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AN. 1531.

ce.

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D'Argentré t. 2.

les circonstances du reglement qu'ils ont fait, parce qu'ils ne voudroient rien entreprendre , qui pût causer quelque scrupule , ou charger leur conscien

La faculté répondit en François aux magistrats d'Ypres, quelle avoit reçu leur lettre , & écou- Réponse de la té ceux qui lui avoient été envoyés de leur part ; que giltrats d'Xpres, leur affaire avoit été examinée pendant plusieurs p.79. jours , & qu'ils recevroient leur conclusion par les porteurs de leurs lettres. Cette conclusion étoit en Tatin dattée du seiziéme du mois de Janvier 1531. & disoit que leur entreprise étoit difficile , mais en même-tems pieuse , salutaire , avantageuse & conforme à l'évangile , à la doctrine des apôtres , & à l'éxemple de nos ancêtres, pourvû qu'on y observat ces conditions. Que si la bourse commune ne suffisoit pas pour nourrir tous les pauvres, on ne les empêchât point de mendier ; que les riches ne cessassene pas d'assister ceux qui seroient dans une extrême-néceflice;

que l'on n'empêchât pas de leur faire l'aumône , soit en public, soit en particulier ; que les laïques ne prissent pas sous ce prétexte les biens des ecclésiastiques : qu'on ne défendît point aux religieux mandians de demander l'aumône , non plus qu'aux pauvres de la campagne. On ne laisse pas d'approuver le reglement comme très-utile pour la nourriture des pauvres , & très-propre à remédier à beaucoup de maux. On observe seulement qu'on ne doit pas le considerer comme une loi immobile de la nature , dont on ne peut jamais s'écarter en aucune occasion, mais comme un réglement qui peut recevoir des interprétations , & des modifications au jugement des

Tome XXVII.

Mm

CXXXI. Plusieurs lives

Paris.

hommes, pendant & selon les differentes circonstanAN. 1531.

ces des lieux & des tems.

Le deuxiéme de Mars de la même année, la faculcondamrez par té donna encore son jugement sur plusieurs livres thér logie de qui lui furent déferez , & qui furent trouvez chez un

nommé Jean de saint Denis. Le premier étoitdes Pancollect- judic de dectes de l'ancien & du nouveau teftament, comnopsis en leg posé par Othon Bronfelsius , où cet auteur soutenoit

la doctrine de Luther , par beaucoup de passages de l'écriture sainte dont il abusoit. La faculté en tira treize propositions qu'elle condamna , comme pernicieuses , & jugea l'ouvrage digne du feu. Le second étoit un livre intitulé l'oraison de Jesus-Christ, qui est le Pater, le Credo,les dix commandemens, les sept pseaumes en françois avec d'autres traitez, comme le livre de la suggestion des chrétiens , une exposition sur le Magnificat : le livre de la loy & de l'évangile avec la force d'iceux , un autre nommé épitre chrétienne, & le brief recueil de la substance de la doctrine évangelique ; on tira de tous ces ouvrages vingt-deux propositions , qui furent aussi traitées de Luthériennes, & jugées dignes du feu. Le troisié me portoit ce tître, union des personnes qui sont en contestation, unio disidentium, par Herman Gobius, composé pour appuyer la doctrine de Luther,& digne d'être brûlé.

Le quatriéme ouvrage intitulélucidaire, écrit en françois , & un autre sous le titre de theologie chrétienne , parurent supportables à la faculté, qui ne décida rien non plus sur l'ouvrage qui avoit pour titre Antonius de arenâ, & sur un autre qu'on nommoit le cinquante-deuxiéme arrêt d'amours, & un troi

An. 1531.

CXXX II Jugement

don.

col.

fiéme intitulé fa cæleftine. Mais quant au neúviéme
ouvrage qui avoit pour titre requête des pauvres, la fa-
culté déclare qu'il est rempli d'injures contre l'état ec-
clésiastique, qu'il y a de mauvais sentimens sur la
messe, sur la confession, sur le purgatoire,& que par
conséquent il doit être brûlé. Elle en condamne aussi
un dixiéme intitulé les cent-seize conclusions en trois
feuilles , qu'elle regarde comme Luthériennes & di-
gnes d'être brûlées publiquement.
Le premier de Juin la faculté

prononça

sur trois propofitions , qui lui avoient été envoyées par l'évê= qu'elle a prononque

de Condon. La premiere étoit conçuë en ces ter- pofitions qui lui mes : » On trouve quatre sortes de baptêmes fuffi- l'évêque de con• sants pour effacer le peché originel , celui de l'eau

