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Dante.

propre dans

Commentaires de Christophe Landini. A. la gloire d'entreprendre en ces derniers fié- Dante.
vant son éxil il fit fou premier Traité sur cles de faire des Poemes héroïques : & il
l'Amour ; durant fon exi) il fit un autre ya fi bien réussi qu'il est encore aujour-
Ouvrage sur le même sujet en vingt chants. d'hui admiré des Savans pour ce sujet

. De
Voulant ensuite profiter de fa dilgrace, il sorte qu'il ne s'est encore trouvé personne,
s'en alla de Boulogne à Paris, où il devint dit le Chevalier Salviati (7), qui l'ait pů
habile Théologien dans les Écoles de la passer en ce genre, tant il est
ruë au Foarre, & il en voulut donner des les mots & dans les expreffions; quoique
marques en publiant la fameuse Comédie le sujet extraordinaire qu'il avoit choisi de
de l'Enfer, du Purgatoire & du Paradis, parler de l'Enfer , du Purgatoire , & du
divisée en cent chants : fans parler de la Paradis, l'ait souvent obligé de fe fervir
Monarchie que nous avons en Latin; de dé mots & de façons de parler un peu fin-
quelques Traités de Physique que nous a. guliéres. Mais une des choses les plus es-
vons aufli (!); de son livre de l'ofice, & timables dans ce Poëte, au jugement de
des devoirs du Pape & de l'Empereur, que ces Meffieurs, est que son Ouvrage est aussi
l'on retient supprimé quelque part avec pur pour les moeurs que pour le langa-
grand soin (2); & de les quatre Livres de ge (8).
l'Eloquence vulgaire dont il n'acheva que Quoique les Italiens ayent donné à ce
les deux premiers, parce qu'il fut surpris Poèine le titre de Comédie, il doit pour-
de la mort (3).

tant passer pour un Poëme Epique au sen-
Jean Villani qui étoit de son pays & timent de Castelvetro: mais le P. Rapin dit
prefque son contemporain, assure que per- que c'est un Poëme d'une ordonnance tris-
Sonne jusqu'alors n'avoit écrit avec plus de te & morne, & que généralement parlant
noblesse & de majesté ni en Vers ni en Pro- Dante a l'air' trop profond (9).
se: mais comme il y avoit peu de gens qui

Cet Auteur dit encore ailleurs (10) que
cussent écrit avant lui, cette réputation n'a les peensées de ce Poëte font presque tou-
pas dû lui coûter beaucoup (4).

jours si abftraites & fi difficiles, qu'il y a
Petrarque qui l'avoit connu & étudié de l'art à les pénétrer: que Dante n'a pas
particulièrement, témoigne (s) qu'il par- affés de feu (11); que pour l'ordinaire il
loit fort bien sa Langue vulgaire & qu'il n'est pas assés modeste, & qu'il a été trop
avoit de l'éloquence, mais qu'il avoit hardi d'invoquer son propre esprit pour la
fait paroître quelquefois trop d'entête- Divinité (12).
ment & trop de cette liberté que les per-

Le P. Gallucci a trouvé à redire à ses al-
sonnes délicates du Gécle ne peuvent légories , dont il dit qu'il est tout titlu,
souffrir.

ajoutant que li on les lui ôtoit il ne lui Bocace l'a loué en quelques endroits de refteroit plus rien de ce qui lui a acquis la ses Ouvrages comme un homme extraor- réputation de Poëte (13). C'est, dit-il, toudinaire & comme un excellent Poëte (6). te son invention, c'est toute sa fiction, en Effectivement Dante a été un des premiers quoi il est bien éloigné de l'air naturel qui qui, selon Messieurs du Port-Royal, a eu se trouve par tout dans les. Ouvrages de

Virgile.

Les

1. 5. Disputatio de aqua da terra imprimée in-4. crit, les fit imprimer en Latin à Paris in-8. avec ses à Venise l'an 1508.

notes l'an 1577. Le Crescimbeni pag. 373. de lon 2. 4. Ce prétendu livre n'est autre que celui de Histoire della Porfia volgare croit que la prétenduë Monarchia qu'il vient de dire que nous avons en La.

