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gius même; l'auteur rapporte les opinions differenA N. 1572. tes des auteurs fur la maniere dont étoit conftruit le chevalet ; il le représente comme un cheval de bois, dont le dos va en diminuant, comme le tranchant d'un couteau. Il prétend qu'on attachoit les hommes fur cette machine avec des poids aux pieds & aux mains, pour les faire souffrir davantage; qu'on fufpendoit quelquefois fous ce chevalet par les pieds & par les mains, ceux qu'on vouloit tourmenter, & qu'on les brûloit avec des flambeaux ardens, ou qu'on les déchiroit avec des tenailles.

vre eft. De mundi exitio per combuftionem libri quinque in fol.

De tous les ouvrages que Maggius avoit publiez avant que d'aller en Chypre, celui qui appartient plus directement à l'hiftoire de l'églife, eft celui de Le titre de ce li la fin du monde par l'embrafement. Ce traité eft divisé en cinq livres, & fut imprimé à Bafle in folio en 1562. L'auteur y réfute l'opinion des philofophes, qui ont crû le monde éternel, & foutientqu'aïant été créé corruptible, Dieu a deftiné l'eau & le feu pour le purifier, qu'il a commencé d'abord à le faire par le déluge, & qu'il y emploïera le feu à la fin des fiécles. Il examine dans le fecond livre, fi tout le monde fera embrafé, ou feulement une partie, & jufqu'où s'étendra cet embrafement. Il croit dans le troifiéme livre, que l'embrafement fera caufé par une pluie de feu & de fouffre, & il rapporte tout ce qui doit arriver auparavant. Dans le quatriéme livre, il penfe que cet embrafement précedera la venuë de Jesus-Chrift, & il explique en paffant, ce que c'est que la tromperte qui doit réveiller les morts. Enfin dans le cinquiéme livre, il traite de la réfurrection, il rejette le regne de mille

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ans, il décrit le dernier avénement de Jesus-Chrift
& fes circonstances, & finit en foumettant fon ou-
vrage au jugement & à la censure de l'église Ro-

maine.

Le fecond auteur, eft Jean Genès de Sépulveda de Cordoue, qui mourut âgé de près de quatrevingt-deux ans à Salamanque, où il étoit chanoine: il étoit fçavant dans les langues grecque & latine, & habile philofophe. Charles V. fit un fi grand cas de fon mérite, qu'il le fit fon théologien & fon hiftoriographe. Sepulveda étoit fort attaché à fes opinions, & il s'eft fort écarté des fentimens doux & moderez qui conviennent fi bien à un vrai théologien: cela parut dans le differend qu'il eut avec Barthelemi de las Cafas, au fujet des cruautez que les Efpagnols exerçoient dans les Indes, & des défordres qu'ils y commettoient. Ce dernier preffant l'empereur de réprimer leurs excès, Sépulveda entreprit de défendre leur parti : il affura, que ce que faifoient les Espagnols, leur étoit permis par les loix divines & humaines, & par les droits de la guerre. Il fit même un Livre fur ce fujet, intitulé : De la justice de la guerre du roi d'Espagne contre les Indiens, & étant fur le point de le faire imprimer, de las Cafas & l'évêque de Segovie s'y oppoferent: on tint fur ce fujet plufieurs affemblées en Efpagne, où il fut réfolu, que comme c'étoit une af faire de conscience, on demanderoit l'avis des théologiens : c'étoit dans l'année 1547.

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Les théologiens d'Alcala & de Salamanque aïant été confultez, déciderent après beaucoup de conteftations, qu'il étoit de l'interêt de la religion

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Chrétienne, de ne point imprimer le livre de SéAN. 1572. pulveda, parce qu'il contenoit une mauvaise doctrine : mais cet auteur fans aucun égard à cette décision, envoïa fon livre à Rome où il fut imprimé. L'empereur irrité de cette conduite, défendit la publication du livre dans tous fes états, & donna ordre d'en fupprimer tous les exemplaires qu'on pourroit trouver en Espagne; cependant Sepulveda s'imaginant qu'il étoit de fon honneur de ne point ceder, demanda & obtint qu'il lui fût permis de difputer là-deffus avec Barthelemi de las Cafas & l'évêque de Segovie. Cette difpute qui fut publique, ne fe fit que trois ans après en présence de Dominique Soto célebre théologien, & confesseur de Charles V. Ce prince accablé d'affaires, & occupé à des guerres d'une autre espece, ne détermina rien, & les cruautez des Efpagnols dans les Indes, furent plûtôt tolerées qu'approuvées. Les œuvres théologiques de Sépulveda, font 1°. trois livres du libre arbitre contre Luther. 2o, L'anta pologie pour Albert Pio contre Erasme. 3°. Theophile, ou traité de la maniere de rendre témoignage dans les crimes cachez. 4°. De la verité du corps & du fang de Jefus-Chrift dans le facrifice de la Meffe. 5o. Un commentaire fur le cantique des cantiques, tiré de faint Ambroife. 6°. Trois livres des folemnitez des nôces & des difpenfes. Il a fait auffi l'hiftoire de l'empereur Charles V. & une paraphrase latine de la morale d'Ariftote à Nicomachus, qui n'ont pas vû le jour.

