Imágenes de páginas
PDF
EPUB

DES DISPENSES
DU CAREME,
DANS LEQUEL ON DECOUVRE
la fausseré des prétextes qu'on apporte

pour les obtenir,
EN FAISANT VOIR PAR LA MECANIQUE
du corps, les rapports naturels des alimens maigres,

avec la nature de l'homme :
ET PAR L'HISTOIRE, PAR L'ANALYSE
& par l'observation, leur convenance avec la santé,

Hecquet, Phili

heques?

par

Voir la motivador

ceceléfes mede-

in dans la

[ocr errors]

verselle!

A PARIS,
Chez FRANÇOIS FOURNIER Libraire, en la maison
de FREDERIC LEONARD, Imprimeur du Roy,
ruë Saint-Jacques, à l’Ecu de Venise.

M. DCCIX.
AVEC PRIVILEGE DE SA MAJ'ESTE'.

[merged small][merged small][ocr errors]

PREFACE, Où l'on donne le plan de l'ouvrage.

E titre de ce livre ne doit pas faire craindre qu'on en veuille, à toutes les dispenses du Carême. On convient au

contraire qu'elles sont permises, e qu'elles sont anciennes dans l'Eglise. Les peres les ont souffertes, les conciles les autorisent ; toute l'Eglisé les reçoit, ce feroit une préfom. tion que

de

porter fon zele plus loin. Ce n'est donc pas un nouveau jong qu’on veuille impofer, ni une loy nouvelle qu'on songe à établir. Le but qu'on se propose est plus raisonnable, ce seroit d'en retracer les regles, & d'en corriger les abus. En effet , outre qu'on est fort déchê de la rigueur de ľabstinence , & du jeusne des premiers temps du christianisme, on a encore la dou. leur de voir,qu'avec tous les adoucisemens qu'on y a apporté, il ne reste plus que tres peu de pero sonnes qui les observent. On cherche à qui s'en prendre ; & parce que parce que les

médecins sont ceux que l'Eglise a honorez du soin d'en dispenser on les accuse de trop d'indulgence , comme s'ils accordoient à la mollefse, ce qui ne seroit qu'à des infirmitez dangereuses. Mais cette accufation est d'autant plus injuste, qu'il est

[ocr errors]

moins raisonnable de foupçonner d'une telle faua te, des médecins instruits de leur devoir, & nez dans l'Eglise catholique.

On seroit peut-estre mieux fondé si on se plaignoit à eux-mêmes, de ce qu'ils n'ont pas fait plûtoft, sur cette matiere , toutes les réfléxions qui pouvoient leur venir dans l'esprit, pour peu qu'ils y apportaffent d'attention. Car peut-estre auroient-ils arresté la licence de ces fortes de permissions, s'ils avoient fongé à faire remarquer, que la plậpart s'accordent sur des préjugez , qui font d'autant plus forts, qu'ils naissent avec nous, ea qu'ils flattent la nature. Ne reroit-on pas en droit , par exemple, de leur demander pourquoy la matiere du jeusne & de l'abstinence , est de toutes celles qui regardent la Médecine la plus négligée? Pourquoy dans toutes les autres , s'estre piqué de tant d'exattitude & de reforme, jusqu'à n'admettre que ce qu'on comprend de plus clair & de plus certain, tandis

que

dans celle-cy, on défere jusqu'aux notions les plus populaires & les moins évidentes? On a severement proscrit les noms de chaud, de froid, de pituiteux, de bilieux dans la cure des maladies : on ne croit plus ces termes du bel usage, ils ne sont plus que de méprisables restes d'une physique surannée, Cependant que des alimens passent pour pituiteux, pour froids, pour bilieux , qu'on s'accuse d'un estomac refroidy, d'un foye chaud, d'un tempérament pi{nitexx, c'en fera affez pour solliciter une dif

por

pense, on peut-estre pour l'obtenir. Mais en cela même ce seroit faire un crime aux médesins, des foiblesses d'autruy ; ils feront moins de blâmer qu'à plaindre, si on confidere qu'en Médecine sur tout, il est tres-mal-aisé de redref fer des esprits imbus des erreurs populaires, parce qu'en fait de maladie , d'infirmité, ou de remedes, le savant comme l'ignorant, le grand comme le petit , tout le monde est peuple,

c'està-dire que les malades séduits par leur sens ou esclaves de leur préjugez, ne se trouvent à téc

que des raisons vulgaires , qui les frappent, & toujours au dessous des véritez qu'on leur proposé. Dans cet estat un médecin se trouve fort embarrassé, car eût-il présentes toutes les réfléxions , les plus propres à persuader un malade, elles ne serviront qu'à foulever son esprit , s'il n’employe que

le ramener. La préjugé l'entraîne , il fent, dit il, le contraire de ce qu'on luy oppose : il fait que la pratique des médecins de tous les temps, a toujours esté de dispenser dans le cas qu'il propose ; en voila assez pour le déterminer. Toute sa physique qui luy avoit appris à mépriser les anciens, luy permettra de les respecterence point. Après cela il ne faut plus s'en prendre à la complaisance du médecin, il est plus malheureux qu'infidele ; & s'il se fait si mal obéir, ce n'est que parce qu'il a toujours à combattre des perchans naturels, à contrarier l'amour propre. Ce font ces mauvais panchans qu’on attaque dans

des raisons pour

« AnteriorContinuar »