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d'abord deux enfans qui luttent en présence du maître : &

l'on remarquera que ce sujet est traité de la même maniére Part. 4. Pl. 55. sur une pierre gravée du Chevalier Maffei. Ces enfans sont

suivis par la figure de la Victoire qui tient la couronne prête pour le vainqueur. Un autre enfant précédé d'un chien poursuit un cerf, comme on le peut voir en suivant les renvois indiqués par les lettres qui sont sur la Planche. L'état où se trouvent ces espéces de gravûres, me persuade que tous ces creux n'ont été faits que pour recevoir des incrustations de métaux que l'avarice a détruites. Pour s'en former une idée, il suffira d'examiner un yase de marbre à-peu-près de même grandeur , possédé autrefois par le Cardinal Mazarin, & conservé aujourd'hui dans le gardemeuble du Roi parmi un très-grand nombre de richesses en ce genre. Les incrustations qui y restent encore, car il

y en a eu quelques-unes d'emportées, font d'or & d'argent. Elles représentent des Divinités de la mer. Les figures de l'urne dont il s'agit ici étant du double plus grandes que ces derniéres, doivent faire juger quelle étoit anciennement la beauté de ce morceau , & l'opulence du pere qui avoit consacré ce vase à la mémoire de sa fille. L'ornement courant dont j'ai parlé, & qui est renfermé dans une bande, conserve encore des restes de dorures appliquées dans le champ : ce qui me persuade que ces incruftations pouvoient être d'or; nouvelle preuve du degré d'habileté

que

les Romains avoient pour la préparation de leur dorure & de leur couleur, qui parmi eux faisoient partie d'un luxe qui n'avoit point de bornes. On a vû plus haut , Planche LXXIX. ce que j'ai dit sur les mordans & sur l'or appliqué pour enrichir les corps lisses & polis ; & il ne me reste qu'à donner toutes les dimensions de cette urne funéraire. Elle a en tout un pied quatre pouces sept lignes de hauteur , sept pouces de diamétre. Le couvercle a trois pouces une ligne. Il est mobile , & s'emboëte, comme deyoit faire l'ancien , dans le corps du vase qui eft

creux, & parfaitement évuidé. Le pied est élevé de

quatre pouces une ligne : ce qui réduit à neuf pouces cinq lignes la partie antique , marquée, comme je l'ai déja dit, entre les deux lignes ponctuées; la bande de l'ornement courant a onze lignes. L’Ordonnateur des jeux ou le maître d'Efcrime est la plus haute de ces figures : elle a deux pouces sept lignes, quoiqu'assise ; enfin les plus petites, qui représentent des enfans, ont un peu moins de deux pouces.

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Il y a quelques années que l'on trouva dans la petite ville d'Apt, en Provence, un tombeau où étoient renfermés les trois morceaux suivans, & quelques vases de verre trèssimples , accompagnés de deux ou trois urnes lacrymatoires. C'est ce que m'a mandé M. l'Evêque de Carpentras, à qui une partie de ces antiques fut envoyée, & qui les conserye dans son cabinet.

N. I. Une lampe fort légère, puisqu'elle est faite d'une espéce de plâtre ou de gypse couvert simplement d'une couleur qui cache la blancheur naturelle de cette matiére, & qui lui fait imiter la terre cuite. Je ne dirai rien du sujet dont elle est ornée. Il est si libre, que j'ai cru devoir le supprimer. La lampe a trois pouces & demi de diamétre. Le bec qui portoit le lumignon, est un peu endommagé : d'ailleurs la conservation en est très-bonne. On lit au-dessous ces mots imprimés en creux avec un moule : C. OPPI. RIV. Ils peuvent être rendus par ceux-ci : CAII. OPPII. RIVALIS. C'est, suivant les apparences, le nom de celui qui a fait la lampe. Il est peu important d'en être assûré : nous ne pouvons aujourd'hui donner la préférence à cet ouvrier.

No. II. Sur quantité de tombeaux dont quelques-uns ont été découverts en Italie, mais dont la plûpart se trouvent en France, & sur-tout à Lyon, on voit une formule

composée de ces trois mots, SVB ASCIA DEDICAVIT, tantôt abbrégés, tantôt exprimés tout au long. Avec ces mots, eft gravé un instrument, dont la forme est presque semblable à celui qui est représenté dans cette Planche. D'autres fois il paroît seul , sans être accompagné de la formule.

Cette singularité a frappé depuis long-temps les Antiquaires, & a donné lieu à plus de quinze opinions différentes, que je ne crois pas devoir rapporter ici. Il me suffit d'observer que l'instrument dont il s'agit a été successivement regardé comme une gâche ou truelle à détremper le mortier, comme une doloire pour polir le bois qu'on employoit au bûcher, & comme une houe pour remuer la terre & préparer le terrein. Mais il n'est guère possible d'en prendre une idée bien nette dans les Recueils des Antiquaires, ou même sur les tombeaux. Des ouvriers ignorans ont pû en altérer la ressemblance; & combien ceux qui les ont copiés d'après ces mêmes tombeaux , en ont-ils défiguré le trait ! Il falloit donc, pour répandre quelques lumiéres sur ce point d'antiquité, trouver l'ascia elle-même, & c'est ce que le hazard semble m'avoir procuré.

