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No. III.

Ce beau petit vase de bronze, dont la forme simple ne peut être plus élégante, n'a que deux pouces & demi de hauteur , & quatorze lignes de diamétre. Son couvercle, son renflement, tout en est pur. Il servoit peut-être à mettre des parfums pour l'usage des bains publics. Uniquement frappé de la pureté de son trait, je ne veux point m'occuper du chagrin que pourroit causer ce que je dirois de son peu de conseryation.

N°. IV. Ce numéro contient une boëte de bronze, dont le diamétre est de trois pouces sept lignes, & la hauteur d'un pouce onze lignes, sans compter le couvercle qui s'éléve de cinq lignes jusqu'au tenon qui contient son anneau. Cette boëte n’a de mérite que son antiquité; car elle n'est pas des mieux conservées, & son travail est tout simplement fait au tour , sans avoir d'autre ornement que des filets simples , & répétés dans toutes ses parties extérieures. La forme de son couvercle qui s'emboëte par un recouvrement très-ordinaire , est assez bonne; & le petit anneau qui se voit au milieu , est encore mobile. Il est à présumer que cette boëte servoit dans les bains publics, comme celle du numéro précédent.

N°. V. Ce vase d'albâtre est parfaitement évuidé. Son gouleau & son pied sont d'une bonne forme , & me déterminent presque à le déclarer antique. Il est néanmoins bien aisé de se tromper sur des corps lisses , & qui n'ont ni travail ni dessein qui puissent servir de fondement à une décision. C'est pourquoi quelqu'un doutera peut-être de l'antiquité de ce monument ; d'autant plus que les Anciens n'ont pas ordinairement interrompu leurs formes par de petites

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moulures inutiles, telles que l'on en remarque sur le ventre & la naissance du gouleau de ce vase. Il avoit une anse qui ne subsiste plus. Il paroît avoir été réservé dans le même morceau. Cette magnificence dans la matiére & dans le travail , semble assurer son antiquité ; mais ces preuves font équivoques & peu solides. Ce morceau est fort bien conservé, à la réserve de la pointe du bec qui a été un peu cassée. Il y a de la dorure sur des filets, & sur quelques autres endroits : mais elle est placée sans goût. On lit audessous du pied , ce mot VRCEOLVS, écrit à la main, &, je crois, par un Italien. Il n'en faut quelquefois pas tant pour donner du prix à un morceau. Celui-ci a huit pouces neuf lignes de haut, & quatre pouces & demi dans son plus grand diamétre.

P L A N CHE XCVIII.

Ces monumens de la magnificence des Romains peuvent avoir servi à la décoration des Palais, ou à renfermer les cendres des morts. Mais l'explication de pareilles choses étant tout-à-fait arbitraire, je me contenterai d'exposer ce que j'en pense, sans prétendre garantir mes conjectures.

No. I. Ce grand & beau vase de marbre blanc est de la plus parfaite conservation. Il est orné de feuillages travaillés de bon goût , ainsi que les mascarons ou tétes chargées & de fantaisie, dont le couvercle est décoré; mais les deux têtes de femme qui tiennent la place des anses, sont d'un mauvais dessein. Elles sont trop fortes, & n'ont aucun attrait: ce qui fait un peu de tort à la totalité de ce morceau. Ce vale a deux pieds moins deux lignes, depuis le dessous du pied jusqu'au haut du bouton dont le couvercle est couronné. Son plus grand diamétre est de seize pouces, son épaisseur est de deux, & sa profondeur est de treize pouces

fix lignes. Ce monument n'ayant aucune inscription , ni aucune espéce d'indication, il est plus naturel, sur-tout à cause de son volume, de lui donner place dans la décoration d'un Palais, que de vouloir en faire un vase cinéraire,

No. II. Cette portion de vase est de marbre blanc : quoique dépourvûe de son pied , & peut-être même de son couvercle, la forme en est agréable ; à quoi ne contribuent pas peu les ornemens qui sont distribués à la surface. Plus ils font simples, plus ils font un bel effet. La

gorge

est enrichie de canaux, & d'un enlacement en manière de portiques, & le corps du vase est revêtu de larges gaudrons séparés par des filets, qui de même que les gaudrons sont espacés avec grace, bien profilés, & diminuant à mesure qu'ils s'approchent du pied où ils prennent naissance. La hauteur totale du morceau est de sept pouces quatre lignes, son diamétre de dix pouces, & sa profondeur de cinq pouces une ligne. Tout m'oblige à mettre ce vase au rang de ceux qui n'étoient destinés qu'à l'ornement.

