Imágenes de páginas
PDF
EPUB

& il fe foûmet encore avec peine à l'extrémité concave qui doit l'arrêter & le retenir.

No. III. & IV.

Je ne fuis pas trop affûré de l'ufage auquel les Romains employoient ces fortes de boutons de cuivre. Cependant on en trouve assez fouvent pour croire qu'ils étoient communs ; & quoique ceux-ci n'aient ni trou ni queue, ni rien enfin qui pût les attacher, je conjecture qu'ils entroient dans la parure de l'homme ou du cheval; qu'ils ont apparemment été collés entre deux cuirs, & que celui de deffus en confervant un recouvrement, a été fendu, pour laiffer paroître le relief dont le bouton eft orné; ou plûtôt ces morceaux ont peut-être été fertis dans un cuivre plus mince, & ce cuivre ayant une queue ou des trous, a été placé à une des extrémités des lambrequins pour leur ornement, comme tous les monumens nous en inftruisent. Quoi qu'il en foit, je ne les rapporte l'un & l'autre de face & de profil, qu'à cause qu'ils font faits avec goût, fur-tout celui du N°. IV. fur lequel on voit une tête de femme. On y peut néanmoins diftinguer un tenon, mais qui n'a point été percé. Le genre du travail fait juger que ces deux petits morceaux ne font pas du même temps, & que la tête du tigre eft de beaucoup plus ancienne, le travail en étant plus fec & plus auftère. Le N°. III. a treize lignes de diamétre, & le N°. IV. en a neuf : l'un & l'autre font exactement de forme circulaire.

PLANCHE

LXXX.

N. I.

On trouva en 1748. dans la fouille faite pour le potager de Choisi deux tombeaux de pierre qui n'étoient chargés d'aucune infcription. Comme le peu de chofes qu'ils renfermoient fut diffipé, & que je ne pourrois en parler que

[ocr errors]

fur des récits, je paffe à un autre objet. Affez près de ces
tombeaux, & toûjours en continuant les mêmes travaux,
on en découvrit un autre au commencement de 1751. Il
étoit également fans sculpture & fans infcription: fa lon-
gueur étoit de
quatre pieds fept pouces, & fa direction
étoit la même que celle des deux premiers, c'eft-à-dire,
du Sud au Nord. M. de Tournehem, Directeur général
des bâtimens, qui n'a négligé aucune des parties commises
à fes foins, ordonna que l'on confervât ce qui s'y trouva,
il m'en fit préfent, & en voici un état.

Quelques morceaux de cuivre formant deux cercles, un du diamètre d'un pouce, & un autre plus grand, dont la partie extérieure eft à pans; tous deux affez peu épais, mais rompus & tels qu'il feroit inutile de les deffiner.

Quatre boutons de verre & de différentes formes, dont un plat, & travaillé au tour; les trois autres différens par leur couleur, l'un étant verd, l'autre blanc, & le troifiéme noir, marqué de quatre affez gros points blancs, au milieu defquels il y en a un rouge; mais tous les quatre de même épaiffeur n'ont jamais eu de queue, & ne paroiffent avoir été d'aucun ufage, fi on ne les à pas revêtus de quelqu'étoffe, ou fertis de quelque métal.

Plufieurs petits morceaux de verre, dont deux formés en boutons, mais avec des queues, & d'autres petits fragmens de même nature, dont l'usage eft inconnu, & la forme peu intéreffante.

Six petits morceaux de verre à pans formés comme des clous, mais fans têtes, & longs depuis cinq lignes jufqu'à dix.

Six autres morceaux de même matiére, dont un en olive, deux autres ronds, imitant l'agathe, & trois formés en petites corbeilles, une blanche & deux vertes. Tous ces derniers morceaux font percés pour être portés.

Deux petits anneaux pour le doigt d'un enfant, formés fimplement par un fil d'or de la groffeur d'une petite épin gle, & très-fimplement noués,

Un coulant de verre percé & godronné, tel qu'il eft représenté dans la Planche, N°. I.

La maffe, la hache d'armes & l'efpéce d'aiguille de même grandeur que leur gravûre, toutes au N°. I. ces derniéres piéces font de bronze.

Les deux petites figures de bois & de même grandeur que la représentation que je donne, ont été fort embellies par le deffein. Elles font fi groffiérement travaillées, qu'à peine y trouve-t-on les traits d'un visage. Mon Deffinateur a cru y voir une tête de femme, & une autre d'enfant. En les examinant de plus près, j'ai cru diftinguer dans une de ces deux têtes celle d'un homme fait; mais la chofe eft fi peu importante, que je n'ai pas jugé à propos de faire recommencer cette tête, pour la rendre plus reffemblante.

