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DES DISPENSES.
DU CAREME,

DANS LEQUEL ON DECOUVRE
la fauffeté des prétextes qu'on apporte
pour les obtenir,

EN FAISANT VOIR PAR LA MECANIQUE
du corps, les rapports naturels des alimens maigres
avec la nature de l'homme :

ET PAR L'HISTOIRE, PAR L'ANALYSE
& par l'observation, leur convenance avec la fanté.

Hecquet, Phili

becqquet ?

Voir la notice sur
Je célèbre méde-
sin dans la

Biographies

universelle!

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A PARIS

Chez FRANÇOIS FOURNIER Libraire, en la maifon
de FREDERIC LEONARD, Imprimeur du Roy
rue Saint-Jacques, à l'Ecu de Venife.

.

M. DCC IX.

AVEC PRIVILEGE DE SA MAJESTE'.

D 63013

HARVARD UNIVERSITY LARY

JUN 20 1962

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PREFACE,

Où l'on donne le plan de l'ouvrage.

de

E titre de ce livre ne doit pas faire craindre qu'on en veuille, à toutes les difpenfes du Carême. On convient au contraire qu'elles font permises, & qu'elles font anciennes dans l'Eglife. Les peres les ont fouffertes, les conciles les autorifent ; toute l'Eglife les reçoit, & ce feroit une préfom tion que porter fon zele plus loin. Ce n'est donc pas un nouveau jong qu'on veuille impofer, ni une loy nouvelle qu'on fonge à établir. Le but qu'on fe propofe eft plus raisonnable, ce feroit d'en retracer les regles, & d'en corriger les abus. En effet, outre qu'on eft fort déchû de la rigueur de l'abftinence, & du jeufne des premiers temps du chriftianifme, on a encore la douleur de voir,qu'avec tous les adouciffemens qu'on ya apporté, il ne reste plus que tres-peu de perfonnes qui les obfervent. On cherche à qui s'en prendre & parce que les médecins font ceux que l'Eglife a honorez du foin d'en difpenfer on les accufe de trop d'indulgence, comme s'ils accordoient à la molleffe, ce qui ne feroit dû qu'à des infirmitez dangereuses. Mais cette accufation est d'autant plus injufte, qu'il eft

;

moins raisonnable de foupçonner d'une telle faute, des médecins inftruits de leur devoir, & nez dans l'Eglife catholique.

On feroit peut-eftre mieux fondé fi on se plaignoit à eux-mêmes, de ce qu'ils n'ont pas fait plûtoft, fur cette matiere, toutes les réfléxions qui pouvoient leur venir dans l'efprit, pour peu qu'ils y apportaffent d'attention. Car peut-eftre auroient-ils arrefté la licence de ces fortes de permissions, s'ils avoient fongé à faire remarquer, que la plupart s'accordent fur des préjugez, qui font d'autant plus forts, qu'ils naissent avec nous, & qu'ils flattent la nature. Ne feroit-on pas en droit, par exemple, de leur demander pourquoy la matiere du jeufne & de l'abstinence, eft de toutes celles qui regardent la Médecine la plus négligée? Pourquoy dans toutes les autres, s'eftre piqué de tant d'exactitude & de reforme, jusqu'à n'admettre que ce qu'on comprend de plus clair & de plus certain, tandis que dans celle-cy, on défere jusqu'aux notions les plus populaires & les moins évidentes? On a feverement profcrit les noms de chaud, de froid, de pituiteux, de bilieux dans la cure des maladies: on ne croit plus ces termes du bel usage, & ils ne font plus que de méprifables reftes d'une phyfique furannée, Cependant que des alimens paffent pour pituiteux, pour froids, pour bilieux, qu'on s'accufe d'un eftomac refroidy, d'un foye chaud, d'un tempérament pituiteux, c'en fera affez pour folliciter une dif

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que

tée

que

penfe, & peut-eftre pour l'obtenir. Mais en cela même ce feroit faire un crime aux médesins, des foibleffes d'autruy; ils feront moins à blamer qu'à plaindre, fi on confidere qu'en Médecine fur tout,il eft tres-mal-aifé de redreffer des efprits imbus des erreurs populaires, parce qu'en fait de maladie, d'infirmité, ou de remedes, le favant comme l'ignorant, le grand comme le petit, tout le monde est peuple, c'està-dire les malades féduits par leur fens ou efclaves de leur préjugez, ne fe trouvent à por des raifons vulgaires, qui les frappent & toujours au deffous des véritez qu'on leur propofe. Dans cet eftat un médecin fe trouve fort embarraffé, car eût-il préfentes toutes les réfléxions, les plus propres à perfuader un malade, elles ne ferviront qu'à foulever fon efprit, s'il n'employe que des raisons pour le ramener. Le préjugé l'entraîne, il fent, dit il, le contraire de ce qu'on luy oppofe: il fait que la pratique des médecins de tous les temps, a toujours esté de difpenfer dans le cas qu'il propofe; en voila affez pour le déterminer. Toute fa physique mêmé qui luy avoit appris à mépriser les anciens luy permettra de les respecter en ce point. Après cela il ne faut plus s'en prendre à la complaifance du médecin, il est plus malheureux qu'infidele; & s'il fe fait fi mal obéir, ce n'est que parce qu'il a toujours à combattre des penchans naturels, & à contrarier l'amour propre. Ce font ces mauvais panchans qu'on attaque dans

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