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fur des matieres profanes ; le catalogue en eft rapporté
dans la préface d'un difcours qu'il a fait fur le faint
Esprit, publié par Regnian Philofius à Strasbourg en
1516. Voici ce dont il eft fait mention dans ce catalo-
gue. Un traité de l'instruction & de l'éducation des
enfans, les élégances de la langue latine, un abrégé
de réthorique, trois livres en vers élégiaques de la tri-
ple pureté de la Vierge, un livre de la pureté avec
fon apologie, un traité de la frugalité contre les gens
chargez de prébendes; un abrégé des affaires d'Alle-
magne, le traité de la jeuneffe, une apologie pour la
république chrétienne, des traitez fur l'hiftoire d'Alle-
magne, des notes fur les hymnes ecclésiastiques,
un abrégé des quatre évangiles, outre fes lettres
fes poëmes, fes hiftoires, un foliloque en l'honneur
des princes & des grands d'Allemagne, des offices
de la Vierge & de faint Joseph, des statuts fynodaux
qu'il dreffa par ordre de l'évêque de Bafle, & plusieurs
opufcules. On lui attribue encore un traité des loüan-
ges de l'églife de Spire, un autre des évêques de Straf-
bourg, & la vie de Dieter archevêque de Mayence.
Il a encore écrit un autre traité intitulé, la concorde
des curez, & des freres mendians, dans lequel il rap-
porte les erreurs groffieres d'un certain moine nom-
mé Martin de Hanau qui avoit avancé mille imper-
tinences contraires à la pudeur & à la religion. Il y
blâme les réguliers, de fe donner la liberté de juger
des féculiers & de les condamner. Enfin il exhorte
les curez à ne pas médire des ordres religieux, à ne les
pas mépriser, & à ne les pas perfecuter ; il oppose la
vie des anciens moines à celle des nouveaux, & veut
que les curez & les moines foient unis pour travail-

AN. 1528.

AN. 1528.

ler de concert au bien de l'églife.

Son traité de la pureté, eft le plus éloquent, & le plus utile de fes ouvrages; il l'adreffe à Sturmius, & s'y juftifie du reproche qu'on lui avoit fait de n'avoir compofé fon apologie pour la république chrétienne contre les bénéficiers, que parce qu'il n'avoit pu avoir de bénéfices. Il dit qu'il avoit refufé deux prébendes, que Berthold archevêque de Mayence lui avoit offertes, qu'il détesteroit toute sa vie cet abus d'avoir souvent trois ou quatre églises dans une même ville, plufieurs prébendes, dignitez ou perfonats, & quelquefois d'en pofféder encore d'autres fous le nom de perfonnes interpofées. Il ajoute qu'il a connu des gens qui avoient jufqu'à vingt-trois & vingtquatre bénéfices. Il traite enfuite de la pureté des prêtres, & prefcrit les remedes pour entretenir cette vertu. Il s'y plaint d'un homme qui avoit été longtems de fes amis, & qui l'avoit accufé devant Raymond légat du pape, d'être ennemi des ordres religieux. Il fe défend contre cette calomnie, il proteste qu'il aime, & qu'il eftime tous les bons religieux, mais qu'il ne peut avoir les mêmes fentimens pour certains moines, qui n'ont de religieux que le capuchon & la couronne, qui font pleins d'orgueil & d'ambition, qui féduifent le peuple en prêchant une voye facile pour aller au ciel, qui enfeignent qu'on ne doit faire qu'une legere pénitence pour de grands péchez, qui flattent les riches, qui abufent des religieufes, qui médisent de tous les théologiens séculiers, & qui n'épargnent pas même Gerfon. Il blâme ceux qui employent les revenus eccléfiaftiques au luxe ou à la bonne chere, au lieu de nourrir les pau

vres, & remarque qu'il faut peu de choses à un hom- AN. 1528. me, & qu'un prêtre peut vivre honnêtement d'un revenu médiocre.