Le tombeau dont j'ai parlé au commencement de cet article, renfermoit entr'autres choses l'instrument gravé sous deux aspects différens dans cette Planche. Il est de fer: l'extrémité de la branche la plus longue a été rompue ; dans l'état où il est encore il a cinq pouces trois lignes de longueur , & je ne crois pas qu'il ait eû un pouce de plus lorsqu'il étoit entier. L'ouverture pour recevoir le manche a neuf lignes de long sur sept de large. Il conferve encore sa forme, qui n'a point été altérée par la rouille dont l'instrument a été attaqué.

و

déja dit

J'ai douté quelque temps si ce monument devoit être pris pour l'ascia si souvent représentée sur les tombeaux anciens; mais l'endroit où il a été découvert, & plus encore fa ressemblance avec un instrument représenté sur une médaille de la famille Valeria , m'ont paru

suffire
pour

Vaillant, fam. lever tous les doutes à cet égard, & pour montrer qu'il. Consul. Pl, căi. n'étoit propre ni à remuer la terre, ni à détremper le mortier, ni enfin à polir le bois. C'est une espéce de sarcloir dont on se servoit pour arracher les herbes & les brofsailles , & auquel on donnoit quelquefois le nom d'ascia. Mazochius , de Il s'agit présentement de sçavoir quel secours on peut tirer dedico fub ascia. de cette découverte , pour expliquer la formule SVB pag. 118. ASCIA DEDICAVIT, sur laquelle tant d'habiles Critiques se sont exercés. Voici donc mes conjectures. J'ai

que

l'instrument qui est sous mes yeux , & que j'ai fait graver

sous deux aspects , en-dessous, & de profil, n'étoit propre qu'à arracher des herbes & des brossailles. C'étoit , à mon avis, la premiére cérémonie qu'on faisoit en érigeant un tombeau dans un champ. Elle se pratiquoit par le moyen

d'un farcloir consacré à cet usage, & elle pouvoit être accompagnée de priéres & de rites dont nous ignorons les détails ; mais qui vraisemblablement étoient suivis d'imprécations contre ceux qui oferoient profaner le tombeau qu’on alloit construire. Après cette cérémonie on se servoit d'autres instrumens pour remuer la terre & le mortier ; & comme on vouloit perpétuer le souvenir d'une consécration qui attiroit du respect_au tombeau employoit la formule SVB ASCIA DEDICAVIT, ou bien l'on représentoit sur la pierre qui le couvroit la figure de cet instrument. Enfin ces marques extérieures ne suffisant pas toûjours pour arrêter ceux qui avoient envie de violer ces monumens, on croyoit leur inspirer plus d'effroi en mêlant à leurs yeux avec les cendres du mort l'instrument qui avoit servi à consacrer l'afyle qui les renferinoit. On ne doit point être étonné que les Auteurs anciens qui

و

on

ne nous ont pas inftruits de toutes les cérémonies qui se pratiquoient sous leurs yeux, aient passé sous silence celle de la consécration des tombeaux. Elle n'étoit pas en usage dans tout l'Empire, & étoit particuliére à certains cantons des Gaules, soit que les Romains qui y étoient établis, l'eussent empruntée des Gaulois, soit qu'ils s'imaginassent arrêter par ce moyen les profanations des cimetiéres, quiy étoient apparemment plus communes que par-tout ailleurs. Il seroit peut-être plus naturel encore de regarder ce tombeau comme celui d'un Ministre dont l'emploi étoit lorsqu'il vivoit, de consacrer les tombeaux sub ascia. On trouve assez ordinairement sur les tombeaux la représentation des choses qui ont appartenu à ceux dont les tombeaux renferment les cendres.

No. III. Ce caillou verdâtre d'une forme quarrée a dix-huit lignes en tout sens, & trois lignes d'épaisseur. On lit sur les bords ou tranches des mots écrits en creux, à contre-sens, & en caractères Romains. Je les ai fidélement rapportés dans la copie que je produis. Dans le milieu d'une des faces on voit une espéce d'oméga, & sur le côté opposé on ne distingue plus que les foibles traces de quelques

lettres. Page 98. Smétius est, je crois, le premier qui ait publié des monu

mens semblables à celui-ci. Il en fit graver deux dans le

Livre qu'il a intitulé les Antiquités de Nimégue, en avouant Miscell. erud. qu'ils épuisoient envain toutes ses conjectures. Spon en 'Antiq. p. 237.

essaya l'explication, & s'étant apperçû que les mots écrits sur ces piéces désignoient des maladies des yeux, ou des remédes pour les guérir , il conjectura qu'elles avoient servi de couvercles à des boëtes où des Médecins-Oculistes enfermoient leurs collyres. Il n'avoit pas

fait attention que les lettres étoient tracées dans le sens contraire à leur état naturel,& qu'elles étoient destinées à former desempreintes

sur

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