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De la Baguette recourbée, dont les an-
ciens Romains se font servis

,

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z pour deviner.

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L

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'Usage de deviner avec une Bas 1.

Le secrer guette étoir si connu parmi les

de la Baguet Romains, qu'il avoit donné lieu à te passe en

, un proverbe, il faudroit, disoit-on, proverbe. avoir le secret de la Bagueire, pour pouvoir s'enrichir sans peine ; & c'est apparemment à ce proverbe que Ci: ceron * fait allufion , lorsqu'il fait dire à quelques personnes , qu'elles pourroient le donner. entierement aux sciences, si quelque divine Baguerte pouvoir leur fournir tout ce qui est nécessaire à la vie.

Si l'on ignore ce que Ciceron entendoit par cette Baguette , on sait Baguette .

des Augures , du moins que les Augures se servoient décrite par du Lituus dans les divinations les Macrobe,

Aulu-geilė, plus solemnelles.. Aulu - Gelle:a & &c.

* Quod fi omnia nobis quæ ad victum vef habis
tum pertinent , quafi VIRGULA DIVINA ; ut aiunt;
fuppeditarentur, tum optimo quisque ingenio, ne
goriis omiffis omnibus , forum fe in scientia & cogi-
nitione collocaret. L. 1. de Offic.
Aa Lituus eft virga brevis in parre qua robuftior eft.

Ry

IT.

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Macrobe disent

que

le Lituus étois une Baguette recourbée dans l'endroit le plus forc& le plus épais. Plu. rarque dans la vie de Romulus, & Servius. b sur les Géorgiques , disent la même chose.. Ainsi par la figure cette Baguetre n'étoit pas fort diffé rente de celle dont on se sert à préfent.

Tite-Live nous apprend l'usage

que l'on fit du. Licuus à l'élection du Lituus, Gvoir la vo, second Roi de Rome. Il dit que Noe lonté des

ma Pompilius , étant choisi
Peres, & le peuple de Rome pour re-
ġner après Romulus, voulut faire-
consulter les Dieux, comme l'avoit
fait son prédécesfeur. * Il fit donc ve-
nir un Augure, qui le conduisit à une

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ITI:

Ufage du..

pour

Dieux

par les

incurva, qua Augures u cuncur, A. Gellius.be 8. m. crob. s. 8.

6 Lityus.eşat Augucum baculus aduacus finc nodo. Inl. 3. Georgic.

*. Accitus, ficut Romulas , Angurato, urbe cons denda, regnum adeptus eft, de se quoque Deos con.. fyli juffiç. Inde ab Augure (qui deinde honoris ergo, publicum id perpetuumque Sacerdotium fuit) deduce tus in arcem , in lapide ad meridien versus consedit. Augur ad lævam ejus, capite velato , sedem cepit , dextra manu: baculum fine nodo, aduncum tenens, quem Lituum appellaverunt. Inde, ubi profpe&u in wurbem agrumque capto , Deos precatus, regiones: ab oriente ad occasum determinavit, dextras ad meria diem partes, lævafque ad feprentrionem effe dixit : fögnum.congta quod longiffimè conspectum aculi fis.

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citadelle fort élevée : là cet Augure, ayant à la main droite le bâton recourbé, se plaça à la gauche du Prince, & s'y tint couvert. Il observa l'aspect de la Ville & du Champ pria les Dieux ; & marquant l'Orient & l'Occident, il se tourna vers l'Q. sient pour avoir le midi à la droite , & le Septentrion à la gauche ,

fans se prescrire d'autres bornes que les endroits où la vûe ne pouvoit s'étendre. Après quoi il prit le Lituus à la. main gauche, mit fa droite sur la têu du Prince désigné, & fir cette priere: Pere Jupiter , fi l'équité demande que Numa Pompilius, door je touche la tête , foit Roi des Romains , faites, que nous en avions des signes évidensdans la division que je viens de faire.

Savoir file bâton courbé devoir fe tourner vers le Pays deftiné au nouveau Prince, ou s'il donnoit quel qu'autre signe, c'est ce que Tite-Li ve n'a pas dit, & que nous ne fau.

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, rions déterminer..

2

rebant , animo finivit. Tam Lituo in lævam manum translato, dextra in capite Numæ imposita , precatus eft ita : Jupiter Pater , si eft fas , hunc Numam Pompilium, cujus ego caput tenco, Regem Rome: effes ut tua ligna nobis cerra ac clara sint inter eos: fipes quos feci.Tit. Liv. l, .

:

Origine du

On ne sait pas non plus qui a été Lituus.. te premier Auteur de cet usage : on

fait seulement que Romulus en avoit le secret;qu'il le mit en pratique lors: qu'il bâtit Rome, & qu'il s'en servit pour la distribution des Régions. Les, Stoïciens, que fait parler Ciceron, n'en savoient pas davantage. C'étoit bien assez pour leur donner occasion : de le faire révérer. Pensez-vous difent-ils, *. d'où vous est venu le Lituus , cer-inftrument le plus auguste: de la divination? Romulus lui - mês, me s'en servit pour le partage des

.

, Régions, lorsqu'il bâtit la Ville. C'eft ée même Lituus lequel étant dans PHôtel de Mars ,. qui eft renfermé dans le Palais, fut trouvé entier après l'incendie général. Qui est-ce qui ne sait pas de quel usage il a été après Romulus fous le regne de Prifcus Tarquinius ? Quel est l'ancien Ecrivain qui n'a pas parlé de la del

Quid Lituus iste velter, dit,it, qund clarissi- : mum eft insigne Auguratus; unde vobiselt traditus: Nempe eo Romulus regiones direxit, tum cum urbem , condidit. Qui quidem Romuli Ļituus , cum fitus ef.: fet in curia quæ est in palatio , eaque deffagrasser, invenus est intcger. Quid multis annis poft Roc mnulum", Prised regnante Tarquinio ? Quis veterunt , Seriproram, non loquitur., quæ fit ab A&io Nævio, per litetuin , regionum facta descriptio ? Libde Divinatione

a

cription des Régions que fit Actius Nævius, par le moyen du Lituus ?

Si ces Ecrits de ces anciens, dont parle Ciceron aveient été conser: vés, nous pourrions favoir distinctement quels usages on faisoit du Lituus: du moins voyons-nous, par le peu qu'en a dit Ciceron, qu'on con faltoit ce bâton sur bien des choses. Et Plutarque * nous fait entendre * Vie dez.

Romulus. que Romulus-en tiroit beaucoup de connoissances. On tient, dit-il, que Romulus étoit fort religieux, & trèshabile dans les divinations : c'est pour ce fujet qu'it fe servoit du Lituus , qui est un baton recourbé. Le mérite que s'étoit fait Romu

Honneurs : lus, par l'usage de cette Baguertes rendus au Bầu étoit fi grand dans l'esprit de cenx ton, avec lequi étoient entêtés de l'Art de de- lus devinoite

quel Romuviner , qu'on le conserva comme une chose fácrée, & que l'on ne permettoit point-à-des mains profanes d'y toucher ; sur-tout après que les Bar

'.
bares ayant pillé & brûlé la Ville,
on trouva ce beau reste de l'ancien-
ne superstition échapé de l'incendies.

Cette particularité est assez remat-
quable, pour mériter qu’on la voie
dans Plutarque , qui l'a mieux éclair. -

V.

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