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brûlé une maison, quoique le crime
fût affez connu * :Vadam , dit-il,

ad
Templum Sancti Martini , & fide data *Ibid,
infons rediturus ero ab hoc crimine. Le
même Saint Gregoire , qui croyoit

,
qu'il l'avoit brûlée, tâcha de l'inti-
mider; & enfin pour punir sa faute :
eh bien, lui dit-il , fi une vaine con-

fiance te fait croire que Dieu & les
Saints ne punissent pas les parjures ,
te voilà devant le Saint Temple , jure
comme tu voudras ; car je ne permet-
trai pas que tu y entres. Alors ce
malheureux levant les mains jura par
le Dieu tout-puissant, & par la vertu
de S. Martin , qu'il n'avoit pas brûlé

,
la maison ;& tout à coup il se vir en-

:
touré.de feu, se renversa par terre; &
cria que S. Martin le brûloit : il expira
en rendant ce témoignage.

* Tamen fi ita te vana fiducia cepit , quòd Deus
vel San&i ejus in perjuriis non ulciscantur, ecce Tem-
plum sanctum, è contra jurą ut libet Nam calcare
limen sacruin non permitceris. At ille elevatis mani.
bus ait: Per omnipotentem Deum & virtutem Beari
Martini antistitiş ejus , juro quia hoc incendium non
admisi. Daçis ita facramentis , dum recederet , visum
• elt ei qualirab igne circumdari: & ftatim ruens in

terram, clamare cæpit (e à Beato Aniitilte velieinentec
exuri. Aiebat enim miser : Tettor Deum, quia cgo
vidi ignem de cælo cadere , qui me circumdans vali.
dis vaporibus conflat : & dum, hæc diceret, spiritum
exhalavit. Multis hæc causa documentum fuit, ne in
• koc loco audeţcac ulteriùs pejerare. Ibid. 390.

*

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:

au

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IV.

Quelquefois la punition n'arrivoit que quelque temps après le parjure.

Le même Gregoire de Tours dit, * Concor. Chap.40. du même Livre, qu'un mćdance des

chant homme qu'il avoit été obligé Temps.

d'excommunier, n'ayant jamais pû le i gagner , voulut fe

purger d'un crime par ferment avec douze de ses amis. Le Saint Evêque permit seulement à ce malheureux de jurer:c'étoit alors

le premier mois, c'est-à-dire, le mois Enumération de Mars ( comme nous le montrerons des Eglises où ces miracles ailleurs ) * & au commencement du étoient opé. cinquieme mois, c'est-à-dire,de Juil

let , lors qu'on fauche les prez, il fut frappé de mort; & ce qui est plus surprenant, le tombeau qu'il s'étoit fait faire dans l'Eglise de S. Martin fut trouvé en pieces.

Communément on s'attendoit à voir la punition sur le champ. Il y avoit un grand nombre de Villes en France ou se faisoient ces fortes de miracles. Nous nous contenterons d'en marquer ici quelques-unes avec Grégoire de Tours : dans l'Eglise de la Sainte

Vierge,& de Saint Jean-Bapriste à Tours. Lib. 1. de Glor. Marrum, ap. 20. dans l'Eglise de S. Erienne à Bourges , cap. 33. à Châlons sur

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.

*

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Saône, dans l'Eglise de S. Marcel, cap.
53. à Alby, au Tombeau de S.Eugene,
cap. 58. à Iserre auprès de Tours, cap.
59. auprès de Tarbes en Bigorre, dans
l'Eglise de Saint Genest , cap. 74. au
Tombeau de Saint Mitre, à Aix en
Provence,de Gloria Conf.cap. 71. On
voit aussi de semblables exemples
parmi les miracles de Saint Julien , ron. Mir?

