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VII. Abus de

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ce

ment, ou l'Imitation de JESUS-CHRIST.

Je souhaiterois qu'on pût justified l'Oraison des aussi aisément la simplicité des per- . trente jours. sonnes qui ont recours à l'Obfecro te,

& à l'Oraison de trente jours, pour favoir l'heure de leur mort, ou pour obtenir tout ce qu'elles desirent, pour. vû qu'on dise durant trente jours cette priere, où l'on a marqué le lieu précis de la demande : Demandez, qu'il vous plaira. Il est fâcheux que de telles prieres s'impriment tous les jours avec privilege', pour passer entre les mains de tout le monde. Il est visible que c'est renter Dieu , que de prétendre qu'il nous doit révéler ce, que nous souhaitons , lorsque nous aurons répété une Oraison un certain nombre de fois ; & qu'il y a lieu de dire aux personnes qui recourent à

cette pratique , ou qui l'autorisent, Iudith. 8. ce que Judith reprochá aux Anciens

de Bethulie, qui attendoient le seçours de Dieu en cinq jours. Qui êtesvous, pour tenter ainsi le Seigneur ? Ce n'est pas là le moyen d'attirer sa miséricorde, mais plûtôt d'exciter sa colere, & d'allumer sa fureur. Vous avez prescrit à Dieu le terme de la miséricorde, selon qu'il vous a plû,

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& vous lui en avez marqué le jour. Qui eftis vos qui tentatis Dominum?

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De la coutume de faire jurer dans les

Eglises, ou sur les saintes Reliques , pour découvrir les parjures, & les autres criminels. Superstition des grands Hommes sur ce point. Introduction des Duels pour connoître la bonne cause, & les faux témoins.

I, Sermens sur les Relia

P Mais couvrir les

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E plus ancien usage d'examiner

la vérité d'un fait, lorsqu'on manquoit de témoins & de . étoit de recourir au .

taits cachési parcequ'on craignoit qu'on ne se parjurât, on alloit, autant qu'il étoit poslīble , en des lieux où il se faisoię des miracles. Durant les six premiers siecles de l'Eglise , il s'en faisoit en beaucoup d'endroits pour punir les parjures. Véritablement Dieu qui est partout , dit S. Augustin, peut aussi par-tour opérer des miracles ; mais il ne les opere pas par-tout, parce. qu'il distribue les graces comme il lui plaît.

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IL S. Auguftin renvoya à cette épreuS. Auguftin teack aces

ve deux personnes de son Monastere, * épreuve. c'est-à-dire, des Clercs de son Sémi

naire , parcequ'il ne pouvoit s'assurer d'un fait dont ils se chargeoient mutuellement. Le Prêtre Boniface avoit accusé d'un crime un Clerc nommé Espérance : & celui-ci dit au contraire que Boniface avoit commis la faute. Comme il n'y avoit point de preuve, & que le Clerc demandoit d'être avancé aux Ordres, ou que, s'il en étoit éloigné, le Prêtre fut suspendu de son ministere, S. Augustin manquant

de

preuve pour terminer ce différend, qui l'affligeoit très-senliblement, permit qu'ils allafsent purger leurs consciences par le ferment en quelqu'un de ces endroits où Dieu faisoit des miracles terribles contre les parjures: * Elegi aliquid medium , ut certo Placito se ambo conftringerent ad locum sanctum se perrecturos, ubi terribiliora opera Dei non sanam cujuscumque conscientiam multò faciliùs aperirent , ad confessionem vel pæna, vel timore compellerent. Il choisir le Tombeau de S. Felix à Nole, d'où il pouvoit avoir facilement des nouvelles de ce qui arriveroit au Prêtre & au Clerc ; & ce

Saint

* Ep. 78. Num. 3•

مول

* Ibid. pag

saint Docteur nous apprend en mê-
me temps qu'à Milan un voleur , qui
se parjura pour cacher son vol, avoit
fe
été contraint de l'avouer; mais qu'en
Afrique il n'y avoit point de Tombeau
où il se fît de ces fortes de miracles,
parceque Dieu ne faisoit pas les mê-
mes graces à tous les Saints. Multis
enim notiffima eft Sanctitas toci uhi beati 184
Felicis Nolensis corpus conditum eft , quo
volui ut pergerent ; quia inde nobis faci-
liùs fideliùsque scribi potest quidquid in
eorum aliquo divinitùs fuerit propalatum.
Nam & nos novimus Mediolani, apud
memoriam Sanctorum, ubi mirabiliter
terribiliter Dæmones confitentur , furem
quemdam, qui ad eam locum venerat ut
falsum jurando deciperet, compulsun
fuiffe confiteri furtum, & quod abstulerat
reddere. Nunquid non & Africa Sancto.
rum Martyrum corporibus plena est? Et
tamen nusquam híc fcimus tatia fieri. Si-
cut enim , quod Apostolus dicit , non om-
nes Sancti habent dona curationum , nec
omnes habent dijudicationem fpirituum :
ita nec in omnibus memoriis Sanctorum
ifta fieri voluit ille qui dividit propria
unicuique prout vult.
S. Gregoire le Grand dit en gé-

itt. néral, que les parjures étoient punis L'ulage eft Tome II.

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CA

Gior.

Mart. 6.39

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Italie, & dans * lorsqu'ils venoient jurer sur le Tomles Gaules. beau des Martyrs ; & $ Gregoire de * Homil. 32. Tours dit en particulier du Tombeau in Evangel.

de S.Pancrace auprès deRome, qu'il s'y faisoit des miracles contre les parjures.

C'étoit un usage assez commun dans les Gaules qu'on allât jurer dans les Eglises ; mais on ne voyoit pas toujours que les parjures y fussent punis. Il paroît au contraire qu'il y avoit des malheureux qui commettoient effrontément des crimes, dans l'espérance de fe purger par le serment dans une Eglise: Gregoire de Tours parle d'un scélérat, qui osant ainsi se parjarer fut une fois obligé d'avouer son crime dès qu'il entra dans l'Eglise. *

Alius verò, qui plerumque in furtis di* S. Greg. verfisque sceleribus commixtus pejerare Hil. Franc. consueverat , cùm aliquando à quibusdam

'
pro furto argueretur, ait : Ibo ad bafilicam
beati Martini, & Sacramentis me exuens
innocens 'reddar. Quo ingrediente , elap-
fa fecuri de manu ėjus;ad oftium ruit gra-
vi cordis dolore perculfus : confeffusque eft
miser verbis propriis que venerat excufare
perjuriis.

Dans le même endroit il est parlé d'un Incendiaire, qui osa venir à S. Martin pour jurer qu'il n'avoit pas

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lib. 8. 6. 16.

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