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VI.

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,

pour

de Glor. Conf.

C. 14.

Communion par les mains de ce cc bien-heureux Patriarche , & rendit os à Dieu la gloire qui lui étoit dûe. »

Gregoire de Tours apprit d'un témoin oculaire un exemple assez sem- Des Catho blable, qui confirma plusieurs Catholiques, met liques dans la Foi. Un Orthodoxe, 'ne dans le feu & pouvant convaincre un Hététique par dieres d'eau les plus fortes raisons, voulut le per- bouillante. suader par un miracle. Il jetta fon án- caincre les neau dans un grand brasier, où il de- Hérétiques. vint auslī rouge qu'un charbon de feu; Gres. Tur. & Te tournant vers l'Hérētique , lui dit : fi votre croyance est véritable, tirez cer anneau du feu. L'Hététique n'ola faire l'essai ; & le Catholique, après avoir fait sa priere à Dieu pour demander la protection, & fa confirmation de sa foi , prit l'anneau dans le feu , & le garda long-temps dans sa inain sans en être incoinmodé.

Le même Auteur rapporte une pa- Idem de Glor. . reille dispute entre un Prêtre Arien & Mart. lib. i. un Diacre Catholique , où l'on denanda encore une décision miraculeuse. On alluma du feu dans une place publique , & faisant bouillié de i'eau dans une chaudiere, on convint qu'on y jetteroit un anneau , & que le Catholique & l'Hététique,qui dis

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puroient, enforceroient lebras nud dans la chaudiere d'eau bouillante, pour y chercher l'anneau dans le fond. Après quelques contestations, pour savoir qui le premier devoit faire l'expérience, un Diacre de Ravenne, Catholique zélé, voyant que l'Arien insultoit au Catholique, à cause que par timidité il avoit frotté le bras d'huile & d'onguent , plongea luimême son bras dans l'eau bouillante, & y chercha durant près d'une heure

y l'anneau qu'il en retira enfin sans se brûler. L’Arien ctut qu'il pourroit faire la même chose : il enfonça lon bras dans la chaudiere;& sur le champ toutes ses chairs furent consumées jusqu'aux os.

Ce que fit le Diacre de Ravenne Reliques semble montrer que ces épreuves n'ééprouvées pas toient pas inconnues en Italie. Il y

a d'autres exemples de cette nature dans Gregoire de Tours ; & ces experiences qui avoient souvent réusti pour prouver la vraie foi, donnerenc sans doute lieu de croire qu'on poutroit ainsi éprouver les Reliques. Plusieurs Catholiques, craignant que les Ariens qui se convertissoient ne fiffent passer les Reliques de quelques Hé

rétiques

VII.

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* .

VIII.

rétiques pour de vraies Reliques de
Saints, demanderent qu'on les éprou-
vâc par le feu Le Concile de Saragolle,
tenu en 592. ordonna que les Reli-
ques seroient aussi éprouvées,& qu'on
n'honoreroit que celles que le feu
auroit respectées. Cette cérémonie
étoit accompagnée de plusieurs prie-
res, qui se trouvent dans un ancien
Manulcrit de S. Remi de Reims), j&
que le R. P. Ruinart a fait imprimer à
la fin de la belle édition de *Gregoi- * Col. 1366.
re de Tours qu'il a donnée au public.
Ces merveilles furent peut-être aus-

Les épreu.
fi cause que les François Chrétiens
ne furent pas surpris de trouver dans chaud , pour
les Loix des Frisons, des Ripuariens, innocens des
& des autres peuples qui leur devin-coupables,

admises dans tent soumis , qu'on exanıinoit par les Loix des ces épreuves les personnes accusées François. de crime. Dans une addition

que

les Rois Childebert & Clotaire firent en $93. à la Loi Salique , il est dit qu'un homme accusé de volen sera jugé coupable s'il se brûle à l'épreuve du feu.* Si homo ingenuus , in furto inculpatus , Tom. s.p.15. ad aneum provocatus manum incenderit, quantum inculpatur furtum componat.

En 630. sous le Roi Dagobert,après la Préface qui précede les Loix des

Tome II.

ves du fer

difcerner les

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* Capie.

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Allemans, des Bavarois, & des Rio puariens , où il est dit qu’on réforme leurs Loix, autant qu'il est possible, sur celles du Christianisme, on reçoit cette Loi des Ripuariens, qui porte que si quelqu'un est cité devant un Juge pour répondre de la faute de son lerviteur, il sera jugé coupable fi la main de fon serviteur est endommagée par le feu. $ Si fervus in ignem manum miserit , & lafam tulerit, Dominus ejus , ficut lex continet, de furto servi culpabilis judicetur.

La Loi 31. des Ripuariens, num. 5. veut encore qu'un homme qui seroit obligé de répondre pour une personne qui auroit pris la fuite prouve son innocence par le feu. Quòd fi in Provincia Ripuaria juratores invenire non potuerit , ad ignem , seu ad fortem se excufare studeat.

Au huitieme siecle, les Lombards, dont les Loix avoient été mises par écrit au septieme, vaincus par

Charleinagne, répandirent de nouveau ces usages. Ils devinrent fort communs à la fin du huitieme fiecle, &au commencement du neuvieme. Charlemagne voulut qu'on y ajoûtât foi;& il fit pour cela ce Capitulaire en 808. Ut omnes judicio Dei credant absque dubitatione.

Plusieurs motifs porterent ce grand Empereur à recevoir ces usages. Le premier , parceque c'étoit un moyen d'empêcher plusieurs crimes qui pou. voient être découverts par ces épreuves, & qu'il étoit difficile d'arrêter & d'intimider par d'autres voies ces Nations barbares. Le second, que ces épreuves réuffiffant ordinairement , & ne servant qu'à faire punir les coupables, & à sauver les innocens,plusieurs croyoient que Dieu devoit sans doute s'en mêler, & qu'il faisoit dans la Religion Catholique ce qui se faisoit auparavant par luperftition chez les Ripuariens & les Lombards.

Louis le Débonnaire entra dans les mêmes sentimens que son Pere ; car en l'an 819. il ordonna, pag. 598. que le serviteur qui,examiné par l'eau bouillante , fe brûleroit , feroit mis à mort. Si proprius servus hoc commiserit, judicio aqua ferventis examinetur , utrum hoc fpontè an se defendendo fecisset; & fi manus ejus exust a fuerit,interficiatur,

Agobard, Archevêque de Lyon , Agobard ne regarda pas ces épreuves comme ces Loix &

Hij

ces usages.

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IX

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