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Nalamones &

que copier Herodote; avec cette difference, qu'ils attribuent aux Augilites ce que l'Hiftorien Grec avoit dit des Nafamo-Dieux des nes; mais ces Peuples étoient fi voifins les uns des autres, des Catabathqu'il a été aifé de les confondre (a); ou peut-être que les uns mes. & les autres avoient les mêmes Dieux, c'est-à-dire, les Ames de leurs ancêtres. Pomponius Mela parle dans le même Chapitre de la Religion des Catabathmes, petite Nation située entre la Libye & l'Egypte ; mais comme il dit feulement que ce Peuple adoroit les Dieux de fon pays à la maniere de ses Peres, Et cultu Deûm quos patrios fervant ex patrio more venerantur (1), il n'eft pas poffible de deviner fi ces Dieux étoient(1) Edit. de les Dieux naturels, tels que les Aftres, & les autres parties de l'Univers, ou les Ames de leurs ancêtres, comme nous venons de le dire des Augilites & des Nafamones. Nous apprenons d'Herodote les habitans de la Cyre- Habitans de la naïque rendoient les honneurs divins à Battus, à qui on avoit Cyrenaique. bâti des Temples. On fçait que Battus forti de l'Ifle de Thera, avoit emmené une Colonie dans cette partie de l'Afrique, &

Dieux des

que

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avoit fondé le Royaume de Cyrene. Ce fut Demonax qui à l'occafion d'un Oracle de Delphes avoit été envoyé à Cyrene par les Mantinéens fes Compatriotes, qui y établit le

culte de Battus.

tres

Le Devin Mopfus étoit auffi honoré comme un Dieu, dans Dieux de l'Afrique proprement dite, ou dans cette partie de ce Conti- quelques aunent qui s'étend du côté du couchant, depuis la Cyrenaïque d'Afrique. jufqu'à la Mauritanie. Il y a eu deux perfonnes de ce nom, l'un fils de Manto, & petit-fils de Tirefias, l'autre fils d'Ampycus. Le premier avoit un Oracle, & étoit honoré dans la Cilicie; le fecond étoit un celebre Argonaute qui mourut en Afrique, & y reçut les honneurs divins, comme nous l'apprenons d'Apulée qui étoit né en Afrique: Pro numine pofteà ab hominibus proditi, fanis & ceremoniis vulgò advertuntur ; ut in Baotiâ Amphiaraus, in Africa Mopfus, &c. Mais comme j'aurai occafion de parler de ce Mopfus dans l'Hiftoire des Argonautes, Tome III. je n'en dirai rien ici davantage.

(a) Ceux qui feront curieux de voir l'erreur de Pomponius Mela & de Pline dans tout fon jour, pourront confulter la fçavante Remarque d'Abraham Gronovius, fur le Chapitre VIII. du premier Livre de Pomponius Mela.

(1) Liv. 10.

fecond, Mylitta. La feconde, que quoiqu'il donne dans un endroit le nom d'Aphrodite à cette Venus, & dans un autre celui d'Uranie, il est évident qu'il ne les diftingue pas l'une de l'autre.

Strabon qui parle auffi des Dieux des Arabes, dit (1) qu'ils n'adoroient que Jupiter & Bacchus, fans faire aucune mention d'Uranie; & Arrien, qui ne leur donne pour Divinités que le Ciel & Bacchus, femble favorifer le fentiment de cet Auteur: mais il y a apparence que ces deux Ecrivains étoient moins inftruits qu'Herodote, de la Religion de cet ancien Peuple, ou il faut convenir qu'elle avoit reçu quelque changement; peut-être que dans le fond ils ne fe contredifent point les uns les autres. Bacchus étoit inconteftablement Soleil ; & Uranie, ou la Celeste, nommée par les Arabes & par quelques autres Peuples, Alilat, étoit la Lune; & c'étoient en effet ces deux Aftres qu'ils adoroient.

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Comme l'Idolâtrie, qui ne connoiffoit dans fes commencemens que ces deux Aftres, ne demeura pas long-temps dans cette premiere fimplicité, on ne doit , on ne doit pas trouver étrange que d'autres Auteurs moins anciens que ceux que je viens de citer, ayent donné aux Arabes un plus grand nombre de Dieux. Ainfi Etienne de Byfance dit que leur Dieu s'appelloit Dufarès, & que ce fut lui qui donna fon nom à une haute montagne, & à ceux qui l'habitoient, qu'on nomma Dufareniens. Il raconte auffi un fait qui en nous faifant connoître la vanité d'Alexandre, prouve en même temps ce que dit Herodote de la Religion des Arabes: car ce Conquerant ayant appris qu'ils n'adoroient que deux Dieux, leur propofa d'être le troifiéme; puifqu'il étoit comparable à Bacchus, dont il avoit égalé les Conquêtes & les Voyages.

Il eft vrai que cet Auteur dit que les deux Divinités adorées par les Arabes, étoient Uranus, ou le Ciel, & Dionyfius, ou Bacchus ; mais les Sçavans donnent à jufte titre la preference à Herodote. Tertullien dans fon Apologetique, & dans le Livre XI. contre les Nations, nomme ce Dufarès, & le met au nombre des Dieux des Arabes, avec Obodan qui étoit un Roi du pays, dont on voyoit le Tombeau dans le pays des Arabes Nabathéens.

