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pour
affùrer

que le procédé que je viens d'expliquer, ne
demanderoit pas deux jours de travail pour être conduit à
la perfection, & qu’on a principalement dû le mettre en
pratique à l'avénement d'un Prince à l’Empire , & dans
ces circonstances où le Souverain devoit souhaiter

que

la monnoie portât au plûtôt l'empreinte de son autorité, & où les Officiers Monétaires tâchoient de lui donner des preuves de leur zéle & de leur empressement. Ce n'est pas tout : à l'exemple de ces cylindres de terre cuite, où les moules de médailles sont arrangés dans une correspondance de têtes & de revers, on pourroit fabriquer des cylindres de cuivre contenant plusieurs moules luttes avec de la terre, ou liés ensemble par des charniéres qui en dirigeroient les mouvemens, & sur lesquels on graveroit avec un cizelet une tête & un revers en creux. Cette seconde opération seroit aussi prompte que facile, & j'en garantirois l'exécution.

On m'opposera peut-être que suivant mon sentiment il devroit se trouver plusieurs médailles Impériales d'or & d'argent avec des cara&tères de moulure, tels que la légé reté du poids , la trace du jet sur les bords, les soufflures dans le champ, &c. mais on pourroit faire la même difficulté à ceux qui regardent les moules que l'on a découverts, comme l'ouvrage des faux Monnoyeurs. Puisque ceux-ci nous ont laissé beaucoup de médailles fourrées, ils devroient également nous en avoir laissé une grande quantité de moulées. D'ailleurs il n'est pas aisé de distinguer ce dernier genre de médailles, après un long espace de liécles. En circulant dans le commerce, en restant dans les entrailles de la terre , elles perdent plusieurs caractères distinctifs de leur fabrication. Les bords s'arrondissent également; le champ poli par le fret, ou attaqué par les fels de la terre , présente une surface unie, ou ne laisse plus distinguer les souffures & les petits pores que le moule produit. A l'égard du poids on fçait les différences infinies

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qui se trouvent à cet égard dans les médailles d'un même Empereur. Je crois donc que parmi les médailles anciennes qui nous restent, il y en a beaucoup qui n'ont pas été frappées au marteau. Mais c'est aux Antiquaires qui joignent

à d'autres connoissances celle du métal, à juger de mes vûes & des conséquences que j'en ai tirées.

PL A N CHE CV I. Ce morceau d'une frise en mosaïque est absolument pareil à un autre du même travail, de la même proportion, & d'une beaucoup plus grande étendue, que M. le Duc de S. Aignan a rapporté de Rome au retour de son Ambafsade. Ils ont été trouvés, il y a quelques années, à Tivoli. Ils formoient, à ce que l'on asfùre, l'encadrement du pavé d'un temple, & prouvent aujourd'hui que l'on n'avoit rien épargné pour le rendre magnifique.

Tous les Recueils d'antiquités nous indiquent la magnificence des Romains dans le pavé de leurs temples, de leurs bains & de plusieurs piéces de leurs maisons. Ce travail est trop connu pour me permettre de m'étendre sur une opération si parfaitement retrouvée ; car on peut dire avec vérité que les Modernes composent les mosaïques avec une précision & un goût supérieurs aux ouvrages en ce genre. L'admirable exécution des tableaux de S. Pierre de Rome fixera toûjours avec étonnement les regards des Curieux; elle tient du prodige, & fera con, noître à la postérité la plus reculée le mérite des Peintres modernes dans toutes les parties de leur Art. Quoique cette opération ne soit en effet qu’un ouvrage de patience qui consiste à tailler les cubes, & à les choisir justes pour les teintes; il faut convenir que nous avons une grande obligation aux ouvriers qui s'y sont appliqués , & plus encore à ceux qui les ont mis en état de fe perfectionner dans ces sortes d'ouvrages , qui ne sçauroient qu'être fort chers, à cause du temps qu'ils exigent.

Le dessein que je présente ici indique suffisamment le goût de cette bordure. Les espéces de fleurs dont l'ornement est composé, sont bien espacées; on peut en trouver la maniére un peu séche : mais pour donner une idée de la peine & de la dépense que ce pavé peut avoir coûté je dirai seulement que cette mosaïque est formée par

des verres qu'il a fallu couper & tailler en très-petites parties. Leur volume est si peu considérable, qu'un pouce quarré contient cent quarante-quatre morceaux du environ ; car on ne peut les calculer avec précision, à cause de l'inégalité des petits cubes qui remplissent les fonds, & qui est néceslairement causée par les contours.