Il y avoit encore dans ce tombeau un petit plat de terre, qui fans doute avoit fervi à mettre les vivres avec lefquels on enfermoit les morts, mais je n'ai pû l'avoir, il à été perdu ou caffé.

a

Il n'eft pas douteux que ce ne fût le tombeau d'un enfant, & ceux que l'on a trouvés deux ans auparavant, étoient peut-être ceux du pere & de la mere. La mefure du tombeau & les deux petites bagues qui n'ont pas tout-à-fait cinq lignes de diamètre, prouvent fon jeune âge, plus encore que les bagatelles que je viens de décrire. Quel ques-unes auroient pû y être introduites, comme des fymboles de l'état militaire auquel cet enfant étoit appa remment deftiné. Cette conjecture eft d'autant plus vraifemblable, que cet état a été considéré dans les Gaules, dont les Romains étoient fans doute encore les maîtres dans le temps de la mort de cet enfant. On en juge par le genre & la nature des chofes dont on vient de voir le détail. M. De Boze qui fut confulté par ordre du Roi dans le temps de cette petite découverte, fut perfuadé que tout groffier que pouvoit être le travail des deux buftes de bois, il ne laiffe pas d'indiquer le fiécle de l'Empereur Gallien,

contre lequel s'élevérent jufqu'à trente Généraux, que les Hiftoriens ont nommé les trente Tyrans.

No. II.

La petite urne de verre blanc, & dont les cannelures en spirale ne font formées que par un verre plus blanc, & fans aucune différence dans l'épaiffeur, eft haute de cinq pouces deux lignes. La forme & le travail du verre le rendent estimable. Cette petite urne fut trouvée au milieu de beaucoup d'offemens dans le même temps, & tout auprès du tombeau dont je viens de parler. Ĉe vase a dû fervir à mettre du lait ou des libations. On voit encore au fond les impreffions d'une liqueur, dont il eft impoffible de dire précisément la nature.

N°. III.

CE vase de terre eft affez groffier, mais, pour avoir été fait en ce pays-ci, & dans le temps de la plus grande ignorance, la forme n'en eft pas mauvaise. Il a été trouvé en 1746. dans un tombeau de pierre, long de cinq pieds, & dont la largeur étoit fort médiocre. Quand on en fit l'ouverture, il n'y avoit plus la moindre apparence d'offemens: tout étoit converti en terre. Ce petit monument, haut de trois pouces une ligne, & large de quatre pouces, fut trouvé dans la Paroiffe de Vigneux, fur les bords de la Seine, à une petite lieue de Villeneuve S. George, & prefqu'à la même diftance de Draveil & de Mongeron. Ce lieu autrefois plus confidérable qu'il ne l'eft aujourd'hui, ne se trouve point dans la Notice des Gaules de Valois. Il eft pourtant appellé Vicus novus dans des titres anciens que le Curé m'a dit avoir confultés.

Il n'eft pas étonnant que les bords de la Seine fournissent de ce côté-là de petites découvertes en ce genre. Le féjour en a dû être agréable dans tous les temps, à caufe de la beauté de la riviére, & de la commodité qu'elle procure.

Les deux bords fervoient également de chemin pour venir de Lyon, & par conféquent de Rome; & l'on fçait combien les Romains, dont on fuivoit les ufages dans les Gaules, aimoient à placer leurs tombeaux dans les lieux les plus fréquentés, qu'ils croyoient propres à les faire vivre long-temps dans la mémoire des hommes.

N. IV.

CETTE petite bouteille de verre eft haute de trois pouces une ligne. Elle a fervi au même usage que celle du N°. II. de cette Planche, & a été trouvée, il y a quelques années, par M. le Comte de Beuvron, aujourd'hui Duc d'Harcourt, dans une petite Terre nommée Tourneville, qu'il avoit en Normandie. Ce petit verre étoit à quatorze pieds en terre, auprès d'un fquéléte fans cercueil. Elle eft du plus beau bleu & de la plus grande conservation. La beauté de fa forme & le bon goût de ses anfes accollées contre le gouleau, prouvent que l'on faifoit venir ces vases avec foin le culte des morts; car dans le temps que la Gaule étoit fous la domination des Romains, on n'y voyoit point d'Artistes affez habiles pour produire des ouvrages d'un goût auffi exquis que celui qu'on remarque dans ce petit vafe, qu'une noble fimplicité fait aller de pair avec ce qu'il y a de plus parfait en ce genre.

pour

PLANCHE LX X X I.

N. I.

CE bufte de bronze eft haut de dix pouces. La fabrique générale & la touche des cheveux en particulier, apprennent qu'il eft antique & Romain. C'eft le portrait fidéle d'une jeune fille, qui n'étoit affûrément pas belle, & dont l'Artiste a traité la laideur avec une vérité trop fcrupuleuse pour le plaifir de la poftérité. Enfin cette figure n'est pas favorable à l'idée qui s'est établie, je ne fçais fur

« AnteriorContinuar »