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Il est bien conservé, à la réserve du bras gauche cassé dans la figure du vieux Faune. L'agathe est de deux couleurs, & ne peut être plus belle dans son espéce. Un Flamand m'apporta ce morceau il y a environ dix-huit ans , & il est actuellement entre les mains de M. Mariette.

No. III. Ce camée est une agathe-sardoine de deux couleurs. La composition & le travail en font aussi recommandables que la conservation qui est parfaite; & rien n'est mieux exprimé que l'action du lion & de celui qui le combat. L'habillement de la figure est Romain, & elle a de la barbe. Un pareil sujet se trouve traité sur des médailles de différens Empereurs, & entr’autres sur celles d'Hadrien. Je me détermine d'autant plus à lui rapporter cette pierre, que le goût du travail rappelle celui du siécle où ce Prince vivoit ; & que nous lisons dans la vie plusieurs traits qui

ont pû engager les Artistes à le représenter dans ces fortes Pag. 12. de combats. Spartien dit qu'il avoit tué plusieurs lions; Deipnof. 1. xv. &, suivant Athénée, ce Prince se trouvant à Alexan

drie , le Poëte Pancrate lui présenta une fleur de lotus qui étoit rouge au lieu d'être blanche , comme elle devoit l'être naturellement. Hadrien en ayant paru surpris , le Poëte lui dit que cette fleur, à laquelle il vouloit qu'on donnât le nom d'Antinoüs, étoit rouge parce qu'elle avoit été arrosée du fang d'un lion qui pendant long-temps avoit ravagé la Libye, & qui étoit enfin tombé sous les

coups de l'Empereur. Hadrien fut sensible à cette fi&tion, & donna au Poëte une place dans le Musée.

J'ai placé ce camée dans la classe des monumens Grecs, parce que j'ai cru y reconnoître la main & le sçavoir d'un Artiste Grec.

P. 677.

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Quatre pierres gravées en creux ou en relief, dont la plus grande n’excéde pas la proportion reçûe pour les bagues, occupent cette Planche. A la réserve de la pierre rapportée sous le N°. I. dont le sujet est sensible, les autres morceaux n'ont pour recommandation que le mérite de leur travail, joint à celui d'une antiquité qu'il est impofsible de contester. L'impression agréable que font ces fortes d'ouvrages lorsqu'on les examine, eft toûjours mal rendue dans les représentations qu'on en donne , où l'on sçait que les pertes qu’y fait le beau ne sont pas compensées par l'avantage qu'y trouve le mauvais. On voit sous ce numéro un Mercure qui n'est reconnoissable qu'au pétase, ou à l'espéce de tocque dont il a la tête couverte. L'agathe sur laquelle il est gravé elt de deux couleurs, & tout le relief en eft blanc, suivant l'usage le plus ordinaire. Ce morceau, felon toutes les apparences, faisoit partie d'une composition plus étendue , & dont on a conservé ce que l'on a pů.

No. II. CETTE tête Grecque, qui m'est inconnue, est gravée en creux sur une très-belle améthyste de couleur claire, & aussi grande qu'une bague peut l'être. Le travail en est prononcé avec justesse, & le profil est du caractère le plus noble & le plus grand. Les cheveux sont touchés avec une extrême finesse; mais l'encollement & la position de la tête laissent quelque chose à desirer , & ne répondent pas à la beauté.

No. III.

La tête de femme que présente ce monument est également inconnue ; mais gravée sur la plus parfaite fardoine , la plus haute en couleur , & en même temps la plus transparente. Il étoit juste qu'un aussi sçavant Artiste employât une des belles matiéres de la nature. C'est auslice que les Anciens, & sur-tout les Grecs, ont cherché autant qu'il leur a été possible. Le travail de cette belle tête est flou & précis. C'étoit un fragment quand je l'ai trouvée, & j'ai été assez heureux pour conserver dans une forme aussi complette cette preuye si claire du grand talent des Grecs.

No. I V. Ce camée est encore du plus beau travail Grec ; & jamais on n'a représenté dans un li petit espace rien d'aussi grand & d'ausfi recommandable par la disposition des masses , & la précision du trait. Il y a trois lits différens, & c'est une agathe-onyx de trois couleurs. Le premier lit fait le fond : le second qui eft blanc, exprime les chairs : le troisiéme qui est couleur de fardoine, sert à colorer le voile ou coëffure, & la drapperie qui passe sur l'épaule de la figure. Ce qui produit un effet charmant. L'art, selon moi , ne peut aller plus loin ; mais malheureusement ce petit chef-d'oeuvre, qu'il faut mettre au rang des têtes inconnues , eft caffé. Cependant il l'est de façon que la cassure fe trouve entre le visage & la coëffure, & qu'il est assez difficile de s'en appercevoir.