C'est dans ce même ouvrage qu'il traite en paffant la question du monachifme de faint Augustin, en foutenant qu'il n'a été ni hermite, ni moine mendiant, ni bénédictin, parce que s'il avoit fait profeffion, il n'auroit pas manqué d'en parler dans les livres de fes confeffions. Il ajoute que Poffidius auteur de sa vie, ne l'auroit pas loué de n'avoir point fait de teftament, parce que s'il avoit été moine, il n'en pouvoit faire, ainfi ce ne feroit pas un éloge pour lui de n'en avoir point fait. Il allegue cinq chofes qu'on pouvoit lui oppofer. 1. Qu'il eft dit, que ce faint quitta toutes choses. 2. Qu'il établit un monaftere dans fon églife. 3. Qu'on le peint avec un capuchon. 4. Que l'on a trouvé dans une église de la Vierge, bâtie du tems de Sixte IV. une figure de marbre, fur laquelle il y avoit une épigrame qui montroit que c'étoit la figure d'un hermite de faint Auguftin. 5. Qu'on a des fermons de faint Augustin adreffez aux hermites. Mais toutes ces raifons paroiffent frivoles à Wimphelinge; & il répond aifément que faint Auguftin a quitté effectivement le monde, c'est-à-dire, fa famille & fes biens, mais qu'il y a renoncé volontairement & fans embraffer le monachifme. Que l'on mene une vie religieufe avec un habit féculier; que le capuchon que les peintres lui donnent, eft de leur invention; que la ftatuë de marbre de l'hermite est une faufseté & une supposition, & qu'elle n'est pas fi ancienne qu'on le dit ; que les fermons aux hermites ne font point de faint Augustin

AN. 1529. évêque d'Hyppone, mais peut-être de faint Auguftin évêque d'Angleterre.

Son traité des hymnes & des profes de l'église est très-curieux. Il rapporte l'origine des premieres à faint Ambroife, qui perfecuté par l'impératrice Justine, mere de Valentinien, & étant obligé de demeurer nuit & jour avec fon peuple dans l'églife, lui faifoit chanter des hymnes pour diffiper fes ennuis, comme le rapporte faint Auguftin dans le neuviéme livre de fes confeffions. Il expofe les différentes fortes de vers dont les hymnes font compofées, & en marque les auteurs. A l'égard des profes qui fe chantent avant l'évangile à la meffe, il dit que l'ufage en eft plus récent; que ce font les Allemans qui l'ont inventé. Toutes les œuvres de Wimphelinge montrent par tout un efprit libre & aifé qui aimoit la vertu, qui haiffoit & reprenoit le vice, qui fouhaitoit la réforme des mœurs, fans donner en aucune maniere dans les nouveautez des hérétiques, étant très-attaché à la doctrine de l'églife, & très-fenfible aux maux qui ravageoient l'Allemagne fon pays, & qui ne firent qu'augmenter dans la fuite.

Spire.

LXI, Ce fut pour arrêter ces maux, que l'empereur fut Diéte tenue à obligé de convoquer une diéte à Spire. Les néceffitez Cochlaus de de la tenir étoient encore plus preffantes, parce que Lutheri hoc le danger étoit plus évident; car outre les grands pro

act. & fcript.

anno pag. 197.

comment. lib. 6. p. 190.

7529.2.47.

Sleidan in grès, que le Luthéranisme faifoit dans l'empire, fes provinces étoient menacées d'une prompte irruption Bon. an. des Turcs, qui s'étoient déja rendus maîtres de Bude, & qui fe flattoient d'être bien-tôt maîtres de toute la Hongrie. La diéte commença le quinziéme de Mars de l'an 1529. elle fut fort nombreufe. Ferdinand

qui y préfidoit en la place de l'empereur, s'y trouva ac-
compagné de tous les princes & députez des états de
l'empire. L'électeur de Saxe y avoit amené Melanch-
ton; & le
pape ne manqua pas d'y envoyer Jean Tho-
maffin, comte de la Mirande, avec charge d'exhorter
les princes à la guerre contre le Turc.

La premiere chofe à laquelle on s'appliqua, fur d'y traiter des affaires de la religion, fur lesquelles on difputa long-tems & avec beaucoup de chaleur. Le but des Catholiques étoit de défunir l'électeur de Saxe & les autres princes des villes impériales, c'est-à-dire, les Luthériens d'avec les députez des villes, qui avoient embraffé la doctrine de Zuingle, & des autres facramentaires touchant l'euchariftie; & peut-être en feroient-ils venus à bout, fi le Landgrave de Heffe n'eût prévenu cette divifion, en leur remontrant à tous que la différence n'étoit pas affez grande entr'eux pour le féparer, & qu'il étoit aifé de les concilier enfemble; au lieu que s'ils fe partageoient, les Catholiques fe voyant les plus forts, ne manqueroient pas d'en tirer avantage. On fe rendit à fes raifons, ou plutôt l'antipathie entre les Luthériens & les Zuingliens n'éclata pas alors; & Ferdinand fit appeller les députez des villes impériales en particulier le cinquième d'Avril, & leur fit des reproches assez vifs, d'avoir fait plufieurs changemens contre l'édit de l'empereur, & les exhorta fort à confentir aux reglemens qu'on vouloit établir, de peur que leur partialité ne rendît la diéte inutile, & qu'on ne fe féparât fans avoir rien fait. Les députez lui répondirent que les changemens qu'ils avoient introduits, ne préjudicioient en aucune maniere à l'autorité de l'empereur; qu'ils ne deman

AN. 1522

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