Version Italienne de ces deux livres est une composin, & qui bien loin d'avoir écé supprimé a été im- firion originale du Trillin, & que le prétendu origiprimé plus d'une fois.

nal donné par Corbinelli est une Verlion Latine de 3. 1. Bocace dans la Vie de Dante dit que des l’Italien du même Trillin. Mais quoi qu'il ajoute quatre livres que Dante avoit dessein d'écrire en La- que telle est l'opinion de tous les Gens de Lettres tin sur cette matiére il ne s'en trouve que deux, loit d'Italie, ce n'eft pourtant pas celle ni du Bulgarini qu'étant surpris de la mort il n'ait pas eu le tems de contre le Zoppio, ni de l'Abbé Fontaniñi pag. 261. composer les deux autres, soit qu'ils aient entre lesse de la Region Poëtica pag. 138. 139. & 140. & ce n'a

de son Aminto difeso, ni de Vincent Gravina 1. 2. Verlion Italienne des deux piemiers sur l’unique ma- pas même depuis été celle du Crescimbeni, comme nuscrit qu'on prétend qui en étoit demeuré, Jacques il le reconnoit pag. 97. & 98. du s. vol. des Com. Corbigelli poffeffeur après le Trilio, de ce manus- mentaises qu'il a faits sur fon Histoire della volgar Poësia.

4. Joan.

Diate.

Dante

Les Gens de Lettres dans l'Italie, ont te contre les calomnies de ses Censeurs.
toujours été allés partagés sur le lujet de Belillario Bolgarini (19) fit quelques conti-
cette Comédie de nouvelle espéce. Sid'un dérations tur cet ouvrage de Mazzoni à
côté Bocace en a voulu relever le mérite, la follicitation d'Horace Capponi Evêque
en disant que (14)cet ouvrage est écrit avec de Carpentras. Un galant homme prit ces
une induitrie & un artifice admirable , & considérations à Bolgarini, & les fit impri-
que l'Auteur n'elt pas un Ecrivain fabu- mer fous nom avec le titre de Dispute
leux, mais un Théologien Catholique & courte & ingenieule contre l'Ouvrage de
on homme divid; & d Paul Jove qui ap- Dante. Bolgarini le tint fort offensé de
pelle Dante le fondateur & le Pere de la ce larcin, & il fit réimprimer son Ouvra-
Langue Toscane ou Italienne, dit que cet- ge en y faisant mettre le nom du véritable
te triple Comédie ett pleine de belles ma- Auteur de la pićce. Le Plagiaire se voyant
ximes tirées de la Philofophie Platonicien- découvert chanta une espéce de Palipodie,
ne (15): on a vû d'une autre part des ad- & publia en même tems une Apologic
verlaires s'élever contre cet ouvrage de pour Dante contre Bolgarini. Mais ce
Dante, & se récrier fortement contre cet• dernier eut l'avantage lur cet adversaire, &
te partie du Public qu'ils en croyoient in- il lui fit confetler ton vol, après quoi il
fatuée.

fit publier à Siene en 1588. un Livre sous
Un des plus échauffés semble avoir été le titre de Défense contre la répouse de l'A.
ce Caftravilla contre qui Jacques Mazzo- poiogie Es la Palinodie d'Alexandre Caries
ni se crut obligé de prendre la défense de 'ro sur la Comédie de Dante,
Dante au rapport de Vittorio Roffi, qui Un Ecrivain de Boulogne nommé Je-
dit (16) que Mazzoni mit sur ce sujet deux rôme Zobbi (20), ayant vû les Ecrits des
volumes entiers (17) au jour qui ne sont uns & des autres, voulut prendre parti
pas moins un témoignage de son érudition dans la querelle, & l'an 1583. il fit paroî-
qu'une Apologie de l'ouvrage de Dante. tre au jour un Livre sous le titre de Dana
Mais Mazzoni se brouilla avec le Patrizzi te & Petrarque défendus contre leurs en-
ou Patritios dont il avoit censuré quelque vieux. Le Bolgarini répondit à Zobbi dans
chose en passanı , que celui-ci ne pût lais- un nouveau Livre qu'il fit imprimer à Sie.
fer passer. Ce différend nouveau leur fitne; il y mit encore dans un plus grand
prendre la plume l'un contre l'autre à di- jour le vol du Plagiaire de son premier Li-
verses reprises , & divertit les forces de vre contre Dante, & y répliqua aux rée
Mazzoni destinées à défendre le Dante. ponses que Capponi avoit fait pour Dante
· Ugurgieri cité par le Craffo dans son & son défenseur Mazzoni. Il continua
Recueil des Poëtes Grecs (18), prétend que toujours d'attaquer les uns & de se défen-
dans toutes les disputes que l'on a vû naî- dre contre les autres, & jamais en faveur
tre entre les Savans au sujet de la Comé- de Dante ; jusqu'à ce qu'enfin Bolgarini
die de Dante, ce fut ce Mazzoni de Cesc- voulut bien finir par un septiéme Livre sur
ne qui commença la querelle, en publiant ce sujet, qu'il fit contre un Manuscrit qui
un Livre en faveur de l'Ouvrage de Dan- couroit sous le nom de Sperone Speroni,

