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VII.

mi

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Cette fimplicité, qui supposoit que

les fermens ne pouvoient nuire que ka superstition augmen: lorsqu'ils étoient faits sur de faintes facles devien. Reliques, étoit une superstition. Soupent plus ra- vent il n'arrivoit aucun mal extérieur stes.

à ceux qui se parjuroient sur les Reli-
ques ; & quelquefois les parjures.
étoient frappés de mort , quoiqu'ils
n'euflent pas étendu leurs mains sur
des Challes. Le Concile de Meaux
en 845. fait assez entendre que ceux
qui se parjuroient sur les reliques
n'étoient ordinairement possédés du
Démon qu'intérieurement. Tantum
namque hoc malum eft , ut ad Sanctuaria
Martyrum , ubi diversorum agritudines
Sanantur , ibi perjuri , licèt manifeftè ina
terdum vexari non videantur , justo Dei
judicio à Dæmonibus arripiantur. D'au-
tres au contraire , après
ce Concile , portoient sur le champ
la peine du parjure qu'ils faisoient
seulement devant une Eglise, ou un
Tombeau, fansmettre la main sur
les Reliques ; ainsi qu'on le voit dans
Guillaume de Malmsbery, & dans

Baronius l'an 924Origine des Quelques exemples de cette natufaux ires, & re faisoieni croire à des gens simples, mens au XI. qu'il en arriveroit toujours de même

le

temps de

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VIII.

des faux ser

we in

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* Golda".

1.

aux parjures, comme si Dieu devoit à tous momens faire des miracles ; & ceux qui avoient peu de religion, sachant

que ces exemples étoient rares, ne craignoient pas de se parjurer , pour le procurer quelque avantage temporel. C'est ce qui donna lieu tant de faux actes & de faux fermens au X. & XI. siecles; * car lorsqu'un homme produisoit un faux acte pour Consuet. Iw.peo

In.pear

rial legum. ôter une terre à quelqu'un, le pollel-Longch. seur avoit beau représenter que le tit. 35.. titre étoit faux; il perdoit fa terre, G le faussaire juroit sur les saints Evangiles qu'il n'y avoit point de falsification dans le titre. L'Empereur Othon, se trouvanr au Concile de Rome fous le Pape Jean XIII.condamna cer usage , & l'abolit par une nouvelle Loi: mais ce Prince, qui ôta le mal que causoient les fermens, en défendant d'y ajoûter foi, ne voulut

pas qu'on se défiât de la vérité d'un fait, lorfqu'il étoit prouvé par le serment &

& par le duel: Sc'est pourquoi aganten, s. Apud B2voyé des Ambassadeurs à Rome,pout

ron, an. 963.: se purger des crimes qu'on lui avoit impures, il déclara que G le Pape ne fe contentoit pas du ferment;

,

sesi Ambaladeurs prouveroient son in

fe

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119.

Muf

. It:1. nocence par le duel. Sous le Pape GreTom. , pay, goire VII. & l'Empereur Othon III. Bened.com. v. Hugues, Abbé de Farfe, refusa de

v.

payer une pension, que l'Eglise de Rome vouloit exiger de son Abbaye. Il soutint qu'à la réferve de la confécration, le Pape n'avoit aucun domaine sur le Monastere. Ut Pontifex Romanus nullum dominium in jure ipfius Monafterii haberet , exceptâ confecratiome. Les Prêtres de Rome nioient ce privilege ; & l’Avocat de l'Abbé répondit qu'on étoit prêt de le prouver par le duel, & par les autres preuves : Infuper per pugnam,& per testimozia.

C'est ici une autre fuperftition qui On ajoûte

à trompé beaucoup de personnes dumiere Loi sur rant plufieurs fiecles. On fe perfuae poiss.

doit que quand le duel étoit joint au fernient, la caufe n'étoit plus douteuife ; & que celui qui disoit vrai, & qui avoit bon droit, devoit toujours fe trouver le plus fort dans le combat. Sur la fin du V. fiecle, Gondebaud, Arien de Secte, & Roi des Bonrgaignons, fir mertre par écrit la Loi qui porte son nom, Lex Gondebada, Lex Burgundionum; & il ordonna dans cette Loi qu'un Bourguignon ne fe

IX.

le duel au ferment. Pre

sur

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X.
Le duel re

soit jamais jugé sur le ferment de qui que ce soit; mais que s'il étoit soupçonné de quelque crime , il se purgeroit par le jugement de Dieu , par le ferment , ou par le duel. Saint Avi. tus de Vienne ', * qui travailla inuci

* Apud A. Lement à la conversion de ce Prince, gobard. 1. 1. ne put faire changer certe Loi;& elle pag. 120.

& fubfifta même après la conyersion de Sigismond, -Fils de Gondebaud. Au contraire les François , les Allemans & les Lombards firent. des Loix toutes semblables en ce point.

On voit dans Gregoire de Tours, que Guntchram-Boson demanda au gardé comme Roi Gontran l'épreuve du duel qu'il le jugement appelloic le jugement de Dieu : Ponens hoc in Dei judicio , ut ille discernat , cum Hift. Franc.

Greg. Tur. nos in unius campi planitie viderit dimi- lib. 7. 6. 14. care. Cette épreuve est aussi appellée le jugement de Dieu dans Fredegaire. Jungamus ad prælium, à Domino judice

Cap.25. mur. Le même Auteur nous apprend qu'on recouroit même au duel, pour juger de l'innocence d'une tierce personne. La Reine Gundeberge, Sæur du Roi Clotaire, étant accusée d'avoir voulu empoisonner le Roi Charoaldus fon Epoux, on convint que deux hommes se baţrroient, l'un pour

de Dieu.

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le Roi , pour

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XI:

la Reine, l'autre pour le Roi

favoir si elle étoit coupable, ou non :. Idem cup. Ut judịcio Dei his duobus confligentibus: S.p.679.

cognofcatur , utrum hujus culpæ reputationis Gundeberga fit- innoxia', an fortasse. culpabilis. L'homme de Charoaldus, fut vaincu & par conséquent Guns deberge déclarée innocente..

L'Eglise a souvent condamné ces,

. Jaires de Fran: épreuves : cependant elle-les toléroit ce autorisent alors dans les causes civiles., Les Cacette croyan pitulaires de France, dressés ordinai

rement par les Evêques, & recueillis par l'Abbé Ansegife

Ansegife . rapportent la Loi, de fulfis teftibus convincendis , qui ordonne qu'on découvrira les faux: fermens', ou les faux témoins duel. Si l'on juroit de part & d'autre, & qu'on ne pût savoir quels étoient ceux qui disoient vrai, on choisiffois deux hommes qui dévoient se battres. un pour chaque parti opposé : & l'on comptoit. fi- fort sur cette épreuve, que le. Champion qui étoit vaincu. étoit condamné à avoir la main coupée-, & tous ceux de fon parti obligés

par le

ay racheter la leur ; comme faux téa. Cronlli.4.

meios. Oòd iftombe partes teftium itu ister fe diffkjørint;ud nullatenus una paras Harrisedere velit eligantar digex ipfis

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