* Greg. Tuo as chap. 17. 19. 39. * Nous pourrions Mart. lib. zo en citer plusieurs autres tirés de la vie de Saint Eloi par Saint Ou:n , Liv.2 chap. 56. de la vie de Saint Nilier de Lyon, de Saint Prix ou Prejet , num. 20. Mais nous n'y apprendrions rien de plus particulier. Nous voyons seulement, dans tous ces endroits, que Dieu pour relever la gloire des Saints, & pour récompenser la foi de quel ques personnes pieuses,punissoit sur le champles parjures,& faisoit reconnoître miraculeuseinent l'innocence de ceux qui étoient injustement acculés..

Mais comme ces fortes de miracles Superstition n'arrivoient pas nécessairement , n'é- l'afage

. On tant pas fondés sur la promesse de jure à faux Dieu, c'étoit un mal d'en faire une les yuides. pratique commune, & de prétendre qu'en jurant sur les saintes Reliques Les parjures seroient punis. De-là vin

V.

& abus dans

sur des Chal

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rent des usages superstitieux & plu-freurs abus. Quelques-uns ufoiene dei tromperie, jurant sur des Chasses d'où i ils tiroient les Reliques ; prétendant enfuite qu'ils n'étoient pas tenus à leur ferment , parceque les Chasses étoient vuides.

Les Continuateurs de la Chronique de Fredegaire accusent d'une pareille faute deux grands Evêques, Agil. bert & Saint Reol de Rheims; car ilsdisent qu'Ebroïm envoya ces deux Evêques vers le Due Martin , pour l'engager à sortir de Laon par un serment qui ne pûr lui servir de rien, étant fait sur des Chasses fans Reliques. Marcin , qui ne se défoit pas

. de la tromperie , fortit de Laon pour aller à Ecry où il fut tué. *

Le Pere le Cointe, sur la fin du troisieme Tome, l'an 680. ne peut croire ces Evêques capables d'avoir fait un tel serment; mais on ne trouve

* Martinus ideoque Lugduno Clavato ingressus, te infra muros ipsius urbis :hunivit: perfecurusque eum : Ebruinus veniens Erchreco villa , ad Lugdunum-Cla.. vatum nunt o dirigit , Ægilbertum, ac Reulum Re. menfis urbis Episcopum, ut fide promifsa-in incertum super vacuas capsas sacramenta falsa dederent , qua in re ille , credens eos à Lugduno-Clavaro egressus cum fodalibus at soeiis ad Erchrecum veniens, illuc cum fuis omnibus interfe&us eft.Duchefir ,tom. 1. apud Greg. Tær. pag. 667. nov. Edit.

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VI.

que

pas

des preuves suffisantes, qui montrent lo fausseté du fait. Il vaut peutêtre mieux dire que les Saints ont fait quelquefois des fautes , & qu’on se laissoit éblouir alors jusqu'à croire que les fermens qu'on devoit faire sur les Saintes Reliques n'obligeoient point, lors qu'ils étoient faits sur des Challes vuides.

Simplicité C'est apparemment dans la même du kui Roidée que le Roi Robert, craignant

les faux fermens faits sur les Reliques ne nunissent à ses sujets, fit

à faire une Challe de cristal bordée d'or, sans y enferiner aucune Relique. Les Grands du Royaume juroient sur cette Chasse, sans être avertis de la pieuse fraude de ce bon Roi. Il fit faire un autre Reliquaire pour faire jurer les Roturiers, dans lequel, au lieu de Reliques , il ne fit enfermer que l'æuf d'un certain oiseau ex- Elgaldus ap. traordinaire, Fecerat unum phylacte- duci jne, tom. rium olocristallinum , in gyro auro puro 4. pag. 66. adornatum , absque alicujus Sancti pi

, gnorum inclusione : super quod jurabant sui primates bac piu fraude nesiii : aliud quogue juffit parari , in quo pofuit om cujusdam avis que vocatur grippis , fuper quod minùs potentes & rusticos iurare os cipiebat.

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Gilij

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