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comme un objet de haine & d'horreur? Ne CHAP, IT. confeslerions-nous pas alors , que nous appartenons encore à l'homme prévaricateur, & au serpent qui l'a vaincu Ne serions. nous pas alors sans JESUS-CHRIST & fans Dieu dans le monde ; & le caractere de la bête ne paroîtroit-il pas sur un front qui rougiroit du caractere de l'agneau & de son inage ? - Portons donc, comme nous y » 1. Cor. 153 exhorte faint Paul, l'image de l'homme » 49.

céleste , comme nous avons porté l'image de l'homme terrestre : Sicut portavimus » imaginem terreni, portemus ea imaginem . leftis. Et faisons par une fidelle imitation de JESUS - CHRIST qu'on le reconnoisse dans nous, comme la conformité de nos vices & de nos passions a rendu visible le premier pécheur dans notre conduite : Qualis Ibid. n. 48 terrenus , tales de terreni : dg qualis cæleftis , tales de cæleftes.

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9. 2. L'exemple de JESUS-CHRIST explique

ces paroles : Celui qui ne me suit pas, n'est
pas digne de moi. Le renoncement doit être
général, comme celui de JESUS-CHRIST.

lui : இயா

1. LORSQUE JESUS-CHRIST disoit pendant sa vie , que celui qui ne prend pas fa Croix, & ne le suit pas, n'est pas digne de

non accipit crucem fuam, co sequi- Matthi in tur me, non eft me dignus;on se formoit avec 38. peine une idée précise d'un commandement jusques-là inoiji, & l'on ne comprenoit pas distinctement en quoi il fe donnoit pour modéle, ni à quoi il attachoit l'obligation de le suivre, à peine d’être indigne de lui. Mais JESUS - CHRIST réellement crucifié pour la vérité & pour la justice, immolé à

CHAP. II. fon Pere par l'obéissance , sacrifiant la vie I

fa charité pour les pecheurs, portant avec unc patience invincible tout ce qui étoit nécessaire à l'expiation de nos iniquités, ne nous permet plus de douter qu'il ne soit en tout cela notre exemple : que nous nc devions le suivre jusqu'à la Croix, jusqu'aux dernieres humiliations, jusqu'à la mort ; que nous serions indignes de lui, si nous mettions à notre obéissance quelque exception qu'il n'a pas mise à la fienne ; & que notre reconnoiffance & notre amour pour lui, ne répondroient pas à la charité qu'il a euë pour nous, si nous refusions de le suivre jusqu'au bout pour notre propre interêt , pendant qu'il continuë de marcher pour nous par pure miséricorde.

2. Il en est de même de cette condition que JESUS-CHRIST attache inséparablement à l'honneur d'être son disciple, & qui

consiste à renoncer à tout ce qu'on possede: Luc. 14. 33. Sic omnis ex vobis qui non' renunciar omnibus

qua poffidet , non poteft meus effe difcipulus. Car avant que Jesus.CHRIST mourất sur la Croix, on pouvoit, ce semble, douter de l'étenduë de ce renoncement : on pouvoit être tenté d'y coupçonner quelque exagération ; on pouvoit au moins le regarder comme sans exemple. Mais JESUS-CHRIST dépouillé de tout, même de ses vêtemens, fans bicns, fans amis, sans protection, condamné, déshonoré par mille outrages, que ses douleurs, fa patience', & få inort ineme n'ont pas arrêtés, nous déclarent nettement que le dépoüillement du disciple doit être aussi étendu & aussi universel que celui du maîtrc , & que l'un ne peut pas réserver ce que l'autre a facrifié pour

lui.

.

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3. Entre les difciples qui fuivent JESUS CHA?. IT. CHRIST, les uns ont des biens , d'autres des protecteurs, d'autres du crédit, d'au. tres de la réputation. Quelques-uns réunissent en leurs personnes tous ces avantages ; & il y en a dont le facrifice leur coute beaucoup, sur-tout quand les interêts d'une famille fortifient l'attachement qu'on y a. On consulte alors , on délibere, on compare les tristes conséquences d'un devoir, avec l'obligation d'y être fidéle ; & il est rare qu'on ne trouve pas ou dans soi-même , ou dans le conseil de ses amis , des raisons qui diminucnt l'évidence du devoir , & qui représentent l'extrémité ou l'on se réduiroit en le suivant, comme un excès, comme une fingularité sans exemple, comme une folie, condannée non seulement par la pru- . dence humaine , mais même par celle qui est unc vertu , dont une conduite fi peu mesurée seroit le scandale & la honte.

