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maines. On croit que c'est Lycaon, roi d'Arcadie, qui fut le premier auteur de ces sacrifices barbares. Les Moabites immolaient leurs enfants à Moloch, dieu des Am. monites. On sacrifia des victimes humaines non-seulement à Tyr et à Carthage, mais dans la Grèce même, dans l'Italie, dans les Gaules et dans la Germanie.

25. On choisissait, pour les sacrifices, des victimes sans défaut, blanches et en nombre impair pour les dieux célestes; noires et en nombre pair pour les dieux infernaux. On les parait ensuite de rubans et de bandelettes ; on leur dorait les cornes, on mettait sur leur tête des gâteaux, des fruits et de l'encens. Le prêtre prenait ensuite quelques poils entre les cornes de la victime, les jetait dans le feu et ordonnait au victimaire de l'égorger. Ensuite l'aruspice examinait les entrailles pour en tirer des augures favorables. On la coupait après en plusieurs parties que l'on faisait cuire et que l'on distribuait pour le festin qui suivait les sacrifices. Les libations accompagnaient toujours cette cérémonie : c'était une liqueur que l'on répandait en l'honneur d'une divinité. Lorsque, dans les grandes victoires ou dans le temps de quelque calamité publique, on immolait jusqu'à cent bæufs ou cent autres animaux, on donnait à ce sacrifice le nom d'hécatombe.

Des Prêtres. 26. Les prêtres étaient les ministres chargés de présider à la religion. Ils avaient le soin d'enseigner les choses sacrées et les mystères à ceux qui voulaient être initiés; ils publiaient les oracles, faisaient

Questionnaire. 25. Comment faisait-on les sacrifices ? - 26. De quelles fonctions les prêtres étaient-ils, chargés

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les sacrifices et les purifications. Il y avait des souverains pontifes, des prêtres et des ministres subalternes qui les aidaient dans leurs fonctions. Plusieurs villes avaient des prêtresses. Parmi les prêtres et les prêtresses, on remarquait les Hiérophantes et les Eumolpides à Athènes; la Pythie à Delphes; les Pinariens et les Potitiens à Rome; le Flamine de Jupiter; les Épulons, chargés de préparer les festins sacrés et les lectisternes ; les prêtres sibyllins, les Vestales, les Saliens, les Féciaux, les Augures et les Aruspices. Chaque ordre de prêtres avait un college particulier.

Des Supplications publiques. 27. Les supplications publiques étaient des cérémonies religieuses qui se faisaient ou dans les circonstances difficiles, comme dans le temps de la peste ou de quelque maladie extraordinaire, ou après quelque victoire inespérée. Pendant leur célébration, il n'était pas permis de plaider; on faisait des sacrifices, des prières et des festins publics. Ces supplications duraient un ou plusieurs jours.

Du Lectisterne. 28. Le lectisterne, que l'on célébrait pour apaiser les dieux, consistait en un festin que l'on préparait dans un temple. On dressait des lits autour des tables, on les ornait de rameaux, de fleurs et d'herbes odoriférantes, et l'on y plaçait les statues des dieux en l'honneur desquels la fête se célébrait. Des prêtres, nommés Epulons, étaient chargés de présider à cette cérémonie. Pendant la durée de cette solennité, il

Questionnaire. 27. Quand se faisaient les supplications publiques ? - 28. En quoi consistait le lectisterne!

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n'était pas permis d'envoyer un criminel au supplice; on donnait quelquefois la liberté aux coupables.

Des Evocations. 29. Il y avait trois sortes d'évocations. Les premières étaient des opérations magiques qu'on employait pour évoquer les mânes : Orphée est regardé comme l'inventeur de cette cérémonie. Les secondes étaient employées ordinairement pendant le siége de quelque ville, qu'on ne croyait pas pouvoir ni même devoir prendre sans avoir invoqué les dieux sous la protection desquels elle était. On conjurait alors les dieux d'abandonner le peuple et la ville assiégés, de leur inspirer la terreur et de se retirer à Rome. Ensuite on s'engageait à fonder des temples et des jeux en l'honneur de ces dieux.

