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CHAP, VIII. venir les uns & les autres , que J. C. depuis

le premier moment de son Incarnation, juso qu'à celui od il est sorti du tombeau, nous a toujours eu en vûë , qu'il n'a rien fait que pour nous, & qu'il n'a pas

été un feul moment distrait par rapport à notre fálut. Car il faut au moins, qu'il y ait de notre part quelque proportion entre notre reconnoisfance & fon amour, & quelque espece d'égalite entre ce qu'il a fait pour nous , & ce que nous devons faire pour lui. Or , quelle proportion & quelle égalité pouvons-nous mettre entre fon amour & le nôtre, -fon attention & la nôtre , fi nous ne lui of. frons qu'une partie , lorsqu'il donne cout; & fi nous exceptons beaucoup de choses, quoiqu'il n'ait rien excepté ? Quelle vie sesoit digne de la sienne, quand elle feroit très-longue & très-sainte? Que peuvent tous les Anges & tous les hommes ensemble , quand on les compare à J.C? Quelle reconnoiffance peut égaler le prix d'un moment de ses travaux & de ses souffrances, quand elle seroit éternelle ? Quel sacrifice peut être mis en parallele avec le lien ? Quel holocaufte sera jamais aussi plein & ansli par. fait , que celui qu'il a offert pour nous sur la croix ! Quelle comparaison peut-on faire entre le Fils unique de Dieu, & les pécheurs qu'il a trouvés aveugles & impénitens, & qu'il a reconciliés par fon fang Convient-il à ces pécheurs de disputer avec l'cur Libérareur sur ce qu'ils doivent à fa charité ? Croient - il's avoir été achetés à trop bas prix ? Prétendent-ils se faire justice, en reprenant des droits dont ils ne se croient pasassez justement dépoilillés ?: Se repentent-ils d'avoir été rachétés, & d'avoir changé de maître? Préferent-ils le régne de la cupidité;

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a

2. Mais

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qui est celui de Satan , au régne de la chari- CHAP. VIII.
té, qui est celui de J. C. ? Il faut bien que
ces pensées ténebreuses & inspirées par le
ferpent, aient trouvé quelque ouverture
dans leur cæur ou dans leur esprit ; puisqu'-
elles les ont affoiblis, & qu'elles leur font
regarder comme un joug accablant, l'obliga-
tion de ne vivre que pour J. C. & comme
une dure nécessité de mourir à tout le reste.

pour

déraciner ces pensées , & pour

établir au contraire le folide fonde. ment de notre piété, & de norre reconnois. sance envers ).C.apprenons de lui pourquoi il s'est fait homine , & comment il a vêcu depuis son Incarnation jusqu'à la mort. Je Jean. 6. 36. „Luis décendu du ciel, dit-il, non pour

faire » ma volonté, mais

pour

faire la volonté de celui qui m'a envoié. Or la volonté de » mon pere qui m'a envoie, est que je ne so perde aucun de ceux qu'il ma donnés:mais » que je les ressuscite tous au dernier jour.cc Dans ce peu de paroles, mais qui renferment cout, J. Č.dit claireinent qu'il ne s'est incarné, que pour obéir & pour

faire la volonté
de son
pere;

&
que cette

volonté de son pete a pour objet no:re salut ; ainsi, c'est

pour obéir qu'il s'est fait homme, & c'est pour nous qu'il a toujours obéi. Rien n'est plus précis. L'obéissance de J.C. a été continuel. le : elle a commencé à son incarnation, &C n’a fini qu'à fa mort : & c'est toujours nous qui avons été l'objet de cette obéissance.

» 3. Le Fils de Dieu , dit saint Paul, en » entrant dans le monde , dit à son Pere (ce Heb. 16. si »que le Prophéte avoit prévû long-tems 6. 7. 10. » avant son incarnation qu'il lui diroit ; ) » Vous n'avez point voulu d'hostie nidio

blation : mais vous m'avez formé un corps » Vous n'avez point agréé les holocaustes

. fois

CHAP. VIIT, » pour le péché. Alors j'ai dit: me voici ; je

» viens. selon qu'il est écrit de moi dès le » commencement de l'écriture ( autrement » à la tête du livre) pour faire , ô mon „ Dieu , votre volonté. Après quoi l'Apômere ajoûte aussi-tôt : » Et c'est cette volon» cé de Dieu qui nous a Canctifiés par

l'oblawtion du corps de J. C. qui a été faite une ». C'est encore la même chose

que ce que J. C. lui même nous avoit appris. Il est venu pour tenir la place des sacrifices & des holocaustes, qui ne pouvoient effacer nos péchés, ni nous reconcilier avec son Pere. Il est venu pour s'offrir lui-même comme une hoftie vivante, sainte , agréable à Dieu,

telle qu'elle avoit été prédite dès le come Genef. 3.15. mencement de la Genese. Il est venu pour

obéir dès le premier moment de la vie jusqu'au dernier, & pour accomplir la volonté de son Pere. Mais quelle est cette volonté ? c'est celle , dit l'Apôtre, qui nous a sanctifiés. Ainsi, toute l'obéissance de J. C. se rapporte à notre fanctification & à notre salut : & comme elle a commencé dès qu'il est entré dans le monde, pour ne se terminer que par le sacrifice de la vie sur la croix:c'est pour nous que J. C. a toujours obéi , comme c'est pour nous qu'il s'est incarné & qu'il est mort : qui sont les deux termes de son obéissance."

