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No. II.

Cette pierre , propre par sa grandeur à servir de bague, représente un jeune homme dont le buste est armé. Elle est de ce même travail d'incrustation en or sur un jaspe noir , dont j'ai parlé à la Planche LXI. en rapportant l'Hercule qui porte sa massue sur l'épaule. Le dessein de la tête dont il s'agit est d'un assez bon goût , mais d'une petite maniére : elle doit être mise au rang des inconnues.

No. III. Cette cornaline est très-belle quant à la couleur & à la qualité de la pierre; mais elle est très-foible travail de la gravûre, qui est absolument Romain , & ne peut guère être plus mauvais. Le chien qu'elle représente est affez ridiculement & pesamment articulé, pour être confondu avec tout autre animal. Le mot MERCVRI gravé dans l'exergue est un furnom que l'on trouve dans plusieurs inscriptions. Je crois qu'il désigne ici le nom du Gruter, P.cxxvie Graveur de la pierre ; & comme il me semble que Graveurs Romains n'ont

pas

souvent mis leurs noms sur leurs ouvrages, on ne me sçaura pas mauvais gré d'avoir rapporté cet exemple.

quant au

les CCL. &C

P L A N CHE LXXII.

No. I. Cette belle tête de Méduse renfermée dans un rond ou plateau , dont le diamétre est de quatre pouces neuf lignes , mérite d'être examinée par les Curieux, à cause de son travail , & de la façon dont le bronze est réparé. L'ouvrage est Romain, ou plûtôt fait à Rome. Personne n'ignore combien il s'y trouvoit de bons Artistes étrangers, principalement depuis les Empereurs. J'ai rapporté ce morceau de face & de profil, pour mettre le Lecteur plus

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en état de voir si l'idée que j'en ai est juste. Je crois donc que ce sujet, l'un de ceux que l'Antiquité a le plus répétés, a été copié d'après un des plus magnifiques ouvrages Grecs. Les tenons dont la faillie est d'un peu plus de deux pouces, & dont les trous font marqués dans le profil, joints à la béliére qui partant du dessus de la tête le réunit à l'ornement, me rendent inconcevable la destination de ce morceau. Au reste, il me suffit

que

le bronze en question soit antique & bien conservé, & qu'enfin je le puisse donner pour être du temps où les meilleurs ouvriers florissoient à Rome.

No. II. Ce petit buste de bronze est d'un bon travail, fin & délicat , & d'un tour agréable. Il représente la femme d'un Faune. On la reconnoît à ses deux petites cornes qui ne font encore que pointer ; ce qui, joint aux autres détails marque fa jeunesse. Voilà tout ce que j'ai à dire

quant

à l'historique de ce petit monument, qui a deux pouces dix lignes de hauteur. Son ensemble & son travail sont heureux, n'offrent rien que de fort agréable , & c'est par cette raison que je me suis déterminé à faire graver un bufte si gracieux.

No. III. Cette petite urne de bronze a quatre pouces sept lignes dans toute sa hauteur. Elle a été destinée à une cérémonie funébre , ou du moins consacrée à la mémoire de JVLIVS GRATVS. On ne peut douter que ce ne soit un monument de la tendresse que FVLVIA sa sæur avoit pour lui ; sentiment qui l'a engagée à faire graver l'inscription qu'on lit sur la pecite urne, & qui est écrite au-dessous du portrait en buste représenté de relief, ainsi que

l'infcription. On y reconnoît véritablement un jeune homme d'une belle figure. Tous les Antiquaires sçavent que les lettres L &C

qui terminent cette inscription , s'expliquent ordinairement par ces deux mots LVBENS CVRAÑIT,

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Cette figure de bronze haute de six pouces moins deux lignes est d'une très-belle conservation, & d’une antiquité que l'on ne sçauroit contester. Le vêtement qui couvre son corps est retenu par trois ceintures, dont l'une fait un double tour sur les hanches. Ce monument a bien du rapport avec la figure que M. Gori a fait graver dans le Museum Etrufcum , & dans laquelle il a cru reconnoître Planche xe le Dieu Camulus, ou le Dieu Mars, car tout est nommé Dieu ou Déesse par les Modernes qui ont écrit sur l'Antiquité ; mais le morceau dont je viens de parler est orné d'un casque énorme , suivant l'usage reçû dans l'Etrurie en certain temps : au lieu que la figure que je rapporte a une coëffure qui ne ressemble en rien à une armure de guerre. On peut

s'en convaincre en examinant la tête dessinée séparément sous le même numéro. Toute la connoissance de l'art jointe aux réflexions ne permet pas

