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met en ufage, & de la réfiftance qu'on veut vaincre, comme la vîteffe des corps qui tombent s'accroît à chaque inftant de leur chute. Ces forces vont fe réunir au point fixe qui foutient le Levier : là, comme les mobiles au point de contact, elles fe combattent, s'équilibrent, fe furmontent, felon les différens cas, & toujours fuivant cette loi générale que nous établissons d'après nos obfervations communes.

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Les forces, qui agiffent fur les Leviers, ou comme puiflances, ou comme réfiftances, font en raifon réciproque de leurs quantités, & de leurs diflances au point fixe. C'est-àdire que de deux poids qui agiffent fur un levier, fi l'un furpaffe la diftance de l'autre au point fixe, autant qu'il lui eft inférieur en forces, il y aura équilibre, &c.

Après avoir manié les différens Leviers ordinaires, nous paffons à la Balance, qui eft une efpéce de levier improprement dit, par le fecours duquel on connoît la valeur d'un poids inconnu, en l'équilibrant avec un poids connu. Nous obfervons que cette

machine fera d'autant plus parfaite que le fléau lera plus long, plus inflexible, plus délié, & qu'il effuyera moins de frottemens à l'axe. Après la balance vient la Romaine, qui l'emporte fur la balance ordinaire en ce que, ayant un fléau, dont les deux extrêmités font inégalement diftantes du point fixe, on peut connoître la valeur des poids les plus difproportionnés, en faifant gliffer fur le bras le plus long un poids connu, dont la valeur augmente comme fa diftance au point fixe.

On étudie enfuite les Poulies. Chaque point de leur furface eft regardé comme l'extrémité d'un levier. Les Moufles, les Cabeftans, les Roues de toute efpece paffent en revue devant nous. Ifmin trouve beaucoup de génie dans ces machines, & a de la peine à les quitter. ... Mon bon Maître, pourquoi les hommes n'admirent-ils pas cela ?

LE PHILOSOPH E.

Mon fils, c'est parce qu'il eft peu de perfonnes d'affez defprit pour y trouver celui qui y eft.

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IS MIN.

Mais au moins on devroit eftimer ceux qui s'appliquent à manier ces inftrumens & qui font avec eux tant de belles chofes.

LE PHILOSOPHE.

du

Sans doute, mais depuis long-temps tout va au rebour. Les hommes, en prenant dégoût pour le vrai bien, ont abandonné au petit peuple la gloire d'opérer ce qui fait le plus d'honneur à l'efprit humain, & ont convenu en même-temps de mépri fer ceux de qui ils tiennent ce qui leur est le plus utile.

IS MIN.

Oh! je n'ai pas fait cette convention moi. Il у a là une ingratitude horrible.

LE PHILOSOPH E.

Bon Ifmin, je fuis de ton parti: c'est celui de la raifon. Auffi, tandis que nos

?

gens à la mode accorderont toute leur eftime aux bagatelles qui amufent leur ftupide oifiveté, nous irons vifiter ces bonnes gens,

& admirer dans leurs atteliers le génie qui y brille de toutes parts.

Ce dialogue fini, nous obfervâmes que tous les animaux font ufage du levier, fans s'en appercevoir, toutes les fois qu'ils remuent quelqu'un de leurs membres.

III. Le mouvement s'accélere toutes les fois que le mobile reçoit un nouveau degré de force. Dans ce cas fe trouvent tous les corps qui tombent, ainfi que nous l'avons déja remarqué.

J

1

Les obfervations, qu'on a faites fur cette accélération du mouvement des corps dans leur chute, nous ont procuré des avantages fans nombre. On a remarqué qu'un petit poids, tombant d'une grande élévation produifoit le même effet qu'un grand poids tombant d'une petite hauteur, en faisant abftraction de la réfiftance de l'air. On a calculé, & on a trouvé que, lorsque les hauteurs & les poids font en raifon reciproque, l'effet eft à-peu-près le même.

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Delà l'ufage des différens Marteaux, des Bouvarts, de la Maffue, du Martinet, &c.

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Depuis l'humble épinglier, jusqu'au brillant diamantaire, tous les ouvriers ont leurs poids, qu'ils font tomber avec mefure : & leurs forces fe trouvent augmentées à peu de frais.

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IV. Le mouvement fe compofe, lorfqu'un mobile eft forcé d'obéir à deux puisfances, dont les directions fe croifent. Le mobile, qui auroit parcouru deux côtés d'un quarré, s'il avoit obéi fucceffivement à chaque puiffance en particulier, ne parcourt que la Diagonale du même quarré, en obéifTant en même-temps à toutes les deux. Par conféquent le mouvement s'affoiblit dans la compofition; & d'autant plus, que les puiffances font entre elles un angle plus ouvert, fuivant cette loi. La diminution des forces dans la compofition du mouvement croît en proportion de l'oppofition des puifJances.

Ifmin demande des expériences, & c'est un Batelier qui les lui fait. La barque, dans laquelle il s'efforce de traverfer la Riviere, eft emportée en un fens par le courant de

l'eau,

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