No. III. Ce vase de marbre blanc paroît avoir servi à renfermer des cendres. Ma conjecture n'est point fondée sur ce qu'il en contient encore aujourd'hui; car je n'ignore pas combien il est aisé d'ajoûter ou de retrancher ces fortes de mariéres, pour rendre l'objet plus intéressant, & en augmenter la valeur ; mais la forme favorise cette explication. Quoi qu'il en soit, il est du moins très-certain que l'antiquité de ce vase est jointe à la beauté de l'ouvrage, que les feuilles en sont bien fouillées, & que les anses réservées dans l'épaisseur du marbre font de bon goût. Je suis persuadé qu'il a eu autrefois un couvercle. Sa hauteur est de huit

pouces moins une ligne, fon plus grand diamétre de neuf pouces neuf lignes, & sa profondeur de sept pouces.

N°. IV. Ce beau vase de marbre blanc n'a jamais pû servir qu'à l'ornement. Il n'a même été travaillé qu'extérieurement. En un mot, il est maslif, mais la forine & l'exécution en sont extrêmement belles. Il a deux pieds de hauteur sur six pouces de largeur dans son plus grand diamétre. J'ai acheté ce vase & les trois précédens à l'inventaire des sculptures de M. Crozat, qui les avoit apportés d'Italie ; & celui-ci appartient aujourd'hui à M. Mariette , à qui je l'ai cédé.

N°. V. J'ai trouvé par hazard dans Paris ce vase d'une serpentine singuliére , puisqu'elle est truitée & marquée de différentes couleurs, qui lui donnent un faux air de granit. Je ne garantirois pas son antiquité. Je sçais trop combien il est aisé d'imiter de pareils ouvrages. Cependant je ne puis m'empêcher de placer ce vase au rang des monumens antiques que j'ai pû rassembler, quoique l'on ne doive pas fonder un jugement sur la pureté de sa forme , fur le genre de son travail , ni sur la bizarrerie de cette anse seule, réservée dans l'épaisseur du morceau, & qui n'a jamais eu de fymmétrie.

PLAN CHE XCIX.

Tous les peuples ont cultivé l'art de faire des vases. Les besoins de la vie, le service des autels, le culte des morts, enfin le luxe & la magnificence, en ont multiplié les formes à l'infini, & l'on y a employé toute sorte de matiéres, les plus viles comme les plus précieuses.

La grande variété des formes fait qu'il est souvent difficile de fixer la destination particuliére de tous les vases antiques qui font parvenus jusqu'à nous. Mais on se procure du moins le plaisir de voir la beauté, la pureté, la finelle &

& que

la grandeur de leur trait ; parties dans lesquelles les Anciens méritent presque toûjours d'être admirés. C'est principalement dans cette vûe que je présente tous les vases de ce Recueil; & je n'ai pas d'autre dessein

que

celui d'exposer l'espéce de leur matiére, leurs proportions, & le mérite de leur travail. Tels sont, à l égard de ces morceaux, mes engagemens avec le Public : & je n'ai proprement entrepris que de les placer dans la classe des pays où j'ai cru entrevoir qu'ils avoient été fabriqués. La quantité des vases Romains est plus grande que celle des Etrusques ; du moins la variété de leurs matiéres est plus étendue, & nous nous fattons d’en mieux connoître les usages ; mais nous nous abusons peut-être : aussi m'appliqu’ai-je moins à la discussion de ce point de critique, qu'à arranger ces vases dans les Planches de maniére qu'ils plaisent à la vûe,

la disposition en soit agréable. Cependant je ne rejette point les conjectures qui se présentent, quand elles ont de la vraisemblance, & lorsqu'elles peuvent servir d'explication au sujet. Elles m'ont amusé en les écrivant, & j'espère que

la lecture n'en sera pas inutile. Voici quelques réflexions générales sur les vales de terre & de bronze.

Toutes les nations n'auroient pas fait un si grand usage des vases de terre cuite, si le prix n'en avoit été fort modique. Une autre raison les engageoit à en fabriquer une prodigieuse quantité : c'est qu'ils n'avoient aucun inconvénient pour la santé. Cependant quoique ceux de cuivre n'eussent pas le même avantage, il paroit que les Romains en ont fait un usage excessif, &

qu

ils étoient peut-être parmi eux plus communs que chez aucun autre peuple. Ils s'en servoient non-seulement pour le service des autels, mais dans leurs besoins domestiques. Et si Pline ne nous disoit pas positivement:Stannum illitum aneis zajis, japorem C. XLVIII. gratorem facit, ew compefiit aruginis virus, nous douterions que les Anciens eussent employé le cuivre à ce dernier usage, parce que de tous les yales les mieux conservés, il

Lib. XXXIV.

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