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venire ad te; commandez, Seigneur que j'aille à vous, & ôtez de mon chemin tout ce qui m'en empêche. Ils n'auroient qu'à lui obéir, & à marcher dans la voie où ils font diffiper tous les nuages & les orages qui les épouvantent. Ils n'auroient qu'à fervir Dieu felon la mefure de la grace qu'ils ont reçûe, fans s'étonner des peines qu'ils ont à fouffrir: car alors ces peines, ou finiroient, ou ne con-tinueroient que pour contribuer à leur falut.

ས.

La foumission à un directeur éclairé diffipe les troubles.

Omme il n'y a rien dans cet état de plus infupportable que de ne favoir pas combien on y offense Dieu, & jusques où vont les fautes qu'on y peut faire, rien n'eft fi important à ces perfonnes que de s'inftruire pour fortir de cette ignorance. Ce qui arriveroit, s'ils expofoient fincerement à un directeur ce qui fe paffe en eux dans ce temps de tenebres; s'ils renon

çoient à leurs propres pensées & à leurs préventions; s'ils ceffoient de s'écouter & s'ils étoient dociles à fuivre la lumiere qu'on leur montre ; s'ils avoient foin de fe corriger de leurs fautes, furtout de celles qu'ils font, foit en donnant lieu à leurs inquiétudes par trop de réflexions, foit en s'y arrêtant volontairement, foit même en ne réfiftant pas avec affez de fidelité aux impreffions de crainte & de défiance qui leur viennent dans l'efprit.

On peut affurer ces perfonnes pour leur confolation, que pourvû qu'ils ne fe croyent pas eux-mêmes, & qu'ils fuivent les confeils d'un confeffeur éclairé, ils n'ont aucun fujet de s'étonner de ce qui fe paffe dans leur imagination. Ils en feroient même bientôt délivrez, s'ils fe regardoient comme ceux à qui, par le moyen moyen de quelque machine, on feroit voir la terre & l'air tout en feu,& les demons prêts d'exercer fur eux toute leur fureur. Il n'y a point d'homme, qui croyant tout cela veritable, n'en fût effrayé, & ne fe regardât comme expofé à une mort certaine. Mais fi on avoit vû cent fois les mêmes phantômes, fans en avoir

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jamais reçû aucun mal; & fi on avoit découvert que toutes ces choses si terribles en apparence ne font que des feux, des fpectres & des demons en peinture, qui n'ont aucune force, & qui ne font peur qu'à ceux qui ne favent pas que tout cela n'eft rien; dès qu'ils paroîtroient on n'en auroit plus peur, & on fortiroit de l'étonnement pour fe tenir en repos; & ce repos qui n'eft fondé que fur la confiance en la mifericorde de Dieu, s'accorde fort bien avec une crainte fage & difcréte de fes redoutables jugemens.

Il eft vrai que les perfonnes qui font fujettes à fe troubler , ne sçauroient s'affurer fur la connoiffance qu'ils ont d'eux-mêmes. Ils fe défient de leurs difpofitions, quelque bonnes qu'elles paroiffent: & ce feroit fans doute leur caufer un nouvel embarras, que de les renvoyer au témoignage de leur confcience. Qu'ils fe fervent donc du feul moyen qu'ils ont de fe mettre en repos: qu'ils fe confient, comme nous avons déjà dit, à quelque perfonne éclairée, qu'ils lui ouvrent leur cœur, qu'ils lui faffent voir à découvert tout ce qui s'y paffe ; qu'ils croyent qu'on les entend affez, pourvû qu'ils difent

avec fidelité ce qu'ils favent de leur
état. Et fi on les affure enfuite qu'ils
n'ont point offenfé Dieu, ou que leurs
fautes font legeres, qu'ils le croyent
avec fimplicité, qu'ils n'omettent rien
de tout ce qu'on trouvera bon de leur
prefcrire ; qu'ils fe fervent de la paix
qu'on leur donne, non pour fe relâ-
cher, mais pour travailler plus fidele.
ment à leur falut; qu'ils pratiquent
tout ce qui peut leur donner de la
confiance en Dieu; qu'ils fe fouvien-
nent en particulier des graces qu'ils en
ont reçues, & furtout qu'ils tâchent
de joindre à une priere continuelle l'ac-
compliffement de leurs devoirs
tant qu'ils en font capables; fe remet-
tant pour le refte entre les mains de
Dicu, & lui demandant pardon de
tout ce qui leur échappe.

au

Pf.24.7

4

V I.

Le confentement à ce qui fe paffe dans l'imagination, fait le peché.

Es perfonnes qui fe troublent que

3

ces vûës qui leur donnent tant de peine font que de pures illufions; & acquiefcer aux avis de ceux qui les affurent que pour n'en recevoir aucun mal; ils n'ont qu'à ne s'y point arrêter, qu'à les méprifer & à les laiffer fans y faire attention. Qu'ils croyent que ces phantômes qui fe forment ainfi dans leur imagination, n'ont aucune force pour porter la corruption dans leur cœur, & ne donnent pas même de frayeur à ceux qui ont reconnu par experience, qu'ils n'ont pas plus de verité & de folidité, que ceux dont nous venons de parler. Il eft vrai que naturellement tout bruit furprend quand il eft extraordinaire, & que nous n'en faurions être frappez, que nous ne le foyons auffi de la crainte de quelque grand mal. Nous craignons la foudre,

nes,

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