afin

4. Joan. Villan. Hift. Florent. lib. 9.

13. Tarquin. Gallutius Oratione 3. de contextu Vir. s. Franc. Petrarcha lib. 4. rerum memor. & Jo. giliani Operis Allegorico pag 235. poft Vindication, Boccat, de Calib. Vir. Illuftr.

Virgil. edition. 6. Jo. Papyr. Masson. Vit. Dautis pag. 23. tom. 2. 14. Joh. Boccatius lib. 1 s. de Genealog. Deor. cap. edit. Balesdenii,

6. & ex eo Papyr. Masson in Vita ejuldem Boccatii 7. 9. L. 2. de gli Auvertimenti c. 12.

pag. 214. 8. Aut, Anonym. de la Gram. Ital. Préface pag. is. Paul Jov. Elog. 4. 4. S.

36. Jan. Nicius Erythræus Pinacothec. 1. pag. 68. 9. Ren. Rapin, Ref. particul, sur la Poët, secon. num. 38. in Mazzonio. de part. Refl. xvi.

17 4. il n'en parut d'abord que le premier en 1587. 10. Le même dans la premiére partie des Refl. gen. à Céfene. Le second y fue imprimé cent ans après. pag. 69. edit. in-12. Reflex. 27.

18. Lorenzo Crasso in Collect, Italic. Poët. Gox 11. Le même seconde part. Refl seconde, cor, pag. 86. 9. Citation fausse.

19° 4. Bellisario Bulgarini. 12. Reflexion xxix, du même Traité.

20. 9. Zoppio , c'est aina que le comme le Črcsa 5. Citation faulle,

cimbeni,

Dante.

Dante.

afin d'avoir plus d'autorité,& de mériter plus learius (4). Mais cela ne regarde pas di.
de créance dans ce qui s'y trouvoit pour la rectement notre sujet.
détense de Dante. Et le Vittorio Roffi * L'Opere del Dante Aligbieri con Comen-
qui nous a raconté tout le détail de cette to di Christophoro Landino, in-fol.in Bres-
petite guerre , soutient (1) que Bolgarini fa 1487.

Comentate da Cbrist. Lax-
eut l'avantage contre tous ces Antagonis- dino in-4. in Venetia 1512. — Comedia
tes, que la Poëtie de Dante en est demeu- del Poeta Dante, con la spofitione di Lan-
rée Aétrie, & qu'il est venu à bout de fai- dino in-4. in Venetia 1536. Le terze rime
re déclarer conformément aux maximes di Dante Aligheri, cioè l'Inferno, el Purga-
d'Aristote que cette Comédie fi vantée dans torio, el Paradiso in-8. Venet. Aldo 1502.
le Monde ne mérite pas le nom de Poëme. L'amoroso Convivio, con la additione

Voilà les démarches qu'ont faites ceux & molti savi notandi in-8. in Venegia 1931.
qui ont voulu juger de cei Ouvrage par les
Régles de la Poëtique. Et ceux qui ne

BENEVENUTO,
l'ont voulu éxaminer que sur celles de la
Religion comme saint Antonin de Floren-

De Campesanis,
ce & le P. Poflevin (2), semblent n'y avoir
trouvé à redire que deux choses qui pafle- Et FERRETO,
ront sans doute pour des réflexions singulié-
res dans l'esprit de quelques personnes; la De Vicenze, Poëtes Latins, vivans entre
premiére est d'avoir omis les Limbes des en- Dante Aligheri & Petrarque, du tems
fans morts fans Batême; la seconde est d'a- de l'Empereur Louïs de Baviére.
voir eu la hardiesse d'accuser saint Pierre Ce-
hefin i Papel de foibleffe d'efperit par vesti 1216. O que

teurs étoient des principaux nuto. efter de cette crainte dans laquelle on nous d'entre les Poëtes qui étoient alors en recommande de travailler à notre salut. grand nombre à la Cour de Cane de la Sca

