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en Etrurie, felon l'ufage ordinaire aux autres Nations: car il faut pofféder un Art, en connoître à fond toutes les fineffes & toutes les parties, pour en représenter l'effet au Spectateur, non-feulement par un moyen équivalent, mais encore convenable à la matiére que l'on emploie, & dont les différences font fi grandes, qu'elles exigent des opérations abfolument oppofées. Telles font les réflexions que l'on fait fur ce travail, après avoir examiné avec attention les ouvrages de terre cuite qui nous viennent des Etrufques.

On ne peut donc refuser à ce peuple un goût für & décidé pour les Arts. Il fuffit, pour s'en convaincre, d'obferver la variété & la différence que les temps ont mifes dans leurs maniéres de deffiner, mais plus encore l'habitude ancienne & conftante où ils étoient de manier la terre, de travailler le marbre, & de fondre & retoucher les métaux. Je remarquerai en finiffant qu'Arimnus, un de leurs Rois, jugea à propos d'envoyer fon throne autemple de Jupiter Olympien, & qu'il fut le premier des étrangers qui fe diftingua par une pareille offrande.

PLANCHE

XXVII.

Paul. Voyage d'Elid. 1.5.c. 124

N°. I.

XCVII.

CETTE figure de bronze dont la hauteur eft de quatre pouces cinq lignes, a fur la tête une efpéce de capot, & une fimple tunique couvre la moitié de fon corps. M.Gori Muf. Etru en a fait graver une dont le capot eft prolongé de chaque côté, & dont la tunique defcend jufqu'aux talons. Comme ce vêtement étoit propre aux gens de la campagne, il conjecture que ce bronze repréfentoit la Divinité qui préfidoit à leurs travaux. Celui que je pofféde eft d'une très-haute antiquité : la groffiéreté de l'ouvrage & le mauvais goût de l'Artifte en font une preuve évidente. Je l'ai fait deffiner fous trois afpects, pour faire mieux fentir L

la bizarrerie de fon ajustement. Sa plinte très-mince & fondue avec la figure eft percée de trois trous, felon la superstition des Etrufques, dont on verra l'explication plus bas.

No. II.

CETTE figure d'Hercule haute de fix pouces & une ligne eft très-bien confervée. Il ne manque à ce bronze que les attributs qu'elle tenoit dans fes mains. Quoique de la même fabrique que la précédente, elle eft d'un travail moins ancien. J'en ai une autre qui n'a que deux pouces de hauteur: & le cabinet du Roi en conferve deux ou trois qui préfentent peu de différences; mais aucune ne reffemble aux quatre que l'on voit dans le Museum Etrufcum, Planche LXX.

PLANCHE XXVIII.

N. I.

LA rudeffe du deffein fait juger que cette figure a été faite 'dans l'enfance de l'Art: mais la fonte en est d'une beauté digne des plus grands Maîtres. On ignoroit la maniére d'exprimer les plis des drapperies ; & au lieu des ornemens dont on auroit voulu enrichir celles-ci, on fe contentoit d'y fuppléer par des points, comme nous en voyons dans ce bronze.Il me paroît une des plus anciennes figures que nous ayons des Etrufques. La féparation des bras & des pieds, une forte d'action & de mouvement qu'on obferve dans la figure, les points même qui marquent les plis & les ornemens, le goût du deffein & le caractère de la tête & de la coëffure, tout en un mot n'a que des rapports très-éloignés avec les Egyptiens. Je croirois donc que cette figure & celles qui lui reffemblent ont précédé le commerce des Etrufques avec l'Egypte. Ce bronze a cinq pouces cinq lignes de haut. Il femble représenter une Divinité qui doit être mise au rang des plus anciennes que l'on voit dans le

