. 1.3. fent. elle fe rapporte toute entiere à la perfonne de JESUS-CHRIST, que nous adorons dans fa croix, comme l'ayant choifie pour être la dépofitaire de fon corps mourant, l'inftrument de nôtre redemption, & le trophée de la victoire qu'il a remportée fur le peché, fur le monde & fur les de

mons.

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C'est ce que faint Ambroife enfeigne formellement, lorsqu'il dit de fainte Helene mere de l'Empereur Conftantin, Elle trouva la vraye ,,Croix avec le titre qui la diftinguoit des autres. Elle y adora JESUS Roy, & non le bois-même, ,, parce que c'eft le propre de l'impieté payenne d'adorer du bois. Elle adora dans la croix celui qui y avoit été attaché, & qui étoit marqué par Pinfcription de ce facré bois: Invenit titulum; Ambref. regem adoravit, non lignum utique, quia hic gentilis eft error. Sed adoravit illum, qui pependit in ligno, fcriptus in titulo.

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Orat. de

obit.

Theod.

Nicen.

Il paroît auffi bien étrange, que cette queftion Syn. 7. touchant les faintes images ayant été agitée au- Occum. trefois dans l'Eglife, & la veneration qui leur eft wit dûë ayant été établie par des Conciles, & par anno. un grand nombre de Saints très-celebres, ceux Chrift. qui les combattent aujourd'hui aiment mieux fe 787. declarer les difciples de ceux qui furent alors frappés d'anathême, que les imitateurs de tant de grands Evêques qui ont établi ce culte religieux des images faintes, & de tant de Martyrs, dont quelques-uns n'ont pas été inferieurs à ceux des premiers fiecles de l'Eglife, qui ont

M S

fcel

fcellé cette verité de leur propre fang.

Mais de plus, il eft clair que Dieu ne défend ici les images qu'en la maniere qu'il explique lui-même, c'est-à-dire, pour les adorer : & pour leur rendre un culte idolâtre. A moins de celà il faudroit dire que Dieu s'eft contredit lui-même, & qu'il a détruit ce premier commandement de ne faire aucune image de tout ce qui est dans le ciel & dans la terre; puisqu'il ordonne à •Moïse quelques jours après de faire dans le tabernacle, dont il lui donne le modéle, les images de deux Cherubins qui devoient couvrir l'arche de leurs aîles.

Et cependant il eft vifible, que fi toute figure, de quelque maniere qu'on l'honore, devenoit un objet d'idolâtrie, ces deux figures auroient dû être condamnées comme facrileges. Et celles-ci auroient été d'autant plus propres à attirer les Ifraëlites au culte idolâtre des créatures, que rien n'approche fi fort de la nature de Dieu que les Anges.

.5. Je fuis le Seigneur qui venge l'iniquité des peres fur les enfans jufqu'à la troifiéme generation. Dieu marque ce tems, parce que les peres peuvent voir quelquefois jufqu'à la quatriéme generation de leurs enfans, & qu'ils font fouvent plus fenfibles à la punition de leurs petits enfans qu'à la leur propre. Mais Dieu étend quelquefois ses jugemens bien plus loin que le tems qu'il marque ici, puifque nous voyons qu'il a puni les Amalecites dans leurs defcendans quatre cens ans après leur peché.

Il eft dit ici que Dieu punit jufqu'à la quatriéme generation ceux qui le haiffent. C'eft-à-dire, Auguft. felon faint Auguftin, ceux qui imitent le déregle,, ment de leurs peres, & qui perfeverent dans leurs defordres.

cont.

Adim.

cap. 7.

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Il faut néanmoins diftinguer en ceci la puni

tion

tion exterieure qui comprend tous les maux de
cette vie, & l'interieure par laquelle l'ame eft
punie en elle-même & pour jamais. Car pour ce
qui eft des maux de cette vie, Dieu felon la
profondeur de fa fageffe, y peut attacher une
grande punition qui n'arrive que long-tems après,
& qui tombe quelquefois fur tout un royaume:
Et alors Dieu enveloppe fouvent dans ces peines
exterieures les juftes avec les injuftes, fans blesser
fa fouveraine juftice. Parce que fi ce font des
enfans dans l'innocence, ils ont le peché origi-
nel; & fi ce font des juftes d'une grande pieté, ils
ont les fautes dont les Saints mêmes ne font pas
exemts, qui les rendent dignes de ces peines
paffageres. Et ces peines, non feulement ne di-
minuent pas, mais elles augmentent au contraire
leur vertu, & elles affurent davantage la couronne
que Dieu leur
prepare.