LXXII.

Le troifiéme auteur, eft François Baudouin, né Mort de Fran- à Arras le premier Janvier 1529. Il étoit fils du pre

çois Baudouin.

Melchior Adam

Mireus in elog.

des aut. ecclef. com. 16. in-40. Po

mier avocat du roi dans cette ville , & il fit ses premieres études à Louvain , où après s'être perfec- An. 1572. tionné dans l'intelligence des langues grecque & la- San - March. in tine , il s'appliqua au droit, & devint habile jurif- for.2:6.1. confulte. Le marquis de Bergopsom l'aïant pris au- in vitis jurifconf. près de lui, il fut obligé de passer quelques années German à la cour de l'empereur , qu'il quitta pour venir en Belg. oto foroptor. France, où il eut de grandes liaisons avec Budée, Dupin bibliotki Baif, Charles Dumoulin, & d'autres sçavans. Après avoir enseigné le droit pendant sept années à Bour- 114. ges, il fut appellé en Turinge pour y exercer la même fonction ; mais aïant appris dans son voïage que

Dumoulin y alloit , il s'arrêta à Strasbourg , où il ne demeura qu’une année seulement pour y enseigner le droit civil : de-là il passa à Heidelberg, où il professa encore pendant cinq ans le droit & l'histoire ; en étant parti pour accompagner le comte Palatin du Rhin en Lorraine , il fut rappellé en France par Antoine de Bourbon , roi de Navarre, qui le chargea de l'éducation de son fils naturel, & l’emploïa dans les affaires de la religion, qui en ce tems agitoient beaucoup le roïaume. On prétend qu'après une visite qu'il rendit à Calvin , il le sentit beaucoup porté à embrasser ses erreurs ; & que ce qui l'en détourna , fut la lecture d'un ouvrage de George Cassander , intitulé : Devoir de l'homme pieux, qui étoit trop moderé pour plaire aux Proteftans.

Ce livre que Baudouin apporta le premier en France, & qui lui fut attribué, comme s'il en eût porez par cet auété l'auteur ; parce que la premiere édition ne portoit point le nom de Cassander, causa une inimitié biblioth. Belg. Tome XXXV.

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LXXIII: Ouvrages com

teur.

Valerius Andra

assez vive entre lui & Calvin, quelques amis qu'ils A N. 1572. euffent été auparavant : & cette rupture fouleva d'autant plus facilement contre lui tout le parti Calvinifte, que les fectaires le voïoient dans la faveur du cardinal de Lorraine leur ennemi déclaré, & qu'ils étoient perfuadez que le roi de Navarre ne les avoit abandonnez, que par le confeil de ce cardinal.

Calvin aïant donc écrit contre Baudouin, celuici fe défendit par trois écrits: le premier, eft un commentaire fur la loi, de famofis libellis & calumniatoribus, contre les injures que Calvin lui avoit dites, parce qu'il le croïoit auteur du livre de Caffander; le fecond, eft la réponse qu'il fit à la replique de Calvin ; & le troifiéme, eft une autre réponfe imprimée à Paris en 1564. contre Calvin & Beze, où il réfute leur fentiment touchant l'écriture fainte & la tradition. Outre plufieurs autres ouvrages de Baudoüin fur le droit civil, comme fur la loi falcidia, fur les douze tables, &c. on en a encore plufieurs qui concernent l'histoire, la théologie & la controverfe; entr'autres, des préfaces & des notes fur les ouvrages de faint Optat, fon hiftoire de la conférence de Carthage, fa préface & fes notes fur l'hiftoire de la perfécution faite par les Vandales, écrite par Victor de Vite, & fes défenfes contre Calvin & Beze dont on a parlé. De plus, une information écrite en françois fur la réforme de l'églife, & une apologie contre celui qui s'étoit oppofé cette réformation fous le nom d'un prince François, qui fut imprimée à Paris en 1578. On publia fous fon nom à Strasbourg un libelle fous ce titre : Réponse des jurifconfultes Chrétiens contre Duaren,

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