? D'Argentré celui du sang , celui du faint-Esprit, & celui de la led. jud. t. 2. p.

san&ification ; ce quatriéme baptême est invisible, 89. » & peut être obtenu sans sacrement , & sans aucun » mouvement propre ;

mais par » lorsqu'il n'est pas possible à un enfant de recevoir le baptême d'eau. La seconde. Il est probable que

saint Jean l'Evangéliste n'est pas mort , mais qu'il » à été transferé dans le paradis terrestre, d'où il vien» dra prêcher contre l'antechrist avec Enoch & Elie. » La troisiéme. Le martyre de S. Jean l'Evangéliste, » a été plus grand extensivement & fous un seul rap" port, que celui de la sainte Vierge, lorsqu'ils étoient » tous deux au pied de la croix ; mais le martyre de

la Vierge , a été beaucoup plus grand par la dou

leur & la compassion intensive, que celui de faint « Jean. Cependane parce que ce faint avoit deux

très-grands sujets de douleur, l'un de la douleur de Jesus-Christ , & l'autre de la Vierge , qu'il

la foi des parens,

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»aimoit beaucoup : sous ce rapport le martyre de An. 1531. „ saint Jean a pû être plus grand, que celui de la

Vierge ; quoique sous plusieurs autres rapports & considérations, le martyre de la Vierge ait de beau

coup surpassé celui de saint Jean. » Čes trois propositions après avoir été murement examinées par Ia faculté de théologie, cette faculcé décida.

Sur la premiere ; que quoiqu'il soit certain que Dieu accorde quelquefois , par un privilege spécial, fes dons à qui il veut, néanmoins parce qu'on ne peut avoir aucune certitude sans la révelation divine , pour sçavoir quand & à qui Dieu accorde ses dons ; la faculté pense qu'il y a plus de temerité que de prudence de prêcher au peuple , & enseigner que les enfans qui meurent ou dans le sein de leur mere, ou en étant sortis , avant que d'avoir reçu le baptême , sont sauvez. Sur la seconde proposition la faculté dit , qu'il faut avertir ceux qui annoncent la parole de Dieu au peuple, de ne prêcher que des choses utiles , édifiantes , & conformes aux rites de l'église , sans débiter des nouveautez qui sont étrangeres, ou

qui ne sont propres qu'à satisfaire la curiolité. Ainsi puisque l'église prouve assez dans son office , que saint Jean regne dans les cieux avec Jesus-Christ, puisqu'elle le prie & l'honore avec les autres apôtres, & que c'est la doctrine des saints docteurs de l'église : c'est une imprudence d'en parler autrement devant le peuple , & de lui proposer des opinions qui ont été autrefois rejettées. Sur la troisième proposition, la faculté n'approuve pas non plus qu'on prêche aux fidéles ces sortes de comparaisons de douleurs, ou-de-mérite que l'église n'a point

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و

reçues , ou qui n'ont point été traitées par des docteurs Catholiques, mais qui sont seulement appuyées sur des conjectures vaines & frivoles.

La même faculté qualifia encore le seiziéme du cxxxIII. même mois douze propositions, sur lesquelles l'évê- 1: covove glorida que de Beauvais l'avoit consultée, comme ayant various res douze

été prêchées dans son diocese. » La premiere, qu'on propositions. » ne doit point accorder la communion aux usuriers,

blasphêmateurs ordinaires , joueurs de cartes & » de dez , menêtriers , lautrelles, danseuses, con

cubines , filles de la grande maison ; ravisseurs » & détenteurs du bien d'autrui , soit par force, ou » par procès injustes , s'ils ne donnent caution non juratoire de restituer. » On décide que les curez & vicaires ne doivent point administrer le sacrement de l'eucharistie aux usuriers, blasphêmateurs, joueurs de cartes ou de dez , femmes de mauvaise vie, ravisseurs des biens d'autrui s'ils sont connus, publics & notoires , & quand il est certain qu'ils sont tels , jufqu'à ce qu'ils soient convertis & qu'on soit assuré de leur conversion : mais qu'à l'égard des menêtriers danseurs , joueurs de violon, quoiqu'on doive fuir ces sortes de mêtiers, il paroit néanmoins indiscret & scandaleux d'assurer sans distinction , qu'il faut leur refuser l'eucharistie. Et quant à la troisiéme partie de la proposition, l'on croit qu'il est faux , & téméraire d'assurer , que les injustes détenteurs des biens d'autrui ne peuvent être admis à la communion s'ils ne donnent auparavant caution non juratoire de reftituer.

» La seconde. » Il ne faut rien donner aux curez, ni vicaires, ni aux autres prêtres pour baptiser, con:

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