Quand donc le Prophete Ezechiel dit que l'enfant ne portera point l'iniquité de fon pere, mais qu'il fera puni pour fa propre faute, celà s'entend de la peine de l'ame, qui enferme la condamnation de Dieu. Nul n'eft puni en ce fens que pour Les propres fautes. Mais pour ce qui cft des maux de cette vie, les enfans & les juftes, quelque faints qu'ils foient,' peuvent quelquefois avoir part à la vengeance que Dieu exerce fur les pechez, ou de leurs peres, ou de ceux qui ont vécu long

tems avant eux.

. 7. Vous ne prendrez point en vain le nom de Dieu. C'est-à-dire, felon quelques-uns, vous ne vous fervirez point du nom de Dieu pour autorifer une fauffeté. Ce que le Fils de Dieu explique en ces termes dans l'Evangile. Vous Matth. » ne vous parjurerez point : mais vous vous v. 33. acquiterez envers le Seigneur des fermens que "Vous lui aurez faits. Et alors quand il eft dit en» fuite, Que Dienu ne tiendra point pour innocent

M 6

celui

Theodor.

celui qui aura pris son nom en vain; on doit entendre que Dieu punira comme d'un grand crime celui qui aura deshonoré fon nom jusqu'à s'en fervir pour autorifer un parjure.

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"

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Theodoret donne à cette parole un fens fimin Exod. ple, & qui eft fuivi par de fçavans Interpretes. qu. Il dit que ce commandement : Vous ne prendrez point en vain le nom du Seigneur ne défend pas feulement de violer la fainteté du nom de Dieu, en jurant fans neceffité, ou même en se parju,, rant & en blafphemant; mais qu'en general il défend de prononcer ce nom fi faint d'une maniere ou irreguliere, ou railleufe & indifcrette, & qui bleffe en quelque maniere que ce puiffe être la profonde veneration qui eft dûë au nom ,,, & à la majefté de Dieu.

Exod. 35.

2.3.

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V. 10. Le feptiéme jour est le jour du repos confacré au Seigneur : vous ne travaillerez point en ce jour. Ce troifiéme commandement fe peut prendre premierement à la lettre, & en la maniere qu'il a été preferit aux Juifs pour un tems, & qu'ils l'ont obfervé eux-mêmes avec un efprit tout humain & tout charnel. Car Dieu leur avoit commandé pour fanctifier ce jour, de s'abftenir de toute œuvre fervile, & de toute forte de travail, en forte qu'il ne leur étoit pas même permis de fe preparer à manger, ainfi qu'il ́ a été marqué auparavant, ni d'allumer du feu dans les maifons, puifque Dieu le leur défend precifément dans la fuite de ce livre ; Non fuccendetis ignem in omnibus habitaculis veftris per diem fabbati.

Si l'on confidere donc ce Sabbat en cette maniere toute litterale, ainfi que l'ont confideré les Juifs, & comme étant attaché indifpenfablement au feptiéme jour; il eft vifible, felon la remarque des plus fçavans Interpretes, que ce precepte ne doit paffer en ce fens que pour un

pre

precepte legal, qui a été aboli, comme dit faint Paul, avec la loy ancienne, par l'efprit & la li berté de loy nouvelle.

Mais puifque Dieu s'eft expliqué lui-même, en difant: que le feptiéme jour feroit le Sabbat d Seigneur, c'est-à-dire, que ce feroit un repos religieux & confacré au culte de Dieu, il eft vrai de dire que ce commandement étoit faint en foy en plufieurs manieres.

1. Parce que Dieu vouloit que les Ifraëlites honoraffent ainfi, & par la reconnoiffance de leur efprit, & par lė repos de leur corps, le bienfait de la création, & le repos divin & ineffable dans lequel Dieu étoit entré le feptiéme jour, après les grands ouvrages qu'il avoit faits dans la création du ciel & de la terre, ainfi qu'il eft marqué dans Gen. 2. le livre de la Genese.

2. Dieu vouloit que le jour du Sabbat servît aux Ifraëlites pour renouveller fans ceffe le fouvenir de cette grace fi prodigieufe qu'il leur avoit faite en les tirant de l'efclavage des Egyptiens. C'est ce qu'il leur déclare lui-même en ces termes : ,, Souvenez-vous que vous avez été efclaves en Egy,, pte, que Dieu vous en a tirez avec une main for,, te & un bras étendu, & que c'est pour celà qu'il ,, vous a commandé d'observer le jour du Sabbat: Memento quod & ipfe fervieris in Ægypto, & edu xerit te inde Dominus Deus tuus in manu forti, & brachio extento. Idcircò præcepit tibi ut obfervares diem fabbati.

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3. Le jour du Sabbat ayant été donné aux Juifs pour être employé tout entier au culte divin Dieu vouloit qu'ils confideraffent, que leur ordonnant de fanctifier ce jour, c'est-à-dire, de le paffer faintement, c'étoit lui-même qui devoit les fanctifier, en leur donnant le pouvoir de s'abftenir des œuvres vraiment ferviles, qui font les pechez, felon que l'explique faint Auguftin. Dieu

pre

2.3.

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