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An. 1528. chapitres de la province. Le premier objet qu'on së

proposa en convoquant ce concile, fut la conserva-
tion du dépôt de la foi , la réformation des meurs, &
le maintien de la discipline ecclesiastique. On s'y pro-
posa ensuite de satisfaire le roi François I. qui deman-
doit qu'on imposât pour deux ans sur tout le clergé
féculier & régulier, bénéfices exemts & non exemts,
ceux même de S. Jean de Jerusalem , sur toutes les com-
munautez & fabriques, des décimes au nombre de
quatre, chacune montant à la somme de la derniere,
payables de six mois en six mois, & plutôt s'il étoit
nécessaire, à commencer à la saint Michel prochaine,
lesquelles sommes devoient servir au payement de la
rançon des deux fils de France, Frariçois Dauphin, &
Henri duc d'Orleans, que l'empereur retenoid roll-
jours en ôtage à Madrit. Ces décimes furent accor--
dées, sans préjudice des immunitez ecclesiastiques
à cause du cas particulier & de la nécessité presante
se trouvoit le roi de procurer la délivrance de ses
enfans.

L'on fit ensuite plusieurs decrets au nombre de

vingt-trois, contre l'hérésie de Luther, & pour la réLuther & pour formation des maurs. Le premier statuë que les er-

reurs de Luther & de ses sectateurs, condamnez depuis: concil , ut fu• long-tems par le faint Siége, ne seront combattuës

qu'en général dans les discours publics, eu égard aux lieux & aux tems, suivant la prudence des ordinaires & des évêques, comme ils le jugeront à propos, fans qu'on spécifie ces erreurs en particulier, à moins qu'il ne se trouvât des endroits où quelques-unes d'elles, malgré leur condamnatiori, auroient déja fait quelque progrès ; dans lequel cas on les combattroit en particulier.

IT. Decrets de ce concile contre

des meurs. Labbe colle&t.

pra.

Le 2. veut qu'on oblige les curez à dénoncer aux

An. 1528. évêques ceux qu'ils sçauront dans leurs paroisses être infectez des erreurs de Luther, & de ses sectateurs ; s'il y a quelques sorciers, enchanteurs, devins qui usent de malefice, qui ayent recours aux superstitions, à l'usage damnable des caracteres , qui employent les prestiges du démon pour découvrir ce qui est caché ; afin que l'évêque ou son grand vicaire les punissenc comme ils le méritent.

Le 3o. défend à tous libraires & autres personnes, d'imprimer & de vendre des livres qui contiennent les erreurs de Luther & de ses disciples, & même de les garder chez soi ; avec ordre de les remettre à l'évê-: que ou à son grand vicaire dans l'espace d'un mois. Et en cas de contravention, l'on condamne à la prison les acheteurs , vendeurs , imprimeurs de ces sortes d'ouvrages, s'ils tombent dans le cas après avoir été avertis de la publication de ce decret.

Le 4o. défend encore d'acheter & de vendre les li. yres Luthériens, & même ceux de la sainte écriture traduits en françois depuis huit ans, à moins qu'ils n'ayent été revûs & approuvez par les ordinaires des lieux, ordonnant des peines à ceux qui n'auront pas obéï.

Le s. est contre les quêteurs qui ne pourront publier les Indulgences ni prêcher , sans une permisfion & une approbation par écrit de l'évêque ; & les curez qui souffriront de tels abus, seront punis de même que les quêreurs. Il ne sera point non plus permis aux prédicateurs étrangers, de quelques ordres qu'ils soient , de prêcher sans avoir auparavant été approuvez par les ordinaires.

An. 1528. sous prétexte de procurer le bien de ces confrairies.

Le 17€. qu'il dépendra des évêques de retrancher le nombre des fêtes , autant qu'ils le jugeront à propos, ce qu'on laisse à leur choix.

Le 18. que les maîtres d'école ne feront lire à leurs enfans aucun livres qui les éloignent du culte divin, des cérémonies de l'église , & des pratiques de la religion , & qu'on leur mettra entre les mains des auteurs, qui étant capables de culciver leur esprit, leur apprendront en même tems à bien parler.

Le 19. qu'on enjoindra aux curez, sous des peines arbitraires, de visiter toute leur paroisse au moins une fois l'an, & principalement dans le tems de Pâques, sans toutefois toucher aux exemptions des privilégiez.

