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34. do

le me ine g on li, c

meura le refte du jour, & la nuit fuivante dans de
violentes agitations, au milieu defquelles il mourut. A N. 1584.
Son corps fut porté fans aucune pompe dans l'égli-
fe des peres Capucins de Padoue, comme il l'avoit
ordonné par fon teftament. Antoine-Marin Gratia-
ni, évêque d'Amelia, fon fécretaire, & qui l'avoit
accompagné dans tous fes voïages, compofa en la-
tin l'histoire de fa vie.

Le 12. de Septembre précedent, mourut le céle-
bre Gentien Hervet, né au commencement du fei- Hervet.
ziéme fiécle à Olivet, bourg près d'Orleans. Après
s'être rendu habile dans les langues grecque & lati-
ne, il fut d'abord chargé de conduire dans fes étu-
des Claude de l'Aubefpine, qui fut fécretaire d'état
fous quatre rois. Lorfqu'il eut quitté fon difciple, il
s'attacha à Edouard Lupfet, Anglois, & il le fuivit
en Angleterre. La comteffe de Salisbery l'y chargea
de l'éducation d'Artus Polus fon fils, frere du car-
dinal de ce nom, qui l'appella dans la suite à Rome
pour l'y emploïer à traduire en latin plufieurs auteurs
grecs. Pendant le féjour qu'Herver fit dans cet-
te ville, il demeura dans la maifon de ce cardinal,
qui étoit une école de fcience & de vertu, & fon
fçavoir, joint à la douceur de fa conversation, lui
acquit l'amitié de ce prélat, & des plus grands hom-
mes de l'Italie. De retour en France, il s'arrêta à
Bourdeaux, où il fit des leçons publiques dans le
college, qui paffoit alors pour un des plus célebres
du roïaume. Le féjour d'Italie lui plaifant davanta-
ge, il y retourna, & s'attacha au cardinal Marcel
Cervin, qui l'emploïa à traduire plufieurs ouvrages
des peres Grecs, & quelques autres.

CXXVII. Mort de Gentien

De Thou lib. 80. Dupin biblioth. des aut. ecclefiaft.

feizième écle to

5. in-8. pag. 446. Poffevin in ap par. Sacro.

Le Mire de fcripti faculi xv1.

Il accompagna le cardinal Polus au concile de AN. 1584. Trente, où il prononça un difcours, que l'on a imprimé. Son but eft de faire voir, que les mariages des fils de famille, qui sont en puissance de parens, contractez fans leur confentement, font nuls; l'on croit que ce discours donna lieu aux décrets, que le concile fit depuis contre les mariages clandeftins. Dans la fuite, Hervet aïant pris les ordres facrez, fut d'abord grand vicaire de Jean de Hangest, évêque de Noyon, & enfuite de Jean de Morvilliers, évêque d'Orleans, & dans ces emplois il s'appliqua particulierement à la prédication. Il retourna à Trente avec le cardinal de Lorraine, fous le pontificat de Pie IV. & y compofa deux lettres fur la réfidence des évêques. En 1563. à fon retour, ce cardinal lui donna un canonicat à Rheims, où il fe fixa : il y mourut le 12. de Septembre 1584. âgé de plus de quatre-vingt ans. Ses traductions paffent pour être exactes, mais l'ouvrage qui lui a fait le plus d'honneur, est son discours fur le rétablissement de la difcipline ecclefiaftique, qu'il fonde fur le fixième ca non du concile de Chalcedoine, dans lequel il eft déclaré qu'on n'ordonnera aucun clerc, fans lui affigner un benefice ou un office ecclefiaftique. Ilseleva dans ce difcours contre l'abus des Commendes, les résignations en faveur, avec droit de regrès, le trafic qu'on fait des bénefices, & l'usage de donner des évêchez à des cardinaux qui ont déja des titres. Il a fait auffi en françois plufieurs ouvrages troverse contre les héretiques ; & il s'y fert aflez avantageusement de l'écriture & de la tradition,

de con

pour

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tanus.

Dupin loco sup.

Ribadeneira de Alegamb. de

7efu.

Valer Andr. biblioth. Belga

pour établir les véritez catholiques , & réfuter les erreurs qui y sont contraires.

AN. 1584 Les autres sçavans qui moururent cette année, cxxvIII. sont, 1. Theodore Peltanus ou Pelten , ainsi nom- dore Antoine Pelo mé, parce qu'il étoit de Pelte au diocese de Liége. Après avoir acquis dans ses premieres études, une cir.pag.4529 connoissance allez étenduë des langues grecque & latine , il entra dans la société des Jesuites : c'est un script. Societatis des premiers religieux de cette compagnie , qui ait enseigné dans l'université d'Ingolstad, depuis qu'Albert de Baviere l'eut établie en 1956. il y professa d'abord le grec, puis l'hebreu, & enfin la théologie pendant douze ans. Après ce tems, il fut envoïé en 1574. dans le college d'Ausbourg, pour s'y délasser de ses travaux, & il