Philoftorge,

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Au refte, fi je ne dis rien dans ce Chapitre de la Religion de plufieurs autres Peuples d'Afrique, c'eft qu'ils n'ont été connus des Anciens, & que ce n'eft que des anciennes Religions qu'il eft queftion dans cette Mythologie. Les Voyageurs modernes qui parlent de l'Idolâttie prefente de quelques-uns de ces Peuples, le font d'une maniere si peu inftructive, qu'on n'apprend par leurs Relations, rien de certain touchant l'origine & le veritable objet du culte religieux de chacun des Peuples dont ils parlent. On voit en general que dans cette partie du monde il y a encore beaucoup de Nations qui rendent un culte religieux à de vaines Idoles de differentes efpeces mais ces Idoles reprefentent-elles des Etres animés, ou les Ancêtres de ces Idolâtres, comme chez quelques autres Peuples d'Afrique ? C'eft ce que les Voyageurs ne difent pas. Ainfi après avoir examiné ce que les Anciens nous ont laiffé fur les Dieux des Egyptiens, & des Africains connus de leur temps, voyons dans le Livre fuivant ce qu'ils difent de ceux des Peuples d'Afie.

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ne nous permet pas d'en douter. Selon les mêmes Auteurs ajoute cet Academicien, l'Idolâtrie des Arabes eft plus ancienne que le Deluge. Les cinq derniers Dieux que nous avons nommés après Beger, étoient felon Budauvi, des hommes vertueux qui avoient vécu avant le Deluge, & dont le culte avoit été, après cet évenement, rétabli chez les Arabes.

Je ne m'étendrai pas davantage fur les Dieux de ce Peuple; on en peut voir la Lifte dans Pocock & dans M. Fourmont, & je fupprime ce Catalogue d'autant plus volontiers, qu'il eft peu inftructif. Je me contente d'obferver que ceux de ces Dieux qui n'avoient aucun rapport aux Aftres & aux Planetes, étoient quelques Hommes illuftres, qui avoient merité un culte religieux, parmi lefquels étoient fans doute Abraham & Ifmaël, defquels defcendoient les Arabes. Quoiqu'il en foit, il paroît que les Arabes n'avoient d'abord que deux Dieux naturels, Dionyfius & Alilat, c'est-à-dire, le Soleil & la Lune, comme le prouve très-bien Gerad Voffius; mais que dans la fuite ils joignirent à ces deux Divinités, les Dieux animés, leurs Rois & leurs Hommes illuftres; & qu'enfuite ils reçurent les Dieux de leurs voisins.

Au refte, aucun des Auteurs que j'ai cités, ne parle de la forme des Sacrifices des Arabes, ni des Victimes qu'ils immoloient. Strabon nous apprend feulement qu'ils offroient chaque jour au Soleil, ou à Dionyfius de l'encens fur un Autel qui étoit dans un lieu couvert ; & Theophrafte avoit dit longtemps avant lui, que les Sabéens ramaffoient avec grand foin la myrrhe & l'encens, pour l'offrir dans le Temple de ce Dieu: ce qui leur étoit commun avec les Ethiopiens, ainsi que nous le dirons dans le Chapitre suivant.

On ne s'étend pas davantage fur la Venus Uranie, ni fur Dionyfius, qui étoit l'ancien Bacchus, ou plûtôt Ofiris, dont le culte avoit paffé d'Egypte en Arabie, parce qu'on aura occafion d'en parler ailleurs.

Les Arabes demeurerent Idolâtres jufqu'au temps de Mahomet, fous lequel ils abandonnerent le culte des Idoles, & ont toujours été depuis fes plus fideles Disciples.

CHAPITRE IX.

Des Dieux des Ethiopiens.

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ES Dieux des Egyptiens & des Arabes, il eft naturel de paffer à ceux des Ethiopiens : voici d'abord ce que Strabon nous en apprend (1). » Les Ethiopiens, dit ce fçavant (1) Liv. 17. Geographe, reconnoiffent un Dieu immortel qui eft le principe de toutes chofes, & un Dieu mortel, qui n'a point de nom; mais communément ils regardent comme des Dieux leurs bienfaiteurs, & ceux qui font diftingués par leur naiffance. Parmi ceux qui habitent la Zone torride, il y en a qui paffent pour être Athées, parce qu'effectivement ils haiffent le Soleil, & le maudiffent à fon lever, par la raison qu'il les brûle par fa chaleur, au point qu'ils font obligés d'aller fe cacher dans les lieux humides & maréD cageux ».

»

» Ceux de Meroé adorent Hercule, Pan, & Ifis, avec un » autre Dieu étranger. Quelques-uns d'entr'eux jettent leurs

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morts dans le fleuve, pendant que d'autres les gardent > chez eux dans de grands Vafes de verre ; d'autres enfin les » mettent dans des Cerceuils de terre cuite, & les enterrent » autour des Temples

D.

On voit par ce paffage que les Ethiopiens, à l'exemple des autres Peuples, avoient des Dieux naturels, & des Dieux animés qu'ils prenoient les derniers parmi leurs grands Hommes, qu'ils élevoient au rang des Dieux; & qu'ils avoient emprunté les premiers des Egyptiens leurs voifins, puisqu'ils adoroient comme eux la Lune fous le nom d'Ifis, & toute la nature fous celui de Pan.

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Pour le Soleil, il eft certain qu'ils l'honoroient au point qu'on regardoit comme Athées ceux qui ne le reconnoiffoient pas pour un Dieu, ainsi que nous venons de le dire après Strabon: cependant ils ne le nommoient pas Ofiris comme les Egyptiens, mais Affabinus ; & parce qu'il étoit leur grande Divinité, les Grecs & les Romains lui donnoient le nom de

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