Mais Bellarinin n'a point été fi indul- la dit le Grand, Prince de Verone, nom-
gent à l'égard de notre Dante dont il a mé en Latin Canis Scaliger.
censuré les Ouvrages avec beaucoup d'ex-

Benevenuto fit , entre autres Piéces, un
aditude dans ses Opuscules qui fervent Poëme sur les troubles arrivés entre la
d'additions à les Controverses (3). On peut Ville de Padouë & celle de Vicenze, à
dire que de tous ces Ouvrages de Dante, l'honneur du Prince Cane de la Scala,' &
il n'y en a point qui ait été traité plus sé au mépris de ceux de Padouë. Cet Ou-
vérement que celui de la Monarchie en vrage lui acquit beancoup de réputation, &
trois Livres, parce que non seulement il a par rapport à ces tems-là, il lui a mérité
été mis dans l'Index de Clement VIII. la qualité d'éloquent personnage & d'ex-
comme un Livre défendu d'un Auteur cellent Poëte dans l'Histoire que Pajarini
Catholique qui a erré, mais qu'il l'a enco- a faite de la Ville de Vicenze, mais il lui
re fait considérer comme un véritable Hé- a attiré une réponse en vers que Mussato
rétique au rapport du Volaterran & d'o. fit contre lui pour ceux de Padouë.

FER

Beneve

1. Nic. Eryth. Pinacothcc. secunda pag. 72. 73. kum. 21. in Bulgarino.

2. Anton. Poitevin. Apparat. Sacr. pag. 413. in Dante,

3. Rob. Bellarmin. Opusc. apud eumdem Pollevin. bidem loci.

4. Raphaël Volaterran. Commentar. Urbanor. lib. 21. 771. & ex eo Joh. Gotefrid. Olearius in Abaco Patr. & Script. Ecclef. pag. 129.

s. Volius de Historicis Latin. lib. 3. cap. 9. pag. 794. 795. ex Pajarino & Felice OGO.

6. Felix Olius, Laurcatius Pignorius, Nicol, Vil. lani, &c.

Not. ad Muflat. Iteni Bern. Scardeon, in Hif. Rer. Patavin.

Gerard Joan. Voffius de Hiftor. Latin, lib. 3. cap. 9. pag. 793.

7. q. Lorenzo Pignoria en avoit us Manuscrit, Voyes fa Vie par Jaq. Phil. Tomasini.

3. I. Porcellius ayant eu Poge, Laurent Valle, Antoine de Palerme, François Philelphe, Nicolas Pérot, & d'autres savans hommes, tous vivans au delà de 1450. pour contemporains n'a pu l'être de Petrarque, ni de Bocace, dont le premier mourut , comme on fait, l'an 1374. le second l'année suivan16, Volius que Baillet luit s'est ici extremement mać.

compo

Ε

TE S MOD E'R NE s. 5 s FERRETIO semble avoir été encore plus des deux Colléges alloient en cérémonie & Albertino Ferretto.

loin que Benevenuto dans la Poctie, aufli comine en procession le cierge à la main Mullato.
s'y étoit-il éxercé davantage , comme on avec une triple couronne, le lăluer & l’ha-
peut le conjecturer par la liite que Vos. ranguerchés lui. En effet fi nous en
fius donne de ses Ouvrages, au Traité croyons les Critiques Italiens, Muffato
des Hittoriens Latins (s), ou il rapporte le palloit de fort loin tous les Poétes Latins
jugement de Felice Olio qui faifoit paller de son tems. Mais il ne faut pas préten-
Ferretto pour un Poëte élégant, difert, & dre juger de son mérite sur celui des An-
digne d'étre mis avec Pétrarque au rang ciens ou sur celui qu'on a éxigé des Poë-
des restaurateurs des belles Lettres. tes Modernes, & l'on doit songer qu'a-

