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Paus. in Cor.
Cioer. 6. in
Verrem.

trier du Roi Eumenes , fur obligé d'abandonner le Temple
de Samothrace , où il s'étoit refugié.

Ainsi les asyles étoient proprement pour les fautes inva
lontaires, pour ceux qui étoient opprimés par une puissance
injuste , pour des esclaves outragés par des maîtres cruels,
& pour des débiteurs traités indignement. Mais comme l'abus
se mêle toujours parmi les usages les plus fagement établis ,
les criminels même condamnés à mort , trouvoient un asyle
assûré dans le Temple de Pallas à Lacedemone ; les banque-
routiers dans celui de Calydon en Etolie ; les esclaves fugi-
tifs dans celui de la Déesse Hebé, à Phlius ; & dans celui

; (1) Pol. L. 4. de. Diane à Ephese (1).

Ce n'étoient pas seulement les Villes & les Temples qui servoient d'asyle ; les Bois facrés, les Autels en quelque lieu qu'ils fussent , 'les Statues des Dieux, celles des Empereurs , & les Tombeaux des Heros , avoient le même privilege ; & il suffisoit qu'un coupable fût dans l'enceinte de ces Bois, ou qu'il eût embrassé un Autel , ou la Statue de quelque Dieu, pour être en fûreté. Le droit d'asyle une fois faili, le

, criminel demeuroit aux pieds de l'Autel ou de la Statue, & s'y faifoit apporter à manger, jusqu'à ce qu'il pût se fauver commodement, ou appaiser ses Parties.

L'asyle ne fut pas toujours inviolable; ou on en arrachoit quelquefois de force le coupable, ou on l’y laissoit mourir de faim, soit en lui coupant les vivres, ou en murant le lieu

où il s'étoit refugié, comme firent les Ephores à l'égard de (2) In Paul. Pausanias , ainsi que nous l'apprenons de Cornelius Nepos (2).

La sainteté des asyles auroit sans doute été violée plus souvent qu'elle ne l'a été, sans les châtimens que les Dieux & les hommes avoient établis contre les profanateurs. J'ai dit les Dieux, parce que les calamités qui suivoient quelquefois la profanation de ces lieux, étoient regardées comme l'effet de la vengeance divine. Ce fut en effet le jugement que l'on porta au sujet des maux qui defolerent l'Epire, après le meurtre de Laodamie, qui fut tuée dans le Temple de Diane. Voici comme Justin raconte cette histoire. Il ne restoit dans toute l'Epire, du fang royal, que Neréis & Laodamie fa four. La premiere épousa le fils de Gelon Roi de Sicile,

lege par

& Laodamie qui s'étoit refugiée à l'Autel de Diane , y

fut affommée par le peuple : mais les Dieux vengerent ce facri

des Aleaux & des calamités, qui firent perir presque toute la Nation. A la sterilité, à la famine, à la guerre civile,

, fuccederent d'autres guerres qui acheverent de tout perdre; & Milon, celui-là même qui avoit porté le coup mortel à cette malheureuse Princesse, devint furieux jusqu'au point de fe dechirer les entrailles, & expira dans les douleurs le douziéme jour après le meurtre (1).

(1) Justin On

porta le même jugement, à l'occasion de la maladie Liy. 28. honteuse qui termina les jours de Sylla , qui avoit violé le droit des asyles. Les Oracles consultés après de pareilles profanations, prescrivoient, non seulement pour les coupables, mais pour des villes entieres, des expiations folemnelles, ou des reparations publiques ; & c'est ainsi que les Lacedemoniens furent obligés d'élever deux Statues d’airain au malheureux Paufanias, dans le lieu même où il étoit mort.

