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pouces dix lignes dans toute sa longueur. Le manche ou la queue terminée, à ce que je crois, par une tête de canard, excéde son à-plomb de dix-sept lignes. Le culeron a deux pouces sept lignes de diamétre, & fix lignes de creux.

No. II. Ce petit pied de bronze semble avoir été fait pour porter la lampe de mênie métal dont il est accompagné. J'en posséde un autre de même forme, mais d'une proportion plus forte, & peut-être destiné au même usage. Ce petit pied est, ce me semble, un meuble de cabinet. Il a fix pouces de haut , en y comprenant son pied triangulaire, & il est couronné par un petit plateau qui porte aisément la lampe que j'ai fait dessiner au-dessus , pour ne laisser aucun doute , & faire sentir qu'elle n'est point attachée. Le corps de cette lampe n'a qu'un pouce cinq lignes de diamétre, & lebec qui recevoit le lumignon, avec l'espéce d'anse qui fervoit à la porter , prolongent la forme totale à deux pouces dix lignes. La conservation de ce petit monument est complette.

No. III. Cette urne lacrymatoire de verre a quatre pouces quatre lignes de hauteur. Elle est bien conferyée. On a si souvent décrit & rapporté ces fortes de vases, que je me crois dispensé d'en dire davantage.

N°. IV. Cette petite urne a eu une destination différente de celle du numéro précédent, & je crois qu'elle a servi à conserver des parfums, ou autres choses semblables. Quoi qu'il en soit, la forme en est très-bonne, & la matiére mérite quelque attention. C'est une pierre assez légère, dont je ne connois point l'espéce, & elle n'a pû recevoir que par le moyen du tour sa forme in crieure & extérieure,

qui lui ont été données avec une grande précision. Cette urne a trois pouces trois lignes dans la plus grande hauteur, & dix lignes dans son plus grand renflement.

N°. V. On trouva l'année derniére, en faisant un grand chemin de Nangis à Bray-sur-Seine, un cimetiére d'une médiocre étendue. Il étoit environné d'une muraille, contre laquelle il y avoit plusieurs squélétes adossés ; mais la plậpart étoient placés sans ordre dans le milieu d'une grande fosse. La singularité de cette découverte consiste dans les anneaux de bronze que plusieurs de ces squélétes avoient autour du cou, des cuisses & des bras. Ces anneaux sont très-légers, pleins & très-peu larges ; quelques-uns font ornés d'un gaudron incliné, & d'un assez bon goût : mais en général ils sont unis, & les cercles sont continus. Celui que l'on voit ici a servi de collier à un jeune homme, ou à une femme âgée; car il n'a que quatre pouces trois ou quatre lignes de diamétre , & il est le seul de tous ceux que j'ai vûs qui ait une séparation & une moulure , qui diftinguent ses extrémités, ainsi que le dessein le fait voir. Cette ouverture le rendoit plus commode dans les enflures du cou, quand il grosifsoit , ou lorsqu'il faisoit quelque effort. Tous les autres dont il m'a été possible de juger, étoient absolument ronds, & égaux dans leur contour. Ils ne peuvent avoir servi sans avoir été soudés en place. M. le Comte d'Hérouville en a rapporté du lieu où ils ont été trouvés un assez grand nombre de toutes les espéces, avec plusieurs autres ustensiles également de bronze, qui ne peuvent avoir servi qu'à des ornemens militaires, ou à des parures de femmes. On trouva aussi dans ce même endroit un pot rempli de médailles que les paysans dissipérent, sans qu'il m'ait été possible d'en retrouver une seule. Il est donc assez difficile de décider si ce cimetiére a été fait

pour des Gaulois, ou pour des Romains. Ceux qui voudroient

pas dit

que ces

l'attribuer aux premiers , pourroient citer un passage de Strabon, où il est dit qu'outre les colliers, les Gaulois por- Lib. iv. p. 197. toient des anneaux autour des bras. On a même trouvé plus d'une fois en France des fquélétes qui avoient de Relig. des Gau

lois , t. 2. p. 343• pareils ornemens ; mais il faut observer

que

Strabon & plusieurs autres Auteurs disent en termes formels que les colliers & les brasselets des Gaulois étoient d'or, tandis que ceux des squélétes trouvés en France n'étoient

que

de bronze. Il faut observer de plus qu'il n'est squélétes eussent des anneaux autour des cuisses , comme on en a vû quelques-uns de ceux de Bray - fur - Seine. Cette circonstance semble désigner plus particuliérement des esclaves Romains. Il est constant qu'ils portoient des anneaux aux cuisses : Ovidea & Martial 6 en font mention; . Pont. 1. 6o.

b Lib.iii.ep.29. mais comme il n'est pas dit qu'ils eufsent des colliers & des brasselets , je crois qu'il faut supposer ici un mélange d'usages entre ces deux nations, & dire que le cimetiére nouvellement découvert renfermoit les corps de quelques Gaulois esclaves des Romains , qui, suivant le goût de leur nation , portoient des colliers & des brasselets, & qui, pour marque de leur servitude, avoient des anneaux autour des cuisses.