que

lui-même & fon Apôtre nous en ont dit, suffiroit pour nous en convaincre : mais il y a diverses preuves dans l'Evangile qui nous font connoître, que toute la vie de J. C. n'a été qu'une obéissance continuelle : & comme nous sommes désormais bien instruits, que c'étoit pour notre salut qu'il obéissoit ; nous ne pouvons douter , s'il a toujours obéi, que nous n'aions

4. Ce

toujours été dans un véritable sens , le mo- CHAP. VIII.
tif & le terme de son obéissance & de fa
vie. Lorsque la sainte Mere lui représenta
dans le festin des noces de Cana, que le vin
manquoit aux conviés , il lui répondit que
son heure n'étoit pas encore venuë ; c'est-
à-dire , comme l'événement l'expliqua,qu'il
manquoit encore quelques momens à l'heu-
re précise , où, selon la volonté de son Pe-
re; il devoit faire son premier miracle :
Nondum venit hora, mea. Sa sainte Mere
comprit parfaitement les sens de ces paro- Joan, 2. 4.50
les , qui n'étoient qu'un délai ; & non un
refus ; & se cenant sûre du miracle, lorsque
le tems en seroir arrivé ; elle dit aux servi-
teur d'obéir sans répliquer à tout ce qu'il
leur commanderoit, quelque extraordinai.
res que lcur parussent les ordres qu'il leur
donneroit : Quodcumque dixerit vobis, fa-
cite.

s. Lorsque les parens de J.C. que l'Evan-
gile appelle ses freres , l'exhortoient par
des motifs humains à aller à Jerusalem vers
la fête des Tabernacles, afin , disoient-ils,
qu'il s'y fît connoître par ses miracles, il
leur répondit en ces termes : « Mon tems - Toan, 7:6.8.
n'est pas encore venu: mais pour vous, vo- « 18.
tre teins est toujours prêt. ... allez à cette co
fêre

, pour moi je n'irai point , parce que «
mon tems n'est pas encore accompli . Il
manquoit encore quelques jours ou quel-
ques
heures au tems marqué par son

pere,
qu'il ne vouloit pas prévenir. Au moment
précis il' partit pour Jérusalem, & pour la
fère, comme s Jean le rapporte : tunc eon
ipse ascendit ad diem feftum, & il nous ap-
prit par cette éxacte s littérale obéissance,
combien tour le détail de la vie étoit réglé

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1

par la volonie de son Pere"; coinbien les CHAP. VIII. moindres circonstances des tems & des lieux,

lui étoient prescrites, & lui étoient précieu-
ses , & combien il étoit attentif à expier
par une telle obéissance , les fautes fans
nombre, que notre indépendance & l'amour
de notre liberté nous font commettre:Teme
pus meum nondum advenit ; tempus autem
veftrum semper eft paratum.

6.C'est ainsi que J. C. accomplissoit l'au-
vre dont son Pere l'avoit chargé, selon cec-
te grande parole qu'il dit vers la fin de la

vie : Opus confummavi, quod dedisti mihi ut Joanh 17. 4. faciam. C'est ainsi qu'il faisoit toujours ce Ibid. 8.29. qui étoit agréable à son Pere : que placita

funt ei facio semper. C'est ainsi qu'il ne fai-
soit rien que son Pere ne lui montrât qu'il

le devoit faire : à me ipfo facio nihil, sed 10. 8. 28, sicut docuit me Pater, hac loquor. C'est ainsi

qu'en expiant la désobéissance d’Adam & la
nôtre, il nous méritoit la

grace de mourir
à nos passions , & à nos injustes volontés, &
la gloire de vivre désormais pour lui, par
reconnoissance, par justice, par droit de
conquête, par le titre d'une création & d'u-
ne naissance nouvelle, selon ces paroles el-
sentielles qui ont été la matiere de ce Cha-
pitre, & qui sont à notre égard le contrat

de notre alliance avec J C... L'amour de 2. Cor.s. 14. » J. C. aous presse; considérant

que
» feul est mort pour tous, donc tous sont :
» morts : & que J. C. est mort pour tous,
afin
que

ceux qui vivent , ne vivent plus
» pour eux-mêmes, mais

est » mort & qui est ressuscité

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si un

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pour
celui qui

pour eux. Fin de la seconde Partie.

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