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d'Aix, qui écrivoit son Histoire de la guerre de Jerulalem sur le rapport même de ceux qui y étoient, fait entendre que le succès de l'épreuve fit d'abord généralement révérer la lance, & que la mort seule de Barthelemy diminua certe vénération fortifiant les doutes que plufieurs avoient formés contre la révélation & la découverte.

* Les discours qui coururent alors donnerent lieu à Fulcher de Chartres d'écrire décisivement, que Barthelemy passa fort vîte par le feu, & qu'il

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moriuus

Domini apertum eft, an non. Nam plures dubita. bant, & ichisina eiat in eis. Quare auctor & proditor ejusdem inventionis , per ignem tranfiens, ut ajunt, illæfus abivit , quem ipse Raymundus Comes de Provincia , & Raymundus Pelleiz à manibus & preflura invidorum abduxerunt. Lanceam verò cum omni comitatu suo ab ea die venerati funt. Pofthæc à quibuflam relatum eft, eumdem clericum hac examinis exustione adeo fuiíse aggravatum , ut in brevi

& sepultus fuerit. Alberti Aquenf. Hift. hiicrosil lib. v. pag. 168.

Beuedi&ione judiciali super ignem ab Episcopis facta, invenfor lanceæ per medium rogi Hammantis ultrò celeriter transmeavit;quo transacto, illum hominem quafi reum incute flammis crematum vide. runt , & in interiori parre corporis læsuin morti in. tellexerunt. Quod rei exitus monstravit, cùm die duo. decimo ipse angore obiit. Et quia ad honorem Dei & amorem omnes lanceam venerati fuerant, hoc in. dicio peracto facti increduli, contristari sunt valdè : Comes tamen Raymundus tam diu eam fervavit , ronec eam neseio quo eventu perdidit. Fulcherus Car. not. Gefta peregrinat. Francorum pag. 392.

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*

fut néanmoins tellement brûlé au dehors, & desséché au dedans, qu'en douze jours il mourut de la brûlure.

Mais Raymond ake Agiles , témoin oculaire de l'épreuve, nie que le feu ait éré la cause de la mort de Barthelemy. * Il prend à témoins ceux qui virent que le feu n'avoit fait aucune * Ut verò Petrus Barholomeus de igne egrefTus est, ita ur nec tunica ejus combusta fuerit, nec etiam ille subtilissimus pannus de quo lancea Domini involura crat signum alicujus læsionis habuiffet , accepit eum populus, cuin lignafset sos cum lancea Domini, & clamaffet altâ voce , Deus adjuva: accepit, inquam, & traxit eum per terram , & conculcavit eum omnis multitudo illa populi, dum quisque volebat cum tangere , vel accipere de veltimento ejus aliquid, & dum credebat eum esse quisquam apud aliumi. Itaque tria vulvera vel quatuor fecerunr ei in cruribus , ab. scidentes de carne ejus , & fpinam dorsi confringentis crepiterunt eum.Expiraflet autem ibi Petrus , ficut nos credimus, nifi Raymundus Pelez, nobiliffimus mi. les & fortis, facto agmine fociorum, irrupiffet in ag. men turbæ turbatæ , & usque ad mortem pugnando liberatsct cum. Sel nos, in sollicitudine & angustia modò politi, amplius dc his scribere non possumus. Cum verò detaliile Raymundus Pelez Petrum ad domum noftram , colligatis vulneribus cjus, cæpimus quærere ab eo quare moram fecisser in igne. Ad hxc. iple respondit:Occurrit mihi Dominus in medio igne,

& apprehenlens me por manum,dixit mihi: Quia duo bitarti de inventione lanceæ, cum beatus Andreas eam tibi ostendillet, non fic tranfibis illæsus, sed infer. num non videbis. Et hoc dićto dimilit me : videre itd. que , fi vultis,adultionem meam ;& erat aliqua adul. tio in cruribus, verum non multa; sed plagæ erant magna. Poft hæc convocavimus omnes qui de lancez Domini dubitaverant, ut venirent, & viderent faciem ejus, & caput , reliqua membra, & intelligerent quod verum eft quidquid ipse dixerat de lancca , & de aliis, cum pro cítimonio corum non extimuiffc Tome II,

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impression ni au linge fort fin qui couvroit la lance , ni à la tunique de Barthelemy, ni à sa tête , ni à tout

la le reste du corps , li ce n'est aux jambes, où il y avoit quelque légere mar

. que de brûlure : ce qui n'étoit rien en comparaison des plaies qu'il reçut d'une foule de peuple qui faillit å le déchirer tout vif , pour avoir de ses reliques ; ce qui ne suffisoit que trop pour le faire mourir.

