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III. Baguette

manes.

IV. Diverses

bois

em

voient de Baguettes. Strabon b nous des Egyptiens

dit
que

les Brachmanes de Perse ne & des Brach- faisoient leurs imprécations, consé

crations ou divinations, qu'en teblib. is. nant à la main de petites branches

. c Vita A. d'arbre ; & Philostrate rapporre poll, lib.z.

que les Brachmanes des Indes n'é. toient jamais sans bâton , & qu'ils s'en servoient pour faire des opérations tout-à-fait prodigieuses.

Les peuples qui étoient les plus especes i de versés dans les divinations usoient

d'une espece de bois qu'ils croyoient elevizites pour privilégié. Ceux de l’ifle fameuse de ployécs .

Metelin se servoient d'une Baguette de Tamaris , & croyoient qu'Apollon avoit donné à cette plante la vertu de deviner. Le Scholiaste de Nicandre dit les Medes s'en fervoient dans cette persuasion. Mais il y avoit des peuples qui choisilloient d'un autre espece de bois. Plusieurs se fervoient indifféremment des branches d'un arbre fruiticr.

Hérodote dit que parmi les Scythes il y avoit beaucoup de Devins qui avoient appris de leurs ancêtres l'art de deviner avec des Baguettes de saules. Le même Historien ajoûte que les Scythes comptoient si fort

que

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fur la connoissance que leurs Devins
pouvoient avoir des choses cachées,

qu'ils leur faisoient découvrir fiquel Découver-
qu’un avoit jaré, & que fur leur té-te des parju-
moignage on failoir mourir les par-
jures.

Les Alains , qui occupoient une
partie de la Scythie', deviñoient avec
des Baguetres d'osier. Ammien Mata
cellin dir * qu'après les avoir dispo-
fées avec de fecrets enchantemens,ils
connoisloient distinctement l'avenir.
C'est apparement des Alains & des V.

Les divina

les autres peuples de la Scythie que tions des Scy• Illyriens leurs voisins apprirent à de- thes se répanviner

' par quelque morceau de bois. den dans la L'Aureur du Livre des six cents treize préceptes, cité par le savant Drufius*, ** In c.4. feur attribue cette pratique.

Des Illyriens elle palla aux Esclavons a qui leur ont fuccédé, & se répandit enfin parmi tous les peuples de la Germanie. Nous apprenons de Tacite 6 qu'ils étoient fort adonnés

* Lib. 31. pag. 21. ex Henr. Val Futura mira præsagiunt modo. Nam reftiores virgas vimineas colligentes , casque cum incantamentis quibuidam fecretis præstituto tempore discernentes , apertè quid portendatur norunt.

a Grotius in 21, Ezech, b Auspicia forresque ut qui maximè observant. Sortium consuetudo fimplex: ýirgam frugiferam arbori decilam in surculos ampua

Germanie

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c Hift. Eccl.

C. 6.

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Gramm. lib.

aux Augures & au Sort, & que leur maniere de deviner la plus usitée consistoit à couper une Baguette d'un arbre fruitier a la diviser en plusieurs parties, & à y faire quelques marques particulieres.Cette coutume s'est conservée durant très - long-temps. Adam de Brême, qui écrivoit dans l'onzieme siecle, la décrir toute centiere de la même maniere

que

Taci. te. Elle a eu cours parmi les Russes

d & les Frisons ; & lorsque tous ces 14.

Peuples eurent embrassé le Christianisme, ils ne firent qu'ajoûter quelques cérémonies religieuses à leurs;

anciennes manieres de deviner. Pratiques

Le 1.4. Titre de la Loi des Frisons pour décou- porte que, pour découvrir l'auteur vrir les meur d'un homicide, l'épreuve des Bawiers.

VI.

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guettes se feroit dans l'Eglise , &
qu'auprès même de l'Autel & des
saintes Reliques on demanderoit à
Dieu un signe évident qui feroit dis-
çerner le vrai coupable d'avec ceux
qu'on accusoit fauffement. * Cela
tant, corque noris quibusdam discretos super candi-
dam vestem temerè ac fortuitò fpargunt. Mox, li
publicè consulatur , facerdos civitatis ; sin privatim ,
ipfe pater familias precatur Deos , cælumque fufpi:
ciens ter fingulos tollit, fublatos fecundùm impressam,
Rotam interpretatur. De moribus German.
Saumaise croit que c'est de-là quc vienţ l'usage

i od

des Frisons

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s'appelloir le sort de la Baguette, ou
d'un seul mot, Tan-Teen, Teenen,
Teni , ou Tenus, la Baguette, ou les
Baguettes.

Vnc ignorance grossiere , ou une
trop grande simplicité faisoit tolérer
ces pratiques; & pourvû qu'elles fuf-
fent revêtues de quelques marques
de Religion, elles séduisoient quel-
quefois la piété des fideles, & celle
même des Pasteurs.

Au lieu de certaines épreuves que faisoient les Gentils avec quelques ment de la morceaux de bois, on permettoit

aux Croix fucce

de à l'épreu. nouveaux convertis de faire de sem

ve des Baguce blables épreuves auprès de quelque tes : divers Croix. Charlemagne permit qu'on condamnent. terminât certains différends touchant les bornes des champs par le jugement de la Croix. * Mais des Capitulaires dressés du temps même de ce Prince interdirent ces usages, & & plusieurs Conciles en ont fait d'ex

VII. Le

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de tirer à la Baguette, ou à la courte paille. in Tertul. de poll. p. 164.

* Les deux personnes qui contestoient deincuroient debout auprès d'une Croix : celui dont la cause étoit mauvaise , ne pouvant se soutenir sur les pieds, tomboit à la renverse ; au lieu que celui dont la cause étoit bonne demeuroit ferme: & c'est ce qui s'appelloit, Stare ad judicium Crucis. V. Gretser tom. k. de cruce,

presses défenses. Les Conciles d'Auxerre, d'Orléans, & le troisieme de Latran ont proscrit les sorts qu'on faisoit avec du bois ou avec du pain pour découvrir les voleurs. Ce qui se faisoit avec du bois , les Savansa l'expliquent de la Rhabdomantie ou divination par une Baguette ; & ce seul nom , qui se trouve dans plusieurs anciens Auteurs, ne permet pas de douter que cet usage ne fut

fût. fort connu parmi les Grecs. Il me suffira de dire que Saint Chrysoftôme , b rapportant plusieurs fortes de divinations, fait mention de celle qui se faisoit avec des Baguertes.

Pasfons à ce qui s'est pratiqué chez les Romains.

a Juret, Lindenbrog, Du Cange, c. b Dans la chaîne des Peres Grecs sur Jeremię.

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