de douter

que la figure ne soit Romaine ; quand même je serois forcé d'avouer que l'habillement est Etrusque, & que lesRomains l'auroient emprunté de leurs voisins, parce qu'il est constant qu'il paroît, å peu de différences près, sur plusieurs monumens Romains, entr’autres

sur deux lampes sépulchrales gravées dans le Recueil de Pietro Santi, dont l'une repré- Antich. Lucer: sente un homme dans un char attelé de quatre chevaux, pl. 27,& 304 & l'autre un homme tout seul à qui l'on donne le nom d'Aurigator. Ces deux figures, habillées à-peu-près de la même maniére que celle-ci, m’autorisent à dire qu'elle représente un cocher du Cirque. En effet, la rapidité de la course obligeoit ceux qui pratiquoient cet exercice à se solltenir contre la preslion de l'air , & à trouver sur euxmêmes un appui, pour résister à la violence de cette fatigue.

No. II.
Ce petit bronze dont la hauteur est de deux

pouces quatre lignes, représente l'Abondance. Le boisseau qu'elle a sur la tête se voit également sur plusieurs figures de Divinités ; mais elle n'est point ici métaphorique, si cette Abondance a été consacrée à celle des grains, qui a souyent été l'objet de l'inquiétude des Romains. La figure est bien conservée, & joliment touchée. Sa forme & sa composition peuvent toûjours avoir leur utilité, & trouver leur place dans quelque tableau.

No. III. Je ne puis regarder cette petite figure de bronze, haute de deux pouces deux lignes, que comme une autre représentation de l'Abondance; mais il faut sur-tout observer que c'est un de ces ouvrages mêlés du goût de deux Nations, & j'avoue que c'est-là son plus grand mérite. Elle a été faite en Egypte, & il est fort aisé d'y découvrir le goût Romain. Il en faut conclure qu'elle a été fabriquée depuis que les Romains ont fait la conquête de ce beau pays. La corne d'abondance n'auroit pas été si mal exécutée , fi les Egyptiens eussent été accoûtumés à traiter de pareils symboles, mais ils n'y étoient point exercés. Je trouve

une extrême satisfaction à rapporter des morçeaux qui offrent ainsi un exemple de maniéres & de cultes mêlés ; & l'on remarquera sans peine ce mélange dans le petit bronze que je viens d'expliquer, & qui m'a été envoyé d'Egypte, où il a certainement été trouvé.

N°. IV. Ce petit masque de bronze a trois pouces de haut, & un peu plus de deux de largeur. Il est creux & fondu assez grossiérement. Il confirme, ce me semble, le jugement que j'ai porté sur le masque de terre cuite que l'on yoit au

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No. IV. de la Planche LI. c'est-à-dire, qu'ils peuvent avoir servi l'un & l'autre à couyrir en certaines occasions le le visage des Dieux Lares.

P L AN CHE LXXIV.

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APRE's avoir fait sur la destination de ce bronze toutes les réflexions possibles , je suis enfin persuadé que c'étoit l'ajoutoir d'un jet-d’eau ; & afin que le Lecteur en soit affûré, j'expose à ses yeux ce monument fous quatre aspects différens. C'est la figure d'un esclave moissonneur ou vendangeur. Le petit pot qu'il tient de la main gauche , & la serpette ou faucille qu'il a dans la droite indiquent du moins l’une ou l'autre de ces occupations. Cette figure accroupie, & d'une assez mauvaise exécution , a six pouces quatre lignes de haut dans l'attitude de repos que présentent les N°S. I. & II. Elle est creuse, & a une ouverture à ses deux extrémités. L'ouverture inférieure No. III. a dix-sept lignes de diamétre, & la supérieure No.IV. n'en a que cinq. Ma conjecture est fondée sur cette différence & la proportion du morceau. L'anse qu'on voit de chaque côté, à laquelle a donné lieu la fupposition des tresses de cheveux tant bien que mal rendues, servoit, selon moi, à donner plus de prise , afin de faciliter les moyens

de tourner l'ajoutoir , soit qu'on voulût ouvrir, ou qu'il fallût fermer le passage de l'eau. On ne sçauroit d'ailleurs douter que les Romains n'aient été versés dans l'art de faire des jets-d'eau. Le seul Poëte Manilius suffit

pour

le

prouver, sans qu'on se donne la peine de parcourir les anciens Auteurs, dont la plûpart font mention des machines hydrauliques & de leurs usages : ce qui confirme mon explication.

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