Fulcher de Chartres dit que Barthelemy passa fort vîte par le feu ; & cet Auteur dit au contraire qu'il s'y arrêta quelque temps. Quoi qu'il en soit , il y avoit queique chose de surprenant dans l'expérience. Car il est difficile de concevoir comment il

put passer au travers d'un aufli grand feu que tous les Auteurs contemporains le décrivent, sans érre étouffé par les vives flammes qu'il auroit avalées, attirées avec d'autant plus de force qu'il auroit fait plus d'effort pour traverser le feu fort vîte. Ce Prêtre introïre ta'e incendium. Viderunt itaque multi, & videntes faciem ejus atque totum corpus, glorifica. bant Deum dicentes: Bene poteft nos Dominus cuftodi. re inter gladios inimicorum noftrorum , qui hominem iftum liberavit de tanto incendio flammarum. Certè non credebamus, quod sagitta aliqua fic tranfire poffet ille. La per ignem , quomodo ifte tranfivit. Ibid,

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propos : mais le

ment.

auroit dù naturellement sortir tout grillé de ce feu, & mourir presque sur le champ:peut-être queDieu ne le punit pas à cause de la simplicité & de fa bonne foi. Mais il ne fut pas non plus

. tout-à-fait préservé , de peur que le miracle complet n'eût fait passer pour une vraie Relique la lance, qui peutêtre ne l'étoit pas. L'ambiguité dans laquelle tout le monde se trouva après cette épreuve devoit apprendre qu'on y avoit recouru mal à monde ne se détrompe pas si facileLe succès de ces fortes d'épreuves XVI.

Epreuves étoit admiré avec raison : mais des du fer chaud merveilles fiétonnantes ne pouvoient & de l'eau pas faire approuver aux personnes terdites en éclairées les ulages de l'eau bouillan- Occident. te & du fer chaud, ausquels on recouroit si souvent pour toutes sortes de choses, dont on abusoit visible

* Epift.74. ment. On en revint enfin. * Yves de 205. i 252. Chartres , à la fin du onzieme fiecle, écrivit plusieurs Lettres contre ces usages. Il montre qu'ils étoient absolument interdits aux Ecclésiastiques; que

les Conciles & les Papes les condamnoient même généralement ; & cite ces paroles du Pape Etienne V. à

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Lambert Evêque de Mayence: Ferri Candentis, vel aque ferventis examinatione confeffionem extorqueri à quolibet ,sacri non censuerunt canones ; & quod sanctorum Patrum documento sancitum non eft, superstitiosa adinventione non est præfumendum. Spontanea enim confeffione , vel testium approbatione, publica delicta, habito præ oculis Dei timore, commiffa funt regimini judicare: occulta verò e incognita illius sunt judicio relinquenda qui solus kovit corda filiorum hominum.

Ces paroles font aufli rapportées dans le De rer de Gratien , où ces épreuves sont condamnées. 2. parte cauf. 2.9. 5. & par Saint Thomas. 2. 2.9. 95. art. 8. ad 3.

Les Papes Celestin III. Innocent III. & Honorius III. réitérerent les défenses, comme on le voir au cinquieme Livre des Decrétales. Tit. 35. de purgatione vulgari. Toutes ces décisions firent cesser ces usages. Les Scholastiques convinrent en même temps qu'on y tentoit Dieu visblement;& tout le monde en parut enfin persuadé.

C'est aussi vers ce temps qu'on se Epreuves du petit com.détrompa des épreuves du fer chaud manes en O- en Orient. Jusqu'alors elles y ayoieng

XVIII.

rienf.

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