Quoique M. Simon, dont je viens d'abreger la Dissertation, semble croire que tous les Temples, les Bois sacrés , les Autels, &c. fussent des asyles, il y a cependant beaucoup d'apparence que tous ces lieux ne jouissoient pas de ce droit; car les exceptions que font les Anciens, en l'attribuant à certains lieux, sans rien dire des autres, en font, selon moi une preuve convaincante. Ainsi, suivant Servius , le Temple de la Misericorde étoit un lieu d'asyle à Athenes, & apparemment à Rome où l'on en bâtit un à la même Divinité. De même, le Temple de Diane d'Ephese, jouissoit du même droit, suivant Ciceron (2); aussi bien que celui qui étoit bâti

(2) in Vera en l'honneur de la même Déesse en Epire, comme nous l'apprenons de Justin (3).

(3) L. 28 Quoiqu'il en soit , les asyles causerent plus de maux , par l’impunité qu'ils procurerent aux coupables, qu'ils ne firent de bien en sauvant quelques innocens, & Tibere, comme nous l'avons dit , fut obligé de les abolir.

rem.

Füj

CHAPITRE I X.

Des Statues des Dieux, & de quelle maniere on les

representoit. Pres avoir parlé des Temples & des Autels, il est A

necessaire de dire quelque chose des Statues des Dieux, des lieux où on les plaçoit , & de la maniere dont ces mêmes Dieux étoient representés. Pour renfermer dans quelques bornes une matiere qui d'elle-même est très-étendue , j'examinerai 1°. ce qu'étoient les figures des Dieux avant que l'art de la Sculpture fût inventé. 2. Ce qu'elles furent, lorsque cet art étoit encore grossier & imparfait. 3°. Le point de perfection où la Statuaire fut portée dans la suite. 4o. La matiere qu'on employoit aux Statues des Dieux. 5. L'extrême grandeur, & l'extrême petitesse de quelques-unes de ces figures. 6°. Les lieux où on les plaçoit le plus ordinairement. 7o. Enfin , par quels symboles les Dieux y étoient diftingués. :: Pour le premier article , il suffit de se rappeller ce que nous avons dit dans le Chapitre IV. sur la maniere grossiere dont on representoit les Dieux, avant que l'art de la Sculpture fût en usage. Il est impossible, & en même temps inutile de rechercher en quel temps, & par qui cet art fut inventé. Son origine se perd dans la plus profonde antiquité. Il suffit de sçavoir que les Egyptiens le posledoient du temps de Moyse, & peut-être long-temps auparavant. Les Statues de leurs Dieux, dont il est parlé dans les Livres de ce faint Legislateur , & celles de leur Dieu Apis , trop fidelement imitées par les Israëlites, qui l'adorerent dans le desert, sous la forme d'un bouf ou d'un veau, le prouvent fans replique ; & je ne doutė pas que dans le

que

les Peuples encore barbares & grossiers adoroient ou des masses informes, ou de simples troncs d'arbres, la Sculpture ne fût alors connuë non seulement en Egypte, mais encore dans la Syrie & . les Pays voisins. Car les arts originaires des Pays que je viens de nommer, ne penetrerent que peu-à-peu dans BOccident.

.

temps même

/

D'abord même la Sculpture fut très-grossiere, & ne monta que lentement à ce haut point de perfection où elle se fit admirer , sur-tout dans la Grece, par les chef-d'æuvres qu'elle forma. Dès-là on doit supposer que les premieres Statues des Dieux, quoique dirigées par ce nouvel art, étoient encore très-grossieres. Les jambes , ni les bras n'étoient point separés, mais joints avec le reste de la matiere dont on s'étoit fervi pour en former la figure. Elles avoient les yeux fermés, & tout au plus les bras pendans , & comme collés le long du corps , & les pieds joints; rien d'animé, nulle attitude, nul geste. C'étoient pour la plûpart des figures quarrées & informes, qui se terminoient en guaîne. Les cabinets des curieux fournissent plusieurs modeles de ces Statues; on en déterre encore tous les jours , sur-tout en Egypte, & la marque la moins équivoque de leur antiquité est lorsqu'elles sont comme je viens de les décrire.

