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rien à dire sur le tour & sur la position de la figure : tout le monde connoît l'élégance & la beauté de l'original en marbre, & ce petit modéle en est une fidéle copie. Je crois seulement que

la tête du bronze a été un peu affaissée par quelqu'accident. Quoi qu'il en soit, il n'y a aucun bronze antique dont le travail ait plus de graces que

celui de cette figure. Le métal s'y trouve traité avec la mollesse que comporte la cire, maniée par un habile homme, dont la main imprime sur tout ce qu'elle touche un air élégant & distingué. J'ai acheté ce beau morceau lorsqu'après la mort de M. du Châtel on vendit des bronzes & des marbres qui avoient appartenu à M. Crozat , qui m'a dit cent fois l'avoir apporté de Naples, & qu'il y avoit été trouvé peu de temps avant l'année 1715. où il fit le voyage d'Italie. Je ne dois

pas
oublier

que le tronc du palmier sur lequel la figure est appuyée, & la drapperie qu'elle tient de la main gauche, sont encore dorés, c'est-à-dire , que l'on y apperçoit encore de la dorure, qui n'a pourtant pas été faite d'or moulu.

Les deux bronzes qui suivent n'ont aucun rapport avec Antinous. Je les ai mis dans cette Planche pour la remplir, & ne pas multiplier les êtres sans nécessité.

No. II. Ce petit buste d'Apollon dont la tête paroît ornée de rayons, est très-bien conservé, & son antiquité n'est point douteuse. Il a un peu moins de deux pouces.

No. III. Ceux qui ont fondu ce petit buste de Philosophe , ont pris toutes les précautions nécessaires pour le rendre solide & durable ; car le vuide qui se trouve au-dessous du cou sur la partie de derriére est soûtenu jusqu'au plan où l'estomach se termine par une traverse de bronze fondue en même temps que le buste. Le morceau d'ailleurs en est

bien conservé. Le travail en est bon , & son antiquité est certaine. Il n'a que deux pouces de hauteur.

PLAN CHE LXI X.

Cette figure de marbre blanc grouppée avec un enfant, best haute de quatre pieds dix pouces, en comprenant la plinte. C'est l'Impératrice Sabine. Personne n'ignore l'histoire de cette Princesse. Mais quelques-uns des attributs avec lesquels elle est représentée sont embarrassans ; & je crains, en les expliquant, de ne satisfaire que

médiocrement la curiosité du Lecteur.

On ne sera pas surpris de voir cette Princesse avec les attributs de Cérès, quand on sçaura qu'on lui donne le nom cette Divinité dans quelques inscriptions rapportées par Fabretti, & qu'elle paroît souvent sur les médailles avec les symboles qui caractérisent Cérès. Ces flatteuses marques

de reconnoissance n'ont vraisemblablement point eu d'autre fondement que des distributions de bled faites au peuple, ou des soins, des attentions , peut-être même des ordres donnés pour en faire venir en Italie. La figure dont Sabine est accompagnée pourroit être allégorique, & représenter un Génie. Conjecture que je ne hazarde qu'à cause qu'elle n'a jamais eû d'enfant. Si pourtant on veut se tirer d'embarras d'une autre maniére, on n'a qu'à fupposer, ce qui est vraisemblable, que la statue dont il s'agit a été faite dans un temps où l'on avoit lieu d'espérer que cette Princesse donneroit un successeur à Hadrien. Mais

pas m’écarter du principal objet que je me suis proposé dans cet ouvrage , je dois sur-tout faire remarquer au Lecteur le mérite de la figure du côté de l'art. Le tour & la façon dont elle est posée sont des plus recommandables, & témoignent que la Sculpture étoit alors à Rome dans un état florissant. On sçait assez que les Arts qui y avoient été négligés pendant long-temps, reprirent

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enfin vigueur sous Trajan, prédécesseur d'Hadrien. Les Artistes Grecs étoient encore habiles , & continuoient de travailler dans cette Capitale du Monde. D'ailleurs l'expression de la chair si bien observée dans ce morceau principalement dans l'enfant, contribue à la beauté de ce monument.