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Cette Planche destinée à renfermer des fragmens eft un hommage que je rends non-seulement à l'Antiquité, mais principalement au mérite des Artistes Grecs qui ont produit des ouyrages dont les plus petites parties doivent

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être conservées. Ils peuvent seuls nourrir le goût, entretenir l'émulation & échauffer le génie ; car il n'est pas douteux que l'imitation des Artistes Grecs ne soit aussi utile aux Artistes modernes, que celle des Auteurs de la même nation l'eft aux Ecrivains de toutes les autres, en leur fournissant des modéles accomplis en chaque genre de littérature. Je voudrois que mon exemple pût engager à conserver tous les fragmens que

l'on

pourra recueillir , & que

l'on achéve souvent de détruire , parce qu'on ne les croit bons à rien.

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On voit ici une tête de marbre blanc , dont la hauteur est de neuf pouces. Elle est assez mal conservée; car il n'en reste précisément que le masque, encore est-il mutilé en beaucoup d'endroits : mais on y remarque une grande maniére, & le travail en est si large, que je n'ai pû me refuser le plaisir de le rapporter. Il représente un jeune homme , & peut-être un de ces enfans vainqueurs dans les jeux de la Gréce. Pausanias fait mention de plusieurs monumens élevés en leur honneur.

No. II. Cette partie de pied droit, graride comme nature , est de marbre blanc, & constamment d'un travail Grec. Je crois même que ce morceau n'a jamais été plus étendu que

le dessein le fait voir ; & je suis très-persuadé qu'il a été employé dans ces ftatues qui n'avoient que la tête, les mains , & l'extrémité des pieds de marbre, le reste étant de bois, de bronze, ou de marbre de différentes couleurs. Pausanias en rapporte plusieurs exemples. Il dit même dans le voyage de l'Élide , que les Graces sont représentées L. 6. ch. 24. en bois avec des habits dorés, le visage, les pieds , & les mains de marbre blanc. Il dit encore dans celui de Corinthe que la statue de Minerye est de bois, à la réserve du Ch. iv.

visage, des mains & du bout des pieds, qui sont de marbre blanc. Je comprends que l'on peut m'objecter que ce pied peut avoir été scié & mis après coup dans l'état où nous le voyons ; & l'on ajoûtera que s'il avoit été employé à cet usage, on y verroit des trous pour placer des tenons. Je répondrai que ce pied devant poser à plat, comme son trait le démontre , n'avoit aucun besoin de ces secours; & que

le mastic dont on distingue encore des traces, pouvoit être suffisant pour le retenir. Je ne crois pas qu'il y ait de réplique ; & j'ai faisi avec plaisir l'occasion qui s'est présentée de parler de ces statues Grecques faites de différentes matiéres. J'ajoûterai même à ce sujet que les Anciens avoient encore dans leurs statues des bigarrures plus étran

ges, & auxquelles nous aurions de la peine à nous accoûLiv. I. lett. 6. tumer. Cicéron dans une lettre à son ami Atticus, le

prie de lui envoyer des Mercures de marbre Pentélicien, dont la tête fût de bronze. Ce marbre tiré du mont Pentélicus dans l’Attique, étoit de cinq couleurs. Je doute qu'un pareil assortiment pût produire un bon effet à nos yeux, Mais je ne suis pas surpris que les Romains s'en soient

contentés. Ils avoient encore bien peu de connoissances L. I. lett. 8. dans les Arts. Le même Auteur prie Atticus de lui

envoyer

de Gréce des figures moulées qu'il pût faire appliquer dans le plafond de son vestibule ; & dans une autre lettre il lui demande des statues de Mégare. Il est vraisemblable qu'il y avoit dans cette ville de Gréce une espéce de manufacture composée d'ouvriers communs, comparables, en quelque façon, à ceux qui sont établis aujourd'hui à Gènes, & dont les ouvrages n'ont presque d'autre mérite que celui de la matiére. Aussi tout le monde convient que les Arts ne commencérent à paroître dans Rome avec une sorte d'éclat, que plusieurs années après le temps dont je parle , c'est-à-dire, sous le regne d'Auguste , où l'on trouva plus court & plus commode d'attirer les Artistes, que de faire venir les ouyrages. Mais afin d'entendre ce

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