Au reste, quoiqu'on se soit toûjours appliqué à traiter les ornemens des temples d'une maniére convenable, dans laquelle le choix des couleurs entre pour beaucoup; ce même choix augmente ici les preuves répandues dans ce Recueil sur la dureté des couleurs que les Romains aimoient par préférence. Ces ouvrages de mosaïque sont fort dépendans de la Peinture, dont ils sont une suite & une imitation. En effet, le fond de ce fragment est noir, le blanc forme non-seulement tous les contours avec la plus grande netteté, mais il domine encore dans le plein de la plus grande partie des feuillages ; les entrelas font d'un verd fourd, & terminés par des corps d'un jaune terne, le rouge foncé domine ensuite. Voilà quel est l'accord de ces couleurs ; & quant aux verres de couleur blanche , ils forment non-seulement les contours avec précision, mais ils expriment un sentiment de rondeur & d'effet de lumiére dans les différentes places où ils étoient nécessaires.

Ce fragment a un pied de long fur huit pouces de large, & la conservation en est très-belle. Il m'a été donné par M.le Chevalier de Massanne, aussi estimable

par

l'étendue de ses connoissances que par la douceur de son caractère, & les agrémens de son esprit,

PLAN CHE CVII.

Je ne prétends point faire ici l'histoire du verre. On a dit bien ou mal tout ce que l'on pouvoit en dire. Il me suffit en général que la découverte de cette matiére soit de la plus haute antiquité, & qu'à cause de son utilité l'on puisse affører qu'elle est de nature à n'avoir jamais été perdue, mais seulement plus ou moins bien travaillée par les différentes nations qui l'ont transmise aux Romains. Je conviens que c'est en un moment descendre bien bas; .mais je n'ai aucun morceau de cette matiére que je puisse attribuer avec certitude aux Egyptiens, aux Etrusques, ni même aux Grecs.

Le verre dont je veux parler n'est point celui auquel on a donné la forme de vase ; je crois l'avoir assez expliqué plus haut : & quoique ce foit toûjours la même matiére, elle a reçû des figures extrémement différentes, convenables aux emplois auxquels on la destinoit. Les Romains ont admis le verre dans la décoration intérieure de leurs maisons. Ils en ont fait usage dans presque toutes les parties des ornemens,

tels que les mascarons, les colomnes , les revêtemens de panneaux , &c. & ces morceaux toûjours brillans, faciles à nétoyer , & d'une durée très-considérable, produisoient des effets magnifiques ; mais le moyen de les exécuter étant connu , puisque la matiére amollie par le feu reçoit aisément des creux & des reliefs, je n'en parlerai pas plus que de l'imitation des agathes & des pierres fines que nous sçavons exécuter. Dans le nombre des morceaux de verre antique que j'ai rassemblés, j'ai fait choix de ceux qui me paroissent les plus singuliers , & les plus difficiles à imiter. Ils font rapportés dans la grandeur & dans la forme de mes fragmens, & je vais en faire le détail.

No. I. II. & III. Ce morceau profilé est bleu & blanc. Ce qui est bleu dessus, est blanc dessous. Il semble dans ce morceau , comme dans tous ceux que j'ai examinés, que la pâte blanche qui me paroît une espéce d'émail , ait toûjours été le foûtien des autres couleurs, & principalement du bleu. C'étoit sans doute pour faire valoir le verre bleu , qui, à cause de la diaphanéité, n'auroit pas produit son effet , s'il ne s'étoit trouvé couché sur le blanc. On peut prendre une idée très-juste de ce morceau dans la Planche aux Nos. I. & II. Le profil No. III. fait sentir la netteté & la précision du travail dans une matiére aussi sujette à s'éclater. Cette opération me paroît digne des Curieux : car elle ne peut être faite au moule, & il n'y a point de rabot de profil qui coupe

le bois aussi franchement & avec autant de finesse que ces moulures sont coupées.

N°. IV. Ce fragment de verre est celui d'un quarré, qui, lorsqu'il étoit entier, pouvoit avoir deux pouces & demi en tout sens. Je ne décrirai qu'un des côtés, les trois autres étant une répétition de celui-ci. La bande extérieure marquée A sur la Planche, est verd-d'émeraude, & paroît opaque, ainsi que toutes les autres bandes coloriées; elle est séparée de la seconde par une bande de la moitié plus étroite B, transparente comme le verre, & sans couleur; & qui dans toute sa longueur est ouvragée d'un petit filet très-délié, de matiére opaque & couleur jaune , lequel pénétrant d'outre en outre le corps transparent, y circule en forme de spirale. La troisiéme bande C est bleu-turquin, traversée dans sa longueur par des raies d'un ton plus foncé ou plus clair , suivant que la matiére opaque ou la matiére tranfparente y dominent. Vient ensuite la quatriéme bande D qui est jaune; & à celle-ci succéde une cinquiéme bande

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