Mais ce que je trouve de fingulier dans yant été l'un de ceux qui ont travaillé for-
Voffius, c'est qu'il dit d'un côté que Fer- tement à décrasser leur fiécle de cette
retto a fait 155. vers sur la mort de Bene- ignorance & de cette barbarie qui le cou-
venuto, & que Benevenuto a fait aussi en yroit, il n'a pû empêcher, non plus que
vers la pompe funébre de Ferretto. C'est les autres, qu'il ne lui demeurat quelque
un miracle qui n'a de fondement que dans chose de cetie crasse.
l'inadvertence ou le défaut d'attention Outre la Tragédie d'Ezzelin qu'il a ap-
ce célébre Critique.

pellée Eccerinis (7), il en a fait encore u

ne autre qu'on nomme l'Achilléide ; des ALBERTINO MUSSATO, Epitres ou Sermons en vers Elégiaques,

pour la plûpart ; des Elégies dont quel De Padouë, mort l'an 1329. Poëte Latin. ques-unes sont en vers Héxametres ; des

Soliloques ; & des Eglogues. avons les Poëlies de cet

* Albertini Musati, Bella populi Pata-
Mufsao.
Auteur jointes à la fin

de son vini adv. Canem Scaligerum Veroxensem,
Histoire. Les principales sont la Tragé- lib. 111. extat in Opp. in-fol. Venet. 1626.
die fur Ezzelin premier du nom, Tyran
de Padoue, dans laquelle il ferr.ble qu'il a PORCELLIUS,
youlu s'élever au-deffus de la médiocrité
de son liécle, & qu'il s'est efforcé de mar- Poëte Latin de Naples, quoiqu'il se dît de
cher sur les pas des Anciens. En effet Rome, vivant en 1370. du tems de Pe-
quelques Critiques ont crû trouver dans

trarque & de Bocace (8).
cette piéce quelque chose de l'air de So-
phocles, & ils disent qu'elle a de la gran 1218. Cincne preoccupé Frederic

Duc

Et homme avoit merveilleuse- Porcellius vité & de la douceur même, autant qu'on en pouvoit avoir pour lors.

d'Urbin en fa faveur, jusqu'à le préférer Il a décrit ausli les guerres de Padouë à tous les autres Ecrivains du tems pour en vers Epiques dont il a fait trois Livres. écrire son Histoire ou chanter ses louanC'est pour faire voir l'estime qu'on faisoit ges en Vers. Mais comme ce Prince, qui de la Poësie, que tous les ans au jour de passoit pour le premier Capitaine du fiécle, Noël, les Docteurs, Régens, & Ecoliers étoit plus habile dans l'Art militaire & dans

la

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compté. Il eft lurprenant qu'ayant lu dans Vola. crivain d'ailleurs peu elimé, en a fait dans ce Dis. cerran que Fédéric Duc d'Urbino étoit l'admirateur rique un portrait plus resemblant: de Porcellius , il n'ait pas su que ce Duc d'Urbin Nil alind Porcellus erat quam garrula cornix ; mourut l'an 1482. Le Porcellius à qui Philelphe Grammaia non norai Graca, Latinu parum. dans le treizième livre de ses Lettres en adrele une Sabellicus dans son Dialogue de reparatione Latine datée de 1456. ne différe point comme fe l'eft ima- Lingua ne lui trouve ni érudition, ni gravité. 11 giné Volius, de celui dont parle Volaterran. Poge convient seulement que ses Elégies, quoique l'a- . pour faise dépit à Laurent Valle son ennemi contre mour y soit un peu trop nu, ne manquent pas d'aqui Porcellius avoit fait des vers, affe&te d'appeller ce grément. Le Bandel , Nouvelle fizieme du Livre Poëte virum do&tiffimum. Philelphe dans la Lettre ci- premier louë Porcellius de la facilité de fa verlificatée ayant envie de retirer de les mains ce qu'il lui a- tion : mais il fait ensuite une terrible peinture de voit prêté, le date de même, jusqu'à le traiter d'ha- les meurs, bilc honamc ca Latin & en Greco Cantalycius Es

Porcellius. la Politique que dans l’Art Poëtique,on peut qu'il étoit tems de vivre en Philosophe & Petrarque,

croire qu'un jugement li favorable fa soit en Chrétien (7), quoiqu'on puille dire qu'il
plus d'honneur à Porcellius que ce Poëte traîna ses chaînes jusqu'à ce qu'il plåt à
n'en faifoit à ce Prince par ses Vers. Dieu de les rompre par la mort de la che-

