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que

en Etrurie, selon l'usage ordinaire aux autres Nations: car il faut posséder un Art, en connoître à fond toutes les finesses & toutes les parties , pour en représenter l'effet au Spectateur, non-seulement par un moyen équivalent, mais encore convenable à la matiére

que

l'on emploie, & dont les différences sont si grandes, qu'elles exigent des opérations absolument opposées. Telles sont les réflexions l'on fait sur ce travail, après avoir examiné avec attention les ouvrages de terre cuite qui nous vien. nent des Etrusques.

On ne peut donc refuser à ce peuple un goût sûr & décidé pour les Arts. Il suffit , pour s'en convaincre , d'observer la variété & la différence que les temps ont mises dans leurs maniéres de dessiner, mais plus encore l'habitude ancienne & conftante où ils étoient de manier la terre, de travailler le marbre, & de fondre & retoucher

Paul. Voyage les métaux. Je remarquerai en finissant qu'Arimnus , un

d'Elid, lo s.c. 120 de leurs Rois, jugea à propos d'envoyer son throne au temple de Jupiter Olympien, & qu'il fut le premier des étran, gers qui se distingua par une pareille offrande. PLAN CHE X XVII.

N°. I.
CETTe figure de bronze dont la hauteur est de

quatre pouces cinq lignes, a sur la têre une espéce de capot , & une simple tunique couvre la moitié de son corps. M. Gori Muf. Etruja en a fait graver une dont le capot est prolongé de chaque côté, & dont la tunique descend jusqu'aux talons.Comme ce vêtement étoit propre aux gens de la

campagne, il conjecture que ce bronze représentoit la Divinité qui présidoit à leurs travaux. Celui que je posséde est d'une très-haute antiquité : la grossiéreté de l'ouvrage & le mauvais goût de l'Artiste en font une preuve évidente. Je l'ai fait dessiner sous trois aspects, pour faire mieux sentir

L

XCVII.

plus bas.

la bizarrerie de son ajustement. Sa plinte très-mince & fondue avec la figure est percée de trois trous , selon la superstition des Étrusques, dont on verra l’explication

No. II. Cette figure d'Hercule haute de fix pouces & une ligne est très-bien conservée. Il ne manque à ce bronze que les attributs qu'elle tenoit dans ses mains. Quoique de la même fabrique que la précédente, elle est d'un travail moins ancien. J'en ai une autre qui n'a que deux pouces de hauteur : & le cabinet du Roi en conserve deux ou trois qui présentent peu de différences ; mais aucune ne ressemble aux quatre que l'on voit dans le Museum Etrufcum , Planche LXX. P L A N CH 2 XXVIII.

N°. I. La rudesse du dessein fait juger que cette figure a été faite dans l'enfance de l'Art : mais la fonte en est d'une beauté digne des plus grands Maîtres. On ignoroit la maniére d'exprimer les plis des drapperies ; & au lieu des ornemens dont on auroit voulu enrichir celles-ci, on se contentoit d'y suppléer par des points, comme nous en voyons dans ce bronze. Il me paroît une des plus anciennes figures que nous ayons des Etrusques. La séparation des bras & des pieds, une forte d'action & de mouvement qu'on observe dans la figure , les points même qui marquent les plis & les orne mens, le goût du dessein & le caractère de la tête & de la coëffure, tout en un mot n'a que des rapports très-éloignés avec les Egyptiens. Je croirois donc que cette figure & celles qui lui ressemblent ont précédé le commerce des Etrusques avec l'Egypte. Ce bronze a cinq pouces cinq lignes de haut. Il semble représenter une Divinité qui doit être mise au rang des plus anciennes que l'on voit dans le

Museum Etrufcum. Le travail & la forme en font tout-à-fait Planche 273 semblables. M. Gori lui donne le nom de Junon. Mais celle que

le même Auteur appelle Dea Volumna ou Volturna , & qu'il regarde comme une Divinité propre des Etrusques , est encore plus ressemblante à celle-ci. Rien ne s'oppose au sentiment de M. Gori: mais il n'en apporte aucune preuve. Au reste ce n'est point du tout parce que le petit monument que je présente a les yeux ouverts , que je vais

attaquer ce que dit cet Antiquaire par rapport aux yeux fermés de celui qu'il nous a donné : il prétend qu'il fut impossible à Dédale de surmonter les différentes difficultés qu'il trouvoit dans le mouvement & l'expression des figures; & que