J'avouerai néanmoins que cette statue a un peu souffert: quelques parties des bras sont modernes, & ils sont assez mal restaurés. La tête, le corps & les jambes n'ont été, pour ainsi dire , que rassemblés. Le Cardinal de la Rochefoucauld, celui dont on voit le tombeau dans l'Eglise de sainte Genevieve, l'avoit apportée de Rome à Paris. Elle n'étoit point sortie de la maison, rue de Seine. Comme elle

у faisoit l'ornement du jardin , exposée à toutes les injures de l'air , qui la gâtérent considérablement, on la trouya trop

délabrée

pour

la laisser dans le lieu qu'elle occupoit depuis tant d'années ; on en fit présent à l'Architecte, qui la vendit à celui de qui je l'ai achetée. Elle a été quelque temps chez moi, & on la voit aujourd'hui dans la belle maison de M. de la Haye , à qui je l'ai cédée. Elle tient sa place avec distinction dans le nombre des beautés de l'art que le Président Lambert rassembla dans cette maison , lorsqu'elle lui appartenoit. La galerie de le Brun , & sur-tout les chefs-d'auvres de le Sueur la rendront célébre à jamais ; & M. de la Haye n'a épargné ni peines , ni soins, ni dépenses , pour entretenir les anciennes beautés, & pour y en ajoûter de nouvelles. PLAN CHE L X X.

No. I. II. & III. Les trois figures de bronze que l'on voit sous ces trois numéros sont à-peu-près de la même proportion : celle

qui eft en pied a trois pouces neuf lignes de haut. Elles sont de mauvais goût, l'exécution n'en est pas bonne , & je ne

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voudrois pas garantir leur antiquité; mais au moins elles ont été copiées, ou plûtôt moulées sur l'antique, &

par conséquent elles rappellent toûjours des monumens qui ont existé. La seule différence qu'il y ait entre ces figures de mimes, c'est que

celle
que

l'on voit au No. I. est vêtue depuis la ceinture jusqu'en bas , qu’une drapperie qui lui prend les reins recouvre une espéce de culotte qui descend à la cheville du pied, & qu'enfin les jambes sont couvertes d'une sorte de bas où l'on n'apperçoit ni attache ni lien. Après la lecture de cette description, l'on ne manqueroit pas de décider que cette figure est moderne : si l'on ne sçavoit que les mimes paroissoient avec toutes les espéces de vêtement qui pouvoient les rendre comiques. Ainsi nul doute sur l'antiquité de cette figure, que prouvent invinciblement son aspect & sa composition. Les mimes des Nos. II. & III. font tous nuds. A l'égard des deux figures couchées ou assises par terre , il faut observer que cette attitude indiquoit chez les Romains le mépris que

l'on avoit pour ceux qui étoient ainsi représentés : & Pline nous apprend dans le panegyrique de Trajan, que les fiéges & l'attitude d'être allis étoient . consacrés à la Noblesse, & aux personnes constituées en dignité.

No. I V. Cette figure de femme qui paroît représentée sortant du bain , est accroupie avec noblesse & élégance. Sa hauteur dans cette attitude , en y comprenant la plinte avec laquelle elle a été fondue, est de trois pouces neuf lignes. Elle est bien conservée, à la réserve d'un pied , dont l'extrémité eft cassée. Cette figure qui n'est susceptible d'aucune explication , tire tout son mérite du tour & de la composition. Aussi les Modernes en ont fait un grand nombre de copies qui ont plû à tous les Connoisseurs, & dans lesquelles, sans aucun autre changement, ils se sont

contentés de renverser la main gauche, que ce modéle tient ouverte; & l'on ne peut qu'approuver cette correction, qui étant plus simple & plus naturelle, paroît donner au reste de la figure plus de mouvement, & même beaucoup plus de justesse pour l'attitude où on l'a mise , & pour l'action dont on la suppose occupée.

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Ce buste de marbre blanc est le portrait d'une Dame Romaine. Il est grand comme nature, ou peu s'en faut. Je ne crois pas que l'on puisse jamais sçavoir le nom de cette Dame, qui, à en juger par une partie de sa coëffure, paroît avoir vécu du temps d'Antonin le Pieux. Mais cela est incertain & comme ce monument n'est accompagné d'aucune inscription, ni d'aucun attribut, je me renferme dans l'explication de ce qui a rapport à l'art. Ce morceau Romain est assez bien conservé dans la partie de l'antique qui subsiste, & la séparation d'avec la moderne est marquée sur la Planche par une ligne ponctuée. C'est Girardon qui a restauré avec

assez d'adresse toute la partie basse, par ordre de M. le Chancelier de Ponchartrain, ce grand Ministre, qui se délassoit de ses occupations en jettant les yeux

de

temps en temps sur les monumens antiques qu'il avoit rassemblés. Il estimoit sur-tout tellement celui-ci, qu'il le fit jetter en bronze, afin d'en multiplier, pour ainsi dire, la propriété. J'ai cédé à M. Pélerin ce buste que j'avois acheté à l'inventaire de M. le Comte de Pontchartrain. Le travail en est assez bon, mais un peu lourd.

No.II.

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