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ofe:2 .

T. 1.

01.

quelque chose d'indifférent. Il les crud

injurieuses à Dieu & à la Religion, & Agobard. il composa un Traité intitulé : * Cono edit Balustra damnabilem opinionem put antium di

vini judicii veritatem , igne, vel aquis, vel confliktu arinorum patefieri. Il se récrie d'abord contre le nom de jugement de Dieu qu'on a osé donner à ces épreuves, comme si Dieu les avoit ordonnées, ou s'il devoit servir à nos volontés, pour nous révéler tout ce qu'il nous plaît de savoir. Où est-ce,

dit-il, que Dieu a conseillé ou or8 Idem. p.

donné ces pratiques ? Q. Mitte unum
de tuis qui congrediatur mecum fingulari
certamine , & probet me reum tibi effe, ja
occiderit : aut certè, jube ferrum, vel
aquas calefieri, quas manibus illasus at-
trectem. Aut constitue cruces ,
stans immobilis perseverem.

En second lieu , c'est une grande témérité de vouloir pénétrer dans les

secrets jugemens de Dieu ; l'Ecriture 1:35.

nous disant si souvent que ses volon

tés sont impénétrables. * Hæc, dit-il, 306,

pie, humiliter confiderantibus apparet non
posse cadibus, ferro , vel aqua occultas de
latentes res inveniri. Nam, fi poffent
ubi essent occulta Dei judicia?
La troisieme raison eft

que

fi les

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ad quas

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*

* Idem. pag.

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fairs cachés devoient être découverts par ces épreuves , la sagesse, l'expérience, & la prudence des hommes ne feroient plus d'usage dans le monde, & il ne faudroit plus ni Juges, ni Magistrats.

H est vraisemblable que les raifons d’Agobard firent quelque impression fur l'esprit de Louis le Débonnaire ; car l'année même que ce Traité fut coinpofé, en 828. il confulta tous les Evêques du Royaume touchant une semblable épreuve de l'eau froide , dont nous parlerons plus bas, & la condamna l'année suivante. Cependant celles du fer chaud & de l'eau bouillante recommence- Célebre ex. rent bien-tôt après ; & l'on fait l'éclat l'eau chaude,

périence de que fit en 860, celle de la Reine pour justifier

la reine Thieta Thierberge à l'égard du Roi Lothaire

berge. Traité fon Epoux. Lothaire vouloit rompre

d'Hincmar

sur ce point. le mariage. Il accufa Thierberge d'avoir commis un horrible inceste avec fon frere. * Elle nia d'abord le fa t,& prouva son innocence par un homme qui fit pour

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elle l'épreuve de l’eati * Quæ ipsa denegins , probationis auctore , relti. busque deficienribuis, judicio licorum nobilium & confulcu Episcoporum, atque iplius Regis consensu , vicarius ejusdem fæminæ ad judiciu n aquæ ferven. tis exiit ; & poltquam inco&us fucratip! !

percus,

bouillante sans se brûler.Cette épreuve fut faite solemnellement avec le consentement du Roi, & l'avis des Evêques, & de plusieurs personnes de qualité : sur quoi Thieiberge fut rétablie en grace.

Lothaire trouva pourtant le moyen de faire déclarer Thietberge coupable, après lui avoir fait avouer ce crime , & gagna quelques Evêques en 862. qui la condamnerent au Concile d'Aix la Chapelle. Hincmar fut consulté

savoir si l'on s'en devoit tenir à l'épreuve , ou à la confefsion qu'on avoit extorquée de la Reine ; & cela lui donna lieu de faire le Traité qui a pour titre : De divortia Lotharii & Tetberge, qu'il adresse au Roi, aux Evêques & à toute l'Eglise. On voit dans cet ouvrage qu'on étoit fort partagé sur ce point, & que plufeurs croyoient qu'il ne falloit point s'arrêter à l'épreuve de l'eau bouillante ; parceque c'étoient-là des inventions purement humaines, dans lesquelles on mêloit souvent des maléfices, pour confondre le vrai & le cadem fæmina maritali thoro.ac conju io regio.de Greto quo suspensa fuerat, est etiam religruta Apud Hinimarum de Div. Loth. ® Tetb.p. 102.6303. fut edit., Cordes , ex Siond.rm pag.568.

pour

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faux. * Quoniam quidam dicunt nullius

* Ibid. In

terrogatio vs. esse auctoritatis, five credulitatis , judicium quod fieri solet per aquam calidam five frigidam, neque per ferrum calidum; sed adinventiones sunt humani arbitrii , in quibus fæpissimè per maleficia falsitas locuin abtinet veritatis : ideò credenda effe non debent.

Hincmar au contraire fut d'avis qu'il falloit s'en tenir à ces sortes d'épreuves. Il tâche de le prouver par divers exemples de l'Ecriture , & il cite plusieurs personnes d'esprit, qui, n'étant pas tout-à-faic de fon sentiment , ne révoquoient pas en doure que l'épreuve de l'eau bouillante ne fìt discerner les coupables d'avec les innocens, en brûlant les premiers , & épargnant les autres ; par cette raison dont ils se contentoient un peu trop facilement :

que les justes de voient être préservés du feu, comme l'avoient été Loth, & les enfans de la fournaise.

Cependant Hincmar, ni ces autres personnes d'esprit ne croyoient qu'on dît recourir à ces sortes d'é- les sentimens preuves, pour la décision des difficul- par le feu. Jutés & des doutes qu'on pourroit résou- Savans fur la dre

XI. Gottescale veut piouver

des

par d'autres voies. Peu d'années confiance.

gement

après ces disputes , tout le monde
trouva fort mauvais que le Moine
Gortescalc, après avoir été condam-

par

les Evêques, & enfermé durant long-temps, eût osé demander la permission de prouver ses sentimens par l'épreuve du feu. Il prétendoit entrer dans quatre tonneaux pleins d'eau bouillante, d'huile, & de poix, & passer ensuite dans un grand feu fans le brûler. Il fouhaitoit de faire cette expérience en présence du Roi, des Evêques, des Clercs, des Moines , & de tout le peuple , ainsi qu'il

l'exprime dans la seconde Confeflion Apud. Vser. de Foi. Utinam placeret .... coram unHift . Godefi

. dique electa populorum te timentium mul

situdine , presente etiam istius regni prinсіре , cum Pontificum eo Sacerdotum , Monachorum , seu Canonicorum venerabili fimul agmine , concederetur mihi, fi secùs hanc Catholicæ fidei de predestinatione tua veritatem nollent recipere , ut isto quo dicturi sumus , favente tua gratiâ, id approbarem cernentibus cunctis examine. Ut videlicet quatuor doliis uno poft unum pofitis , atque ferventi sigillatim repletis aqua, oleo pingui , & pice, & ad ultimùm accenso copiofifsimo igne , liceret mihi , invocato gloriofiflimo na

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p. 233•

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