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venire ad te; commandez , Seigneur, que j'aille à vous

& Ôtez de mon chemin tout ce qui m'en empêche. Ils n'auroient qu'à lui obéir & à marcher dans la voie où ils sont , pour disliper tous les nuages & les orages qui les épouvantent. Ils n'auroient qu'à fervir Dieu selon la mesure de la grace qu'ils ont reçûe , sans s'étonner des peines qu'ils ont à souffrir : car alors ces peines , ou finiroient, ou ne con-tinueroient que pour contribuer à leur falut.

V.

La soumission à un directeur éclairé

disipe les troubles.

ne

Omme il n'y a rien dans cet état de plus insupportable que

de savoir pas combien on y offense Dieu , & jusques où vont les fautes qu'on y peut faire , rien n'eft li important à ces personnes que

de s'instruire pour sortir de cette ignorance. Ce qui arriveroit , s'ils expofoient sincerement à un directeur ce qui se passe en cux dans ce temps de tenebres ; s'ils renon

,

çoient à leurs propres pensées & à leurs préventions ; s'ils celsoient de s'écouter & s'ils étoient dociles à suivre la lumiere qu'on leur montre ; s'ils avoient soin de se corriger de leurs fautes, surtout de celles qu'ils font foit en donnant lieu à leurs inquiétudes

par trop de réflexions , soit en s'y arrêtant volontairement, soit même en ne résistant pas avec aslez de fidelité aux impresions de crainte & de défiance qui leur viennent dans l'efprit.

On peut assurer ces personnes pour leur confolation, que pourvû qu'ils ne se croyent pas eux-mêmes, & qu'ils suivent les conseils d'un confesseur éclairé, ils n'ont aucun sujet de s'étonner de ce qui se passe dans leur ima. gination. Ils en seroient même bientôt délivrez , s'ils fe regardoient comme ceux à qui , par le moyen de quelque machine, on feroit voir la terre & l'air tout en feu,& lesdemons prêts d'exercer fur eux toute leur fureur. Il n'y a point d'homme, qui croyant tout cela veritable , n'en fût effrayé, & ne fe regardât comme exposé à une mort certaine. Mais si on avoit vû cent fois les mêmes phantômes, sans en avoir

jamais reçû aucun mal; & fi on avoit découvert que toutes ces choses si terribles en apparence ne sont que des feux, des spectres & des demons en peinture , qui n'ont aucune force , & qui ne font peur qu'à ceux qui ne favent pas que tout cela n'est rien ; dès qu'ils paroîtroient on n'en auroit plus peur, & on sortiroit de l'éconnement pour se tenir en repos ; & ce repos qui n'est fondé que sur la confiance en la misericorde de Dieu, s'accorde fort bien avec une crainte sage & discréte de ses redoutables jugemens.

Il est vrai que les personnes qui font fujettes à fe troubler , ne sçauroient s'assurer sur la connoiffance qu'ils ont d'eux-mêmes. Ils fe défient de leurs dispositions , quelque bonnes qu'elles paroissent:& ce seroit fans doute leur causer un nouvel embarras, que de les renvoyer au témoignage de leur conscience. Qu'ils se fervent donc du seul moyen qu'ils ont de se mettre en repos : qu'ils fe confient, comme nous avons déjà dit, à quelque personne éclairée , qu'ils lui ouvrent leur cæur, qu'ils lui fassent voir à découvert tout ce qui s'y passe ; qu'ils croyent qu'on Les entend assez , pourvû qu'ils disent avec fidelité ce qu'ils savent de leur état. Et si on les assure ensuite qu'ils n'ont point offenfe Dieu , ou que leurs fautes sont legeres, qu'ils le croyent avec simplicité, qu'ils n'omettent rien de tout ce qu'on trouvera bon de leur prescrire ; qu'ils se servent de la paix qu'on leur donne, non pour se relâ cher, mais pour travailler plus fidele. ment à leur falut; qu'ils pratiquent tout ce qui peut leur donner de la confiance en Dieu ; qu'ils se souviennent en particulier des graces qu'ils en ont reçûes , & surtout qu'ils tâchent de joindre à une priere continuelle l'accomplissement de leurs devoirs , autant qu'ils en font capables; se remet

tant pour le reste entre les mains de P1.24.7

Dieu, & lui demandant pardon de tout ce qui leur échappe.

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Le consentement à ce qui se passe

dans l'imagination , fait le peché.

nes,

que de

pures illusions

L

Es personnes qui se troublent
ces vûës qui leur donnent tant de pei-

ne font
& acquiescer aux avis de ceux qui
les assurent que pour n'en recevoir
aucun mal; ils n'ont qu'à ne s'y point
arrêter, qu'à les mépriser & à les
laisser fans y faire attention. Qu'ils
croyent que ces phantômes qui se for-
ment ainsi dans leur imagination,
n'ont aucune force pour porter la
corruption dans leur cæur , & ne
donnent pas même de frayeur à ceux
qui ont reconnu par experience , qu'ils
n'ont pas plus de verité & de foli-
dité

, que ceux dont nous venons de
parler. Il est vrai que naturellement
tout bruit surprend quand il est ex-
traordinaire

, & que nous n'en faurions être frappez, que nous ne le foyons aussi de la crainte de quelque grand mal. Nous craignons la foudre,

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