Museum Etrufcum. Le travail & la forme en font tout-à-fait Planche 273 femblables. M. Gori lui donne le nom de Junon. Mais celle que le même Auteur appelle Dea Volumna ou Volturna, & qu'il regarde comme une Divinité propre des Etrufques, eft encore plus reffemblante à celle-ci. Rien ne s'oppose au fentiment de M. Gori: mais il n'en apporte aucune preuve. Au refte ce n'eft point du tout parce que le petit monument que je préfente a les yeux ouverts, que je vais attaquer ce que dit cet Antiquaire par rapport aux yeux fermés de celui qu'il nous a donné : il prétend qu'il fut impoffible à Dédale de furmonter les différentes difficultés qu'il trouvoit dans le mouvement & l'expreffion des figures; & que l'ouverture des yeux fut une des chofes qu'il évita le plus foigneufement, par l'impossibilité où il étoit de l'exécuter. Je n'admettrai jamais cette conjecture, parce que chaque pays a fon Dédale, & que celui des Grecs a peu influé fur les Etrufques. Je conviens que les Grecs ont tellement furpaffé les autres peuples, que leurs rares talens ont enlevé tous les fuffrages, & qu'ils ont perfuadé tout ce qu'ils ont voulu dire d'eux-mêmes. Mais cette fupériorité n'éblouit pas les critiques qui ont du discernement. L'homme étant naturellement porté à l'imitation, & les yeux étant l'objet dont il eft le plus frappé, à caufe de leur expreffion, & qu'ils font les miroirs de l'ame, les Sculpteurs fe font toûjours appliqués à les traiter. Ils les ont fouvent mal rendus : mais ils ont conftamment fait des efforts pour les représenter. Sans parler des caiffes de mumies, fur lefquelles il femble qu'ils devoient être fermés, & où néanmoins ils font toûjours ouverts; les plus mauvais desseins des Sauvages de l'Amérique nous les repréfentent comme ils les voient le plus ordinairement, c'eft-à-dire, ouverts. Indépendamment de ces exemples tirés de l'expérience, les hommes fe fuivent & fe reffemblent dans les premiers pas de leurs découvertes; & ce que nous connoiffons de l'hiftoire du

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monde nous met à portée de juger des progrès que l'efprit a fait dans les Arts, dont quelques-uns ont été perdus plus d'une fois, & retrouvés de la même façon qu'ils avoient été inventés.

No. II.

CETTE figure de bronze dont la hauteur eft de quatre pouces neuf lignes, n'eft pas à beaucoup près d'une antiquité fi reculée que la précédente. Le travail en eft trèsbon, & la fonte admirable. La coëffure, la drapperie, & l'ornement dont elle est bordée méritent une attention particuliére. Plus on en apporte à l'examen des figures Etrufques, & plus on y remarque de différences fenfibles par rapport au temps où elles ont été faites; ce qui prouve l'amour, le génie & l'aptitude de cette Nation pour les Arts. Mais de quelque façon que l'on regarde les progrès des Etrufques dans les Arts, cette figure paroîtra toûjours admirable, foit pour le détail de fon deffein, foit pour l'exécution de la fonte & du cifelet. Elle eft rapportée fous deux afpects au même numéro.

No. III.

CETTE pierre gravée fur une agathe noire, traversée dans fon milieu par une raie blanche, qui en terme de l'Art fe nomme une agathe barrée, eft une preuve que les Etrufques n'ignoroient aucune des opérations des Arts. La gravûre en creux entraîne avec elle une infinité de connoiffances & de pratiques difficiles. Cet homme nud qui tient un tronçon de corps auquel les deux bras font encore attachés, est un de ces fujets que l'on doit fe contenter de décrire. Cette image eft peut-être celle d'un fupplice.

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PLANCHE XXIX.

N. I.

Antiq. exp. t. 2.

Ce petit vafe de terre cuite a cinq pouces de hauteur jufqu'à la partie la plus élevée de fon anse, & fa largeur eft de deux pouces deux lignes. Les figures dont il eft orné font exactement rapportées & développées fous le même N°. La principale figure eft à genoux, & femble offrir à une Divinité inconnue les prémices des fruits de la terre. Elle a derriére elle un âne qu'elle tient par le licol. Il n'eft pas facile de dire quel eft le peuple à qui nous devons ce vafe. Si d'un côté le goût du deffein, la forme bizarre de la Divinité, & la reffemblance parfaite du fujet qui y eft traité avec celui que l'on trouve fur un monument Egyptien, publié par le P. de Montfaucon, concourent à faire mettre ce vafe au nombre des antiquités Egyp- p. 11. Pl. 139. tiennes : d'un autre côté le travail de la terre femble devoir le faire attribuer aux Etrufques. Aufsi M. Gori, en rappor- Mus.Etruf.pl.161. tant un vafe où l'on voit à-peu-près la même compofition, n'a pas craint de le regarder comme un monument de cette Nation, & d'en conclure qu'elle avoit emprunté des Egyptiens l'art de travailler & d'orner les ouvrages de terre. Quelqu'ingénieufe que foit cette conjecture, je doute que les Egyptiens aient connu la pratique dont le fçavant Italien leur fait honneur. Il eft du moins certain tous leurs vafes font d'une feule couleur. Je croirois donc que le vase gravé dans cette Planche, & celui de M. Gori ont été faits en Etrurie; & qu'étant destinés à être portés en Egypte, on avoit eu foin de les décorer de représentations qui étoient du goût des Egyptiens. J'établirois volontiers fur cette conjecture la réputation des manufactures des Etrufques, & le commerce qu'ils faifoient en Egypte; mais je passe à un objet plus intéressant: & je vais décrire, autant qu'il me fera possible, la nature

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