Le 20°. que les évêques n'accorderont point de dimissoires à ceux qui doivent être promûs aux ordres, qu'ils ne les ayent auparavant examinez & trouvez ca pables. Ceux qui auront été ordonnez sans dimissoire , seront suspens de la célébration de la messe aussi longtems que l'ordinaire le jugera à propos, & s'ils se trouvene incapables, ils seront punis corporellement au jugement du diocésain. Enfin les dimissoires ne seront accordez qu'à ceux qui auront un bénéfice ou un titre

Le 21° que les évêques ne dispenseront aucuns 'curez de résider dans leur bénéfice, & ne leur permettront point de quitter leur troupeau pour aller desservir d'autres bénéfices , & travailler dans d'autres paroisses. .

Le 22°. qu'on défendra aux religieuses de forcir de leurs monalteres, & que les ordinaires obligeront celles qui en sont sorties d'y rentrer au plutôt , & de se renfermer dans leur cloître, en ne donnant aucun accez aux

patrimonial.

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ΙΙΙ. Decrets sur la

fecaliers ; l'on ordonne l'observation du chapitre Peri

AN. 1528. aulofó de l'état des réguliers.

Le 23c.. fait le même reglement pour les religieux qui sont hors de leur couvent, & les oblige d'y rentrer , d'y vivre conformément à leur inftitut. Čes decrets furent lûs & approuvez dans la derniere fesfion.

Comme les juges laïques faisoient beaucoup d'enrreprises sur la jurisdiction ecclésiastique, & sur la li- jurisdiâion & berté du clergé ; le concile jugea à propos de faire un clefiaftiques. decret pour ordonner qu'à l'occasion des troubles cau_. Labbocket. fez par les juges séculiers, par rapport au serment qu'on p«8.429. exige des clercs en les obligeant de se soumettre aux laïques dans le jugement de leurs causes, de l'exécution des testamens pour des legs pieux qui regardent l'église, des inventaires des effets mobiliers des clercs; faits par les notaires des officiaux, de la publication des lertres monitoires, en supprimant les noms, des remises que font les juges laïques avec charge du cas privilégié, enfin des défenses générales & particulieres qui se font contre les arrêts & les ordonnances des rois. Le concile résolut qu'on feroit de très-humbles remontrances au roi François I. afin de le prier de remettre ordre à ces abus , & de maintenir la liberté ecclésiastique, coinme un moyen de procurer l'avantage de fes fujets laïques. Le concile fit là-dessus cinq decrets.

Dans le premier, il est dit qu'on n'accordera point de monitoires fans exprimer les noms , à moins que le dommage dont fe plaint l'impétrant ne monte à la sonime de deux cens livres; & l'on ne pourra excommunier pour une moindre somme, ce qui sera exprimé dans des lettres monitoires.

Dans le. 2.. la femme, les enfans, les serviteurs &

servantes de ceux contre lesquels on fait des plaintes, & An. 1528.

on demande des monitoires & réaggraves, ne seront point compris, on ne nommera que ceux qui partici

pent à l'action,

و

Dans le 3e. les notaires, greffiers, procureurs & autres praticiens dans les cours ecclésiastiques, ne pourront procéder par voye

d'excommunication

pour

les salaires , vacations, expéditions qui leur seront dûës par les parties, ou cliens : tout ce qu'on pourra faire sera de leur interdire l'entrée de l'église, jusques à ce que les juges, après avoir connu la contumace des débiteurs, en ayent ordonné autrement.

Dans le 4o. on n'accordera point de lettres d’excommunication sur la premiere contumace, mais seulement l'interdit de l'entrée dans l'église ; si ce n'est que les ordinaires jugent qu'on en doit user autrement , par rapport à la diversité des lieux & des coutumes.

Dans le s: afin que les juges métropolitains puissent rendre la justice avec plus de facilité & de droiture, le concile ordonne que les suffragans & leurs officiaux feront leurs informations & leurs enquêtes en françois ou en latin, ou du moins dans une langue que l'on puisse entendre dans la province.

Le concile fic un autre decret par lequel il ordonne chant la ref' aux recteurs des églises paroissiales, soit curez, soit bé dence des cu- néficiers à charge d’ames, de résider dans leurs bénéfi

ces, en sorte qu'on ne pourra leur accorder aucune difpense à ce sujet , ni permission d'établir des vicaires en leur place, qu'avec connoissance de cause, laquelle ayant ecé examinée, & ces vicaires ayant été jugez capablesde desservir les paroisses, après un sérieux examen, les curez auront soin que ceux qui tiendront

leurs

IV.

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