& il y mourut dix ans après, le 2. de Mai 1584. Outre quelques traductions latines de plusieurs ouvrages des peres Grecs, il fit aussi plusieurs écrits de controverse contre les Protestans, comme sur le peché originel , la satisfaction de Jesus-Christ , le purgatoire , les bonnes æuvres , le culte des saints &c. Ce qu'il a fait sur l'écriture sainte est peu considérable , & traité trop superficielle

29. François Turrien ou de la Torré, né au village de Herrera , dans le diocese de Valence en El- Turrian ou de la pagne. Après avoir fait ses études avec succès, tóute son application fur de chercher dans les biblio- 16.Diapin mat Sup teques d'Italie , des ouvrages d'auteurs grecs , qui lib. 80. Tuba fina n'eussent été encore imprimez; afin de les don- Alegamb. de ner au public, avec une traduction : il assista au con-Feu. cile de Trente ; & à son retour, il se fit Jesuite. Il Tome XXXV.

Pppp

ment.

CXXIX. Mort de François

Torré.

16. fiécle, p. 454.

De Thou hift.

pas

fcriptor. focier,

25. Décem prit l'habit de la fociété le jour de Noël A N. 1584. bre 1566. étant déja assez avancé en âge, & il fe retira en Allemagne, où il continua d'écrire, principa lement contre les héretiques, dont plusieurs lui répondirent, & aufquels il repliqua. C'étoit un controverfifte fort médiocre, & un critique encore plus mauvais : ses traductions qui font en grand nombre, manquent auffi la plupart d'exactitude. Après plusieurs années de séjour en Allemagne, il revint à Rome, où il mourut dans cette année 1584. âgé d'environ quatre-vingt ans.

CXXX. Mort de Paul

La France fut aufli dans l'affliction, par la perte de Foix, archevê- qu'elle fit de deux grands hommes qui lui ont fait beaucoup d'honneur ; le premier eft Paul de Foix,

que

de Toulouse.

San Marth. in qui étoit fils de Jean de Foix, comte de Carmain, & qui devint enfuite archevêque de Toulouse. Il fut d'abord pourvû d'une charge de confeiller au parlement de Paris, qu'il exerçoir avec diftinction,lorsque le roi de France l'envoïa ambaffadeur en Angleterre, à Venife, en Pologne & ailleurs. Enfin, Henri III. le choifit pour la même fonction à Rome auprès du pape Gregoire XIII. Ce fut pendant fon féjour dans cette ville, qu'entendant la messe, il fe fentit tout for d'un coup frappé de la maladie dont il mourut la fin du mois de Mai 1584. dans la cinquante-fixieme année de fon âge, après avoir rendu de grands services à fon fouverain & à fa patrie. Il fut enter ré dans l'églife de faint Louis des François, & Marc Antoine Muret, célebre orateur de fon tems, y du roi fon oraison funébre. Sur la fin du regne Henri II. il encourut la difgrace de ce prince, qui

De Thou lib 80.

elog. doct. Gall. lib. 3. Gallia chriftiana.

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CXXXI. Mort de Guy du

brac.

De Thou lib. 80. vie de Pibrac.

Blanchard bist.

Paris.

peu après reconnut son innocence, rendit justice å lon mérite & le rétablit dans ses honneurs : mais il fut toujours suspect à la cour de Rome , malgré son profond respect pour le souverain pontife. Cegrand prélat eut pour son secretaire à Rome le fameux d'olfat, qui devint ensuite cardinal, & qui a recueilli les lettres de Paul de Foix.

Le second, est Guy du Faur, seigneur de Pibrac, dont on a fait plusieurs fois mention dans cette hil- Faur , ficur de Pitoire. Il étoit le quatriéme fils de Pierre du Faur, seigneur de Pujols , & président au parlement de Chari. Paschai Toulouse. Guy après avoir fait ses études à Paris, & voïagé en Italie, se distingua dans ce même parle des présidens de ment, où il fut conseiller : il fut ensuite élu

jugemage, & dans cette qualité, la ville de Toulouse le députa aux états d'Orleans. C'étoit un des plus beaux esprits de son siécle , & des plus agréables, parlant très-bien latin, avec d'heureux talens pour la poësie françoise. Charles IX. connoissant son mérite , le choisit

pour

être son ambassadeur au concile de Trente, avec Arnoul du Ferrier , & il y foutint vivement les droits de la

Il

accompagna en Pologne Henri III. lorsque ce prince alla prendre possession de ce roïaume ; & étant retourné en France, le même Henri qui étoit venu succeder à Charles IX. son frere , renvoïa Pibrac en Pologne , pour empêcher les Polonois de le priver de la couronne: en quoi il ne pût réüssir. Il revint donc en France, fut fait président à mortier , chancelier de la reine de Navarre , & ensuite du duc d'Alençon. Mais tous ces emplois honorables ne le rendirent que plus

Pppp ij

couronne.

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