4. Ainsi une condition qui paroissoit très sérieuse, quand JESUS-CHRIST l'attachoit à l'honneur d'être fon disciple, n'a presque jamais lieu : & plus il est clair qu'il en couteroit tout pour lui être fidéle , plus il paroît alors évident qu'on est dispensé de l'etre. On demande alors des exemples d'un ecl renoncement ; & comme on n'en trouve point , ou qu'ils sont très-rares & peu frappans, parce qu'ils ne sont que dans des personnes obscures , on conclat qu'il n'y en a point ; & de ce qu'il n'y en a point , on conclur avec la même certitude, quc si on le donnoit soi-même on feroit très-imprudent & hors de la régle, au lieu de la suivre.

s. Mais si l'on peut conclure ainsi, tant qu'on ne regarde que les hommes, & qu'on

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CHAP. II. ne consulte que les hommes ; combien eetcs

fauffe prudence est-elle confonduë par la parole de JESUS-CHRIST, soutenuë & expliquée par son exemple ? Les termes de la loi sont généraux : Omnis ex vobis. Personne n'est excepté. Le renoncement est total: qui non renunciat omnibus que possidet. L'exclusion du nombre des disciples est sans re. tour : non poteft meus effe d'iscipulus. Les comparaisons qui précédent cette loi dans le discours de JESUS-CHRIST sont une preuve qu'elle est indispensable. Car il nous compare à un homine", qui avant que de bâtir une tour , fuppute à loisir s'il aura de quoi l'achever ; & à un Prince qui étant en guerre avec un autre , examine avec soin s'il

peut la foutenir, ou s'il ne feroit pas micux de la terminer par une négociation 3 de paix. Après quoi, il ajoute: „ C'est » ainsi que quiconque d'entre vous ne re» nonce pas à tout ce qu'il possede, ne peut »» être mon disciple. » Qu'il examnine, avait que d'en prendre la qualité, s'il aura dequoi la foûtenir. Pour moi , j'exige tout. Je veux un sacrifice plein & parfait. Je renonce pour disciple celui qui commence à édifier, & qui n'acheve pas; qui s'engage avec moi dans une guerre dont il se laffera. Comme disciple il doit m'écouter toujours; & moi comme son maître , je ne puis l'être à demi, ni coinpofer avec lui, ni me contenter d'être son égal.

8. Voilà la loi : mais combien l'exemple du maître est-il plus clair & plus preffant que la loi ? De tous les biens dont la pofsession appartenoit à JESUS-CHRIST, lequel s'est-il réservé:Que lui reste-t-il sur la croix ? Où est fa gloire : Où est la liberté ?

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1

qui l'a-t-on associé dans son supplice ? De CHAP. 17. quoi n'est-il pas accusé, puisqu'il et accusé d'avoir usurpé la qualité de Fils de Dieu , & d'être un séducteur que Dicu defavouë , & qu'il laisse expirer dans les tourmens ? Quel abandonnement peut être plus grand que le sien ? Son Pere même n'y en ajoutct-il pas un autre infiniment plus sensible, dont il nous instruit par ses plaintes ? Qui de nous

peut

ainsi renoncer à tout , & mê.
me aux consolations qui paroissent néces-
saires à la patience ? De qui le maître exi-
gera-t-il un sacrifice aussi universel que lo
sien ? Et quand le disciple lui en offriroit un
pareil, y auroit-il quelque comparaison à
faire entre le maître qui donne l'exemple,&
le disciple qui le suit : entre le maître dont
le ciel & la terre sont les ouvrages , &-un
disciple à qui tout ce qu'il facrific étoit pré-
té pour un teins : entre le maître qui ra-
chete son disciple, & qui donne tout pour
le racheter ; & le disciple qui conserve &
qui rend éternel tout ce qu'il facrifie à Cox
Rédempteur?
9. 3. Explication d'un endroit de l'Eccléfia-
stique chap. 14. qui marque le Saint em-
pressement d'un homme de bien pour décou-
vrir les traces de la Sagessé, qui pour lors
étoient fort obscures. Depuis que cette $4.
selle s'est incarnée, ces traces sont visibles,
con conduisent toutes au Calvaire.

1. Il y a un endroit admirable dans le quatorziéme chapitre de l'Eccléfiaftique, ou le Saint Efprit represente d'une maniere très-vive & très-touchante l'empressement d'un honime de bien pour découvrir les sens

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