N°. VI. CETTE petite corne d'abondance est de bronze. Elle a trois pouces & demi dans toute sa longueur, & faisoit partie sans doute d'une totalité, sur laquelle je n'ose établir aucune conjecture. Je l'ai rapportée à cause de la douceur de son contour, de la façon dont elle fort de ces deux feuillages , & parce que l'espéce de cet ornement y eft traitée d'une bonne maniére.

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par

Les vases de verre employés sans doute par les Romains aux usages conimuns & crdinaires, l'ont été très-souvent

le menu peuple à renfermer les cendres de ceux dont la famille n'étoit pas en état de faire de grandes dépenses. Cependant cet usage n'étoit pas si fréquent en Italie, où la terre cuite me semble avoir été plus souvent employée par le petit peuple. Il paroît au contraire avoir été suivi assez constamment dans nos Provinces méridionales; mais avant que de faire la description des morceaux représentés dans cette Planche, & qui m'ont donné occasion d'en examiner la fabrique, je vais écrire quelques réflexions sur la maniére dont je m'imagine que les Anciens les travailloient : d'où il sera aisé de juger des avantages qu'ils pouvoient en retirer.

Nous ne pouvons parler que des vases que les Romains nous ont laissés. Il seroit difficile d'en avoir de cette espéce des autres nations qui les ont précédés. Il est à remarquer que ces verres n'ont point de ponty. C'est un terme employé dans les verreries lorsque l'on veut parler d'une piéce faite sans que l'ouvrier, pour former l'ouverture , ait attaché sa canne au fond de cette piéce. Cette manæuvre y laisse plus ou moins de matiére, & toûjours une cassure nécessaire pour séparer la piéce; & c'est-là ce qu'on appelle le ponty. L'usage de faire des vaisseaux avec le fond plat est entiérement aboli : mais , selon les Mémoires que j'ai eus d'Allemagne, il y avoit été rétabli il y a environ une trentaine d'années. Il est assez vraisemblable que la fayence & la porcelaine qui sont devenues fi communes en Europe, ont beaucoup contribué à faire disparoître les vaisseaux de verre devenus moins nécessaires. Leur fragilité naturelle en a dégoûté; on leur a préféré des matiéres plus solides : & les Verriers ont voulu loûtenir leurs manufactures, en donnant

trois ou par

leurs ouvrages à meilleur marché. Ainsi le ponty s'est établi au point qu'il est devenu général. Cependant il forme dans le vaisseau une inégalité qui le rend plus facile à casser , & qui le met hors d'état de foûtenir le feu. Tout l'art de ne point faire de ponty, ainsi que les Romains l'ont pratiqué, se réduit à tenir le verre que l'on a commencé à former, avec une espéce de tenaille de fer à trois

quatre branches. LesVerriers donnent à cet instrument le nom de canne à ressort. Elle est formée

par quatre lames de fer , dont la largeur est d'un pouce, & la longueur depuis un pied jusqu'à trois , suivant le volume du verre que l'on veut exécuter. L'épaisseur de ces lames ne doit jamais être considérable; mais elle doit toûjours être proportionnée à leur largeur, de façon cependant qu'elles soient flexibles. On fent aisément qu'elles sont soudées à l'extrémité, & appliquées aux quatre faces de la barre. Cette barre qui forme la canne est un peu arrondie, & d'une grosseur proportionnée à la longueur des lames. On se sert donc d'une espéce d'anneau de fer pour retenir les vases entre les lames. La figure de cet anneau est conique. Il a quelques lignes d'épaisseur , & la hauteur est en proportion avec la grandeur de la canne. Il doit être fort & bien battu. On le passe dans la canne de façon que sa partie la plus large soit du côté des lames, pour les mieux serrer & contenir. La maniére dont on emploie cette canne à ressort est des plus simples. Quand l'ouvrier a soufflé un vase , un autre ouvrier présente la canne à ressort , dont il a écarté les lames; il embrasse le vase en serrant les lames à la faveur de l'anneau. Quand le vase est bien assujetti, le premier ouvrier prend la canne à ressort , coupe ou sépare celle qui lui a servi à souffler , & rien ne l'empêche de former l'ouverture du vafe, & de la finir à la maniére ordinaire. Après ce détail, on ne doit pas être surpris de voir des vases de verre quarrés, & sur leurs fonds des cercles tracés en relief.

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