Elles demeurerent dans cet état , du moins dans l'Occident, jusqu'à Dedale, c'est-à-dire, jusqu'au temps de Minos second, & de Thesée. Ce n'est pas ici le lieu de parler de ce celebre Ouvrier , son article le trouvera à sa place; mais je dois dire qu'il sçut donner à ses Statues des yeux,

des pieds & des mains. Il y mit en quelque façon de l'ame & de la vie, & on fut si surpris de ce changement, que

la renonimée publia qu'il les animoit , les faisoit marcher, &c. Les Statues des Dieux y gagnerent , ce fut à les perfectionner que s'appliquerent sur-tout les Ouvriers les plus habiles ; & avec le temps on vit paroître les chef-d'æuvres des Phidias , des Praxiteles, des Myrons , qui firent le principal ornement de la Grece, & attirerent, comme font encore aujourd'hui celles qui nous restent, la juste admiration des connoisseurs. Telles font entr’autres la Venus de Medicis , l’Antinoüs , l'Hercule , & le beau Jupiter qu'on voit encore à Verfailles. Cependant, par je ne sçais

, par je ne sçais quel respect pour l'antiquité, on conserva encore l'ancien goût dans ces Statues , qu'on nommoit Hermes.

On appelloit de ce nom celles des Statues de Mercure qui étoient d'une figure quarrée , ordinairement sans bras &

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fans pieds, & qu'on plaçoit dans les carre-fours, sur les grands chemins, devant les Temples, & devant les maisons. Ciceron remarque à cette occasion, qu'il n'étoit pas permis d'en mettre sur les sepulcres, mais il n'en rend pas la raison. Il sembleroit au contraire, que c'étoient les lieux où elles convenoient le mieux, puisque ce Dieu avoit soin des ames, & que c'étoit lui qui les conduisoit dans les Enfers, & qui les en ramenoit

Quoique les Hermès ne dussent être que pour les Statues de Mercure, puisqu'elles portent son nom, on le donnoit cependant à toutes celles qui en imitoient la forme. Ainsi quand c'étoit Apollon qu'elles représentoient, on les nommoit Hermapollons. Si c'étoit une tête de Minerve, en Grec Athene, on les appelloit Hermarhenes; & Hermeros, celles qui représentoient la tête de Cupidon, dont le nom Grec étoit Eros, ainsi des autres. Enfin cette maniere antique fut encore conservée dans les Statues du Dieu Terne, qui n'étoient que des pierres informes.

Les Villes de la Grece, malgré le progrès de la Sculpture, étoient remplies de ces fortes de Statues; & Thucydide nous apprend qu'une nuit on avoit coupé les têtes de toutes celles qui étoient à Athenes. On sçait qu'Alcibiade fut soupçonné de cet attentat, & qu'il fut banni pour cela. Il n'y avoit rien de prescrit touchant la matiere dont devoient être les Statues des Dieux. Comme la Sculpture est un art qui par

le moyen du dessein, & de la matiere solide imite la nature, elle a pour matiere le bois, la pierre, le marbre, lyvoire, differens metaux , comme l'or, l'argent, le cuivre, les pierres précieuses , &c. qu'elle comprend aussi la fonte, qu'on subdivise, en l'art de faire des figures en cire, & en celui de jetter en fonte toutes sortes de metaux. Les Statụaires avoient la liberté d'user de toutes ces matieres, & de toutes ces formes pour les Statues des Dieux. L'histoire nous apprend qu'il y en avoit de toutes ces sortes, on en faisoit des bois les plus précieux, & les moins sujets à fe corrompre. Celle de Jupiter à Sicyone étoit de buis; & à Ephese, celle de Diane étoit de cedre. Ailleurs on en trouvoit de citronnier, de palmier, d'olivier , d'ébene, & de cyprès. Nous

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