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VII. Vacance du fiége

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le duc d'Orleans Henri son second fils , honneur AN. 1531. auquel la maison de Medicis n'auroit osé jamais

aspirer, si le roi ne l'eût offert de son propre mouve

le pape en fut touché, & moins l'affaire paroisloit vraisemblable , plus il se sentoit d'inclination pour le roi de France, qui la proposoit si volontiers, plus par conséquent il se trouvoit disposé à entrer dans les vûës de ce prince contre l'empereur, contre qui il étoit déja aigri

. Une autre contestation qui s'éleva peu de tems après entre lui & Charles au sujer de la vacance de l'évêché de Malthe slaugmenta cette indisposition. Un des articles de la cession que ce prince fit de cette isle aux chevaliers de Rhodes,

étoit que dans la vacance du siége épiscopal, le épiscopal de Mal- grand-maître & son conseil seroient obligez de nom

mer au viceroi de Sicile trois sujets capables , d'entre lesquels fa majesté impériale en choisiroit un. Baltazard Waltkirk chancelier de l'empire, qui remplissoit ce siége , étant mort, le grand-maître Villiers de l'Ille-Adam nomma avec le chapitre, conformément aux termes des privileges, trois personnes,qui étoient frere Pontus Laurenin, frere Thomas Bolio Italien, & frere Dominique Cubelle sujet de l'empereur, à qui l'on envoya cette nomination. Comme tout l'ordre s'intéressoit pour

Bosio à cause de son mérite, le grand-maître en écrivit au pape, qui ayant lui-mê

me beaucoup de considération pour Bosio, n'eut pas Le pape écrit à de peine à le recommander à l'empereur Quoi

que nous soyons persuadez, écrivit-il à ce prince,

» que les trois sujets nommez par le grand-maître Malthe t. 3 in 4, » & par l'ordre pour remplir l'évêché de Malthe , sont également capables , ayant été nommez par

des

VIII.

l'empereur pour
le price de nom
mer Bolio.
De Vertot hist. de

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suių.

AN. 1531

des personnes sages & prudentes, & qu'il ne doive point se trouver en nous aucune acception de personne , néanmoins ayant appris qu'entre ces trois se trouve Thomas Bosio vice-chancelier dudit ordre, frere d'Antoine Bosio d'heureuse mémoire, » que votre majesté a connu à Boulogne lorsque nous

y étions ensemble : nous n'avons pû moins faire » en considération & de la mémoire du défunt & du

mérite du frere qui lui surviç, que de lui accorder, auprès de votre majesté cette recommandation trèsg julte & très-forte qui part sincerement de notre cæuc » & de notre affection. » Cette lettre est du vingtuniéme d'Août 1531.

Pour répondre à cette recommandation , l'empe. reur fit dire au saint pere par son ambassadeur, que dans

peu de tems il lui donneroit satisfaction, avec d'autant plus de joie, que ses vûës s'accordoient avec les siennes; il lui écrivit aussi en termes fort obligeans, & lui fir connoître qu'il ne manqueroit pas de répondre au plûtôt à ses væux & à ceux du public, & de lui témoigner combien il-avoit de déference pour ses recommandations. Il en parla'dans les mêmes termes au cardinal Campegge , lorsque ce légat l'entretint de cette affaire , qui lui étoit aussi recommandée, & l'assura qu'il feroit dans peu

la nomination qu'on lui demandoit. Il la fir en effet quelques semaines après, & en remię l'acte à l'ambassadeur de l'ordre, qui l'envoya aussi-tôt au grand-maître.

Cette nomination fur requë à Malthe avec beaucoup de joie ; l'empereur en reçut mille bénédic- recommandatich tions, & sans differer on lui en écrivit une lettre Bolio évêque de de remerciement. Bosio reçut de toạtęs parts des comTome XXVII.

Oo

IX.

à

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Malthe.

X:
Le pape 11omme

évêché.

plimens de felicitation ; l'affaire fut regardée comme An. 1531. heureusement finie, & le grand-maître pour y met

tre le sceau, voulut envoyer exprès un chevalier à Rome en qualité d'ambassadeur, pour accompagner Bosio de la part de l'ordre, le présenter à fa fainteté conjointement avec l'ambassadeur ordinaire, la remercier de la continuation de sa bonté en faveur de l'ordre, & en recevoir les bulles nécessaires. Le chevalier & Bofio étant arrivez à Rome, le premier eut audience du pape & lui présenta Bosio: mais Cle

mient VII. loin de recevoir les remerciemens qui lui fuensuite le cardinal rent faits , dit : » Que l'église de Malthe étoit déja

pouvûë ; qu'il avoit nommé à cet évêché le car» dinal Ghinucci, & que l'ordre ne pouvoit pas

efperer un plus grand honneur , que d'avoir pour son évêque un cardinal d'un si grand mérite, &

qu'il esperoit qu'on recevroit fans aucun obstacle s le grand vicaire que le cardinal feroic incessamment

passer à Malthe pour prendre possession de l'évêché. L'ambassadeur surpris de ce discours , & cachant son chagrin , répondit assez modestement que cette affaire regardoit uniquement l'empereur , qui fans doute feroit étonné d'un changement si subit.