La troisième sorte d'évocations était employée à l'égard des dieux, lorsqu'il s'agissait de les faire venir dans des lieux où leur présence était reconnue nécessaire. Pour cela on récitait en leur honneur des hymnes dans lesquels on les louait, et l'on s'efforçait de les attirer. Lorsque l'on supposait que le dieu était arrivé, on célébrait des fêtes. Lorsque sa présence n'était plus jugée nécessaire, on lui permettait de se retirer. On chantait à son départ d'autres hymnes plus longs que les premiers, afin de retarder autant qu'on pouvait son éloignement.

Des Dévouements. 30. Les dévouements avaient lieu pendant le temps

Questionnaire. 29. Combien y avait-il de sortes d'évocations, et quelles étaient-elles ? - 30. Dans quelles circosstances avaient lieu les dévouements ?

de quelque calamité publique. Celui qui se dévouait invoquait les dieux, et les priait d'être favorables à ses concitoyens. Si c'était pendant le temps d'une guerre difficile, celui qui faisait le sacrifice de sa vie invoquait les dieux mânes, les suppliait de donner aux siens le courage et la victoire, et de répandre parmi les ennemis la terreur, la consternation et la mort. Il se jetait ensuite, la tête couverte d'un voile, dans les rangs des ennemis où il trouvait une mort certaine. Des Cérémonies religieuses pratiquées à la

fondation des villes. 31, Lorsqu'on voulait fonder une ville, on commençait par offrir un sacrifice; on allumait ensuite des feux, et ceux qui devaient participer à sa construction passaient au travers de ces feux pour se purifier. On traçait ensuite l'enceinte par une trainée de terre blanche, qu'on appelait terre pure; ou, si l'on en manquait, on se servait de farine. On ouvrait ensuite un sillon très-profond avec une charrue d’airain tirée par une génisse et un taureau blancs. On s'arrêtait de temps en temps pour renouveler les sacrifices, et pendant leur célébration on invoquait les dieux sous la protection desquels on mettait la nouvelle ville, ainsi que les dieux du pays. On en consacrait ensuite l'anniversaire par une fête.

Des Oracles. 32. Les oracles étaient l'expression de la volonté des dieux, ou la prédiction de l'avenir, annoncées

Questionnaire. 31. Quelles cérémonies religieuses pratiquait-on à la fondation des villes ? 32. Qu'était-ce que les oracles et quels étaient les plus célèbres?

soit par les dieux eax-mêmes, soit par la bouche des prêtres. Les anciens consultaient les oracles non-seulement pour les grandes entreprises, mais même pour de simples affaires particulières. Les oracles les plus célèbres étaient celui de Dodone, celui de Jupiter Ammon, celui de Delphes et celui de Trophonius.

Oracle de Dodone. 33. Deux prêtresses de Thèbes, en Égypte, furent enlevées par des marchands phéniciens et transportées, l'une en Libye, où elle fonda l'oracle de Jupiter Ammon, et l'autre en Grèce, où elle établit sa demeure dans la forêt de Dodone. Là, elle fit construire une petite chapelle, au pied d'un chène, en l'honneur de Jupiter, dont elle avait été prêtresse; et ce fut ainsi que s'établit cet oracle si fameux. Non loin de là, se trouvait une fontaine, dont le murmure était interprété, lorsqu'il s'agissait de rendre l'oracle. Mais cette manière de rendre l'oracle fut bientôt changée. On suspendit en l'air plusieurs chaudrons de cuivre, près d'une autre statue de même métal, et qui tenait un fouet à la main. Lorsque le vent agitait cette tigure, elle frappait le chaudron le plus voisin, et mettait tous les autres en mouvement: On obtenait ainsi un son qui durait plus ou moins longtemps, et d'après lequel on prédisait l'avenir.

34. On disait aussi que les chênes de la forêt de Dodone rendaient eux-mêmes des oracles. Cela vient

Questionnaire. 33. Quelle est l'origine do l'oracle de Dodone, et comment se rendait-il ? - 34. Les chènes de Dodone ne rendaient-ils pas aussi des oracles ?

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