On peut dire qu'il n'avoit aucune quali- re Laure qui arriva l'an 1348 quatre ans
té capable de le faire unettre au nombre des après qu'il eut pris la résolution de chan-
véritables Poëtes, quelque naturel & quelque ger de vie & d'études (8). Après quoi il
inclination qu'il eût pour faire des Vers. abandonna la belle solitude de Vaucluse,
C'étoit un homme, dit le Volaterran (1), & la France pour se retirer en Italie.
qui n'avoit aucun fonds d'érudition, &

Nous avons de lui des Poësies en Latin
qui n'aimoit point le travail; qui faifoit quel- & en Italien. Dans le premier genre nous
ques Vers fur le champ & sans médita- avons fon Poëme de l'Afrique, c'elt-à-di-
tion, mais le plus souvent fans jugement re de la guerre Punique en neuf Livres
& sans aucun goût. Le Giraldi paroît n'en dont il témoignoit lui-même faire beau.
avoir pas eu beaucoup meilleure opinion coup de cas (9). Il dit qu'il y avoit tra-
(2), puisqu'il dit, que s'il y a quelque cho, vaillé avec tant d'impétuolité & de fi grands
se qui puille mériter quelque louange dans efforts de l'Esprit, que lorsqu'étant déja
la verlification de Porcellius, c'est plûtôt assés avancé en age il relisoit cet ouvrage
son inclination (3) que son industrie. Ses pour y repasser la lime, la hardiesse de l'en-
Vers furent imprimés autrefois à Paris par treprise & des traits qu'il lui avoit donnés
Simon de Colines, avec ceux de quelques lui faisoit encore peur en cet état.
autres Italiens (4).

Si nous en croyons même Paul Verger

(10), tout cet ouvrage est rempli de quanPETRAR QUE,

tité de belles fi&ions Poëtiques, & pleins

d'excellentes maximes. Il y paroît, dit cet
(François) Poëte Latin & Italien , natif Auteur, une grande connoissance de l'An-

d'Arezzo en Toscane, non pas au vil- tiquité & de la Nature, on y trouve beau-
lage d'Encise : originaire de Florence: coup d'éloquence, & on y voit un grand
ně le Lundi vingtiéme jour de Juillet de fonds de prudence & de sagesse. En un.
l'an 1304. mort l'an 1374: le dix-huit mot c'est un Ouvrage capable de faire
Juillet, dans le Territoire de Padouë, à beaucoup d'honneur à un jeune homme,
Arquade.

& qui ne sauroit faire de deshonneur à un

vieillard, selon le raisonnement du même de quarante ans (s) dans a- a des demi vers & des fautes de prosodic musemens agréables de la Poësie, & dans ou de quantité, sans parler de quelques oles passe-tems de la galanterie. Mais de- mifsions considérables dans l'Histoire qu'il puis ce tems-là soit qu'il fût fatigué ou déja fait de la seconde guerre Punique: mais il usé dans les éxercices de l'une & de l'au- ajoute que Petrarque a crů pouvoir agir tre, soit qu'il voulůc bien se faire violence comme un homme qui se rendoit le Mai. pour fouffrir une séparation , il renonça tre de la profodie & de la matiére. généralement à la bagatelle & au plailir Mais si le mérite de ce grand homme qu'il y a d'être Poëte & galant (6) jugeant doit porter les critiques indulgents à excu

ser

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7. Raph. Volaterran Commentar. Urban. & ex eo voir qu'il faloit dire jusqu'à l'âge de 54. ans , Pé.
Ger. Joh. Vol. de Histor. Latin. lib. 3. cap. 1. pag. trarque n'en ayant que 23. lorsqu'en 1327. le 6. A.

vrit il devint amoureux de Laure.
2. Lil. Gregor. Gyrald, Dialog. 1. de Poëtis fuor. 6. Il ne laissa pas de faire encore quelques Poëlies
tcmpor.

serieuses depuis.
3. 9. Le mot naturam dont use Gyraldus auroit été 7. Petrarch. Epiftol. & ex eo pallim Vitæ ipfius
mieux rendu par naturel.

Scriptores, Verger. Squarzafich. &c.
4. 9. De Balinius de Parme, de Trebanius, &c. Roftcau Sentim. sur quelques livres qu'il a lås
in-8. 1539. c'est une fort mauvaise colle&tion.

pag. 57.
s. 9. Ménage chap. 66. de l'Anti-Baillat a fait 3. 9. Bien loin de caller d'être amoureux de Lau-

JC

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