C'est à nous, repartir le pape indigné, & non pas » à Charles à pourvoir à cette église , depuis que

le gouvernement de cette isle a passé en d'autres mains: & après ces paroles il congédia l'ambassadeur & Bosio.

Le grand-maître agissant prudemment , parut ne prendre aucun parti dans cette affaire , pour ne fe pas trouver entre deux puissances, qu'il avoit un égal intérêt de ménager. Mais l'empereur qui avoit toujours

An. 1531.

XI. Surprise de l'em

val vida del Imp.

connu Clement

pour

être d'un caractere fore changeant , ayant été informé de cet événement

par

la lettre de son ambassadeur à Rome, ne put s'empêcher de dire , même en plein conseil ; » Qu'il ne s'é» toit jamais fié au pape, parce qu'il avoit toûjours pereur en appre» connu que dans toutes ses actions il y avoit quel- velle. » que finesse secrette & cachée ; mais pour cette fois, Sangro & Sando» ajoûta-t'il, j'avoue à ma honte que j'ai été trompé Carlos. » pour ne m'être pas assez défié de ses manieres vives » & empressées en apparence, dont il sollicitoit lụi» même la nomination de Bosio. On dit que Clement avoir été fâché du retardement.que l'empereur avoit apporté dans cette nomination, quoiqu'il n'eût pas été long, & qu'il avoit dit à ce sujet devant quelques cardinaux, » que quand les souverains pontifes

prient en semblables occasions, leurs prieres dois » vent être reçûës comme des commandemens ; mais il y a lieu de croire, que ce ne fut là qu'un prétexte de son changement, & que la vraie raison est qu'il vouloit

que cer évêché ne dépendît que du saint siége, & que la nomination en appartînt toûjours aux papes ; mais l'empereur poursuivit toûjours son droit, & engagea Bosio à ne se point lasser de solliciter sa nomination.

Le pape ne nomma que trois cardinaux dans cette année , deux le vingt-deuxiéme de Mars, & le troi- dinaux pare cicfiéme le vingt-cinquiéme de Septembre. Le premier fut Alphonfe Manriquez de Lara Espagnol, fils de pont. c. 3. p. 519 Rodrigue Manriquez comte de Parades, d'abord leg. évêque de Cordoue , ensuite archevêque de Seville.. Il eut le titre de saint Calixte , qu'il changea quelque tems après pour celui des douze apôtres. Le le-..

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XII. Création de care ment VII.

Ciaconius in vitis

ر

XIII.
Mort du cardinal
Laurent Pucci.

cond Jean de Tavera de Pardo Espagnol, qui avoit An. 1531. été recteur de l'université de Salamanque , succesfi

vement évêque de Ciudad-Rodrigo, de Leon, d'Olma, & enfin archevêque de Compostelle. Clement VII. non-seulement le gratifia du chapeau de cardinal sous le titre de saint Jean Porte-Latine, mais il lui donna encore l'archevêché de Tolede, un des plus riches de toute l'Espagne. Enfin le troisiéme fut Antoine Pucci neveu des cardinaux Laurent & Robert Pucci. Laurent n'eut pas la joie de voir son neveu

cardinal, étant mort quelques jours avant la promoCiacon. t. 3.P.337. tion , ou dans le tems même de cette promotion. Il addit" and Ciacon." étoit d'une famille noble & ancienne de Florence, & Aubere vie des fon merite plus encore que la naissance l'avoit fait

cardinaux.

connoître à Rome. Leon x. le fit cardinal en 1513. & lui confera successivement quelques évêchez & les emplois les plus importans de la cour de Rome ; mais il fut accuse de concussion & de péculat , & même d'avoir fourni à Luther un prétexte pour s'emporter contre l'avarice de la cour de Rome, & en particulier contre les indulgences , par la profusion extraordinaire qu'il en faisoit. Paul Jove dans-la vie de Leon X. avoue que Pucci avoit abusé du bon naturel de ce pape par ses flatteries & par son adresse à adoucir la feverité des canon's , par des interprétations commodes & trop indulgentes. On dit même qu'il n'avoit point eu honte d’établir cette maxime pernicieufe & détestable, que ces fortes de gains étoient permis à un souverain pontife. Cette conduite le rendit odieux, & l'on voulut lui faire rendre compte de fon ministere sous le pontificat d'Adrien VI. mais le cardinal de Medicis détourna ce

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