l'ouverture des

yeux

fut une des choses qu'il évita le plus soigneusement, par l'impossibilité où il étoit de l'exécuter. Je n'admettrai jamais cette conjecture, parce que chaque pays a son Dédale, & que celui des Grecs a peu influé sur les Etrusques. Je conviens que les Grecs ont tellement surpassé les autres peuples, que leurs rares talens ont enlevé tous les suffrages, & qu'ils ont persuadé tout ce qu'ils ont voulu dire d'eux-mêmes. Mais cette supériorité n'éblouit pas les critiques qui ont du discernement. L'homme étant naturellement porté à l'imitation, & les yeux étant l'objet dont il est le plus frappé, à cause de leur expression , & qu'ils sont les miroirs de l’ame, les Sculpteurs se sont toûjours appliqués à les traiter. Ils les ont souvent mal rendus : mais ils ont constamment fait des efforts pour les représenter. Sans parler des caisses de mumies, sur lesquelles il semble qu'ils devoient être fermés, & où néanmoins ils sont toûjours ouverts ; les plus mauvais desseins des Sauvages de l'Amérique nous les représentent comme ils les voient le plus ordinairement, c'est-à-dire , ouverts. Indépendamment de ces exemples tirés de l'expérience, les hommes se suivent & fe ressemblent dans les premiers pas de leurs découvertes ; & ce que nous connoissons de l'histoire du

monde nous met à portée de juger des progrès que l'esprit a fait dans les Arts, dont quelques-uns ont été perdus plus d'une fois , & retrouvés de la même façon qu'ils ayoient été inyentés,

No. II. Cette figure de bronze dont la hauteur est de quatre pouces neuf lignes, n'est pas à beaucoup près d'une antiquité si reculée que la précédente. Le travail en est trèsbon, & la fonte admirable. La coëffure , la drapperie, & l'ornement dont elle est bordée méritent une attention particuliére. Plus on en apporte à l'examen des figures Etrusques , & plus on y remarque de différences sensibles par rapport au temps où elles ont été faites ; ce qui prouve l'amour , le génie & l'aptitude de cette Nation pour les Arts. Mais de quelque façon que l'on regarde les progrès des Etrusques dans les Arts, cette figure paroîtra toûjours admirable', foit pour le détail de son dessein , foit pour l'exécution de la fonte & du ciselet. Elle est rapportée Tous deux aspects au même numéro.

No. III. CETTE pierre grayée sur une agathe noire , traversée dans son milieu par une raie blanche, qui en terme de l'Art se nomme une agathe barrée, est une preuve que les Etrusques n'ignoroient aucune des opérations des Arts. La gravûre en creux entraîne avec elle une infinité de connoissances & de pratiques difficiles. Cet homme nud qui tient un tronçon de corps auquel les deux bras font encore attachés, est un de ces sujets que l'on doit se contenter de décrire. Cette image est peut-être celle d'un supplice.

Ρ Ι Α Ν C Η Ε ΧΧΙΧ. .

No. I.

Ce petit vase de terre cuite a cinq pouces de hauteur jusqu'à la partie la plus élevée de son anse, & sa largeur est de deux pouces deux lignes. Les figures dont il est orné sont exactement rapportées & développées sous le même No. La principale figure est à genoux, & semble offrir à une Divinité inconnue les prémices des fruits de la terre. Elle a derriére elle un âne qu'elle tient par le licol. Il n'est

pas facile de dire quel est le peuple à qui nous devons ce vase. Si d'un côté le goût du dessein, la forme bizarre de la Divinité, & la ressemblance parfaite du sujet qui y est traité avec celui que l'on trouve sur un monument Egyptien, publié par le P. de Montfaucon, concourent

Antiq. exp. t. 2. à faire mettre ce vase au nombre des antiquités Egyp- po 11. PL. 139. tiennes: d'un autre côté le travail de la terre semble devoir le faire attribuer aux Etrusques. Aussi M. Gori, en rappor- Mus.Etrus pl.161. tant un vase où l'on voit à-peu-près la même composition, n'a

pas craint de le regarder comme un monument de cette Nation, & d'en conclure qu'elle avoit emprunté des Egyptiens l'art de travailler & d'orner les ouvrages de terre. Quelqu'ingénieuse que soit cette conjecture , je doute que les Egyptiens aient connu la pratique dont le sçavant Italien leur fait honneur. Il est du moins certain que

tous leurs yases sont d'une seule couleur. Je croirois donc que le vase gravé dans cette Planche, & celui de M. Gori ont été faits en Etrurie; & qu'étant destinés à être portés en Egypte, on avoit eu soin de les décorer de représentations qui étoient du goût des Egyptiens. J'établirois volontiers sur cette conjecture la réputation des manufactures des Etrusques , & le commerce qu'ils fais soient en Egypte; mais je passe à un objet plus intéressant: & je yais décrire , autant qu'il me sera possible, la nature

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