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Romitos. ne sentent comme les grands pecheurs $. 17.4 o la loy du peché qui habite en cux; mais

avec cette difference , que les premiers veillent beaucoup fur eux - mêmes, qu'ils s'efforcent de réfifter à leurs mauvaifes inclinations qu'ils prieno souvent Dieu, qu'ils gémiffent continuellement des maladies de leur ame, & qu'ils fe fervent avec foin & avec une entiere foumission des remedes qu'on leur prescrit, en sorte qu'ils ne tombent point dans de grandes fautes; qu'ils ne font pas long-rems dans cela les où ils tombent , & bien loin d'y Contracter des habitudes, d'y demeurer avec plaisir & de s'y attacher for tement, ils s'en releveno biontâc , its s'en humiliene , & ils les réparent en les puniffánt fur eux-mêmes avec une jaste rigueur. Ils ne font pas fans con cupiscence', mais ils da combatterer & la diminuent journellement. Leur amour propre les rend encore foie bles ; cette foiblesse lour empêche de

faire le bien aussi parfaitement qu'ils Rom. 7. Foudroient , & leur fait faire le mat

qu'ils voudroient ne point faire ; mais leur volonté fe fortifie peu à peu dans te bien & contre le mal. Leur con voitise est un poids qui les fait four

Verir tomber ; mais par la mifericorde de Dieu leurs chûtes ne font

pas mortelles , & par le fecours de la grace ils s'en relevent bientôt.

2. Nous devons gémir de tant de miseres qui nous environnent ; & en même tems ce nous doit être une grande confolation de favoir que J. Matth.gr C. est venu pour les pechqurs & non 1. Tim. pour les justes , & que Dieu veut ". Isa bien nous fauver quelque foibles & imparfaits que nous soyons: mais cets te bonté & cette misericorde , fi nous en avons une jufte idée, bien loin de favorifer notre parelle, & de nous dif penser de travailler ferieusement à notre fàlut , nous ôtera la hardieffe que beaucoup de pecheurs prennent

d'offenfer Dieu, dans la fausfe confiance qu'ils ont de fes mifericordes, fans confiderer qu'une fi mauvaise disposition est un obstacle aux graces de Dieu.

3. Nous devons être perfuadez que quand même-nous aurions beaucoup de vertu, nous ne saurions nous fais ver fi nous ne fommes vigilans à combattre nos imperfections, fi nous ne tâchons d'avancer dans la voie étroi: te , fi nous ne haïssons & fi nous ne fuïons les moindres fautes , & fi nous

ne tâchons continuellement à nous ex purifier ; c'est ce que faint Augustin

nous apprend dans son commentaire Pl. 148. des pfeaumes sur ces paroles, Imper

fe&tum meum viderunt oculi tui & in libro tuo omnes fcribentur.

4. Si nous sommes en cette maniere fideles à la grace de Dieu , c'est alors que nous pouvons mettre notre con fiance en la bonté & en fa misericorde , quoique nous commettions en core beaucoup de fautes; & bien loia de nous en décourager , nous devons esperet que si nous nous en humilions comme il faut , elles contribueront à accomplir les desseins que Dieu a fur nous ; car souvent pour arrêter notre orgueil, pour nous humilier & pour nous convaincre que ce n'est que par la grace que nous sommes devenus vi&orieux des grands pechez, JesusChrist nous laisse plusieurs années & quelquefois toute notre vie dans des fautes qui semblent faciles à corriger, & dont nous ne nous corrigeons pourtant jamais; afin que l'experience de notre foiblesse nous contraigne d'avoir secours au medecin tout-puissant.

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CHAPITRE X II. Les tenebres oši font encore les saints,

n'empêchent pas qu'ils ne soient des enfans de lumiere; do le peché qui habite en eux n'empêche pas qu'ils ne foient veritablement justes.

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Eux mêmes qui par la miseri

corde de Dieu ont une veritas ble pieté & qui marchent dans la lumiere , ne

font

pas toujours assez fidea les à Dieu pour ne s'éloigner jamais de lui, comme nous venons de voir. Ils pechent en ne résistant pas assez fortement à leur convoitise ; ils s'aveuglent en s'appliquant trop aux objers que leur pallion leur présente, & ils s'occupent quelquefois avec tant d'emprellement à des choses non nécessaires , qu'ils oublient une partie de leurs devoirs.

Quand leurs yeux perdent ainsi la vûë de la verité, il n'est étrange qu'ils se trouvent dans les teniebres & qu'ils fassent des æuvres de tenebres ; mais leur bonheur, c'est que Dicu les rappelle bientôt à lui,

pas

c'est qu'ils ne vont pas bien loin fans retourner sur leurs pas , car ils one pour regle & pour pratique de rentrer souvent dans leur cæur , de prier, de gémir , de fe representer l'horreur du peché, l'approche de la mort, les jugemens terribles

, de Dieu , & tout ce qui peut davantage fervir à les faitc fortir de leur affoupissement.

La juste crainte qu'ils ont des t'enebres dont ils fe voyent encore en

vironnez, les presse de demander tous Pf. 12.4. les jours à Jesus-Christ qu'il éclaire

leurs yeux, & de le demander instam ment jusques à ce qu'ils obtiennent cette grace.

On peut dire que les tenebres de ceux qui vivent ainsi, n'empêchent pas qu'ils ne foient des enfans de la miere ; s'ils tombent quelquefois dans des fautes d'ignorance, leurs yeux ne s'obfcurcissent que parce qu'ils ne

affez

pour prendre garde à tous les pas qu'ils font ; mais ils fe relevent bientôt, plus éclairez, plus humbles & plus forts qu'ils n'étoient avant leur chûte : car c'est l'usage que les veritables chrétiens font de leurs fautes.

3. On peut dire de même, qu'en

veillent pas

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