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vérité je trouve à cela une espece de cruauté.' Il étoient bien afiez misérables. Ne leur envions rien.

LE PHILOSOPH E.

re

Misérables!.... Mon ami, s'ils reparoissoient dans notre fiecle abondant , je te garantis que

fous
peu
de
temps

ils gretteroient leur premier état, au milieu de notre faftueuse indigence.

I S M IN.

Mais' comment pouvoient-ils n'être pas palivres, dans l'état où ils étoient ? Comment,

fans aucune des machines avec lefquelles nous avons fait de si belles choses , se feroient-ils procuré les commodités dont nous jouissons ?

LE PHILOSOPH E.

OP

Ils faisoient mieux : ils n'en avoient

pas besoin. Leur richesse confiftoit à se contenter de peu. Richesse précieuse ! qui les rendoit plus heureux que nous ne sommes, pous qui desirons beaucoup , & qui pofsédons très-peu de choses, eu égard à l'ine fatiabilité de nos desirs. Ils avoient

peu passions & ce sont les passions qui ont introduit la multitude des besoins, & des mi. res qui marchent à leur suite.

de

I S M I N.

Mais vous disiez tantôt que ces machines étoient l'invention la plus utile, & celle qui nous faisoit le plus d'honneur.

LE PHILOSOPHE.

Oui, ces machines font d'une utilité réelle lorsqu'on les fait servir aux besoins réels. Mais depuis long-temps elles ne sont quo des inftrumens de luxe & de mollelle : & il vaudroit encore mieux ne les avoir jamais connues , que d'en avoir abuse.

Après ces réflexions, nous passàmes à la Vis, qui est une suite de plans-inclinés , qui tournent en spire autour d'un cylindre. Nous observâmes d'abord que les plans sont plus inclinés , à proportion qu'il y a plus de distance d'un Filet à l'autre, ou que

le

Pas est plus grand : ceux-ci soulagent d'autant plus la puissance qui fait tourner la vis : les autres aident moins : mais l'o. pération est accélerée.

VI. Enfin le mouvement s'éteint. Tantôt brusquement, lorsqu'au point de conta&t les mobiles perdent toutes leurs forces : dans ce cas se trouvent tous les corps mous, qui rencontrert des obstacles insurmontables ; pu, lorsque parcourant des lignes diamés tralement opposées , ils se rencontrent avec des vitesses & des masses égales, ou reciproques. Tantôt il s'éteint par degrés, soit lorsque le mouvement se compose continuellement, comme il arrive à tous les corps lancés parallèlement à l'horison; soit lorsque le mobile rencontre des obstacles qui diminuent peu-à-peu les forces : c'est ce qu'on remarque dans les mobiles qui esluyent les frottemens des surfaces , ou des milieux qu'ils divisent ; & le mouvement, s'éteint d'autant plus vite , que les mobiles ont plus de surface respe&ive , & que les milieux sont plus denses , ou plus résistans.

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L'AIR, L'EAU, LE FEU.
JE

E crois qu'il est assez inutile que je continue mes entretiens. Vous avez vu de quelle façon je m'y suis pris pour enseigner à des enfans ce qu'il y a de moins ragoûtant dans la Philosophie. Le reste ne vous offrira que des amusemens également utiles & agréables. Parlez à vos Eleves de l'Air : vous pourrez leur dire d'abord que cette matiere fluide enveloppe, comme un manteau, toute la terre , à près de vingt lieues de hauteur. A coup sûr quelqu'un d'eux sera étonné. A vingt lieues de hauteur, s'écriera-t-il! Voilà un manteau bien léger pour son épaisseur ! L'air ne pese donc pas ? Vous difiez

cependant tantôt que tous les corps écoient pesans, Et je le dis encore , pourrez-vous lui ré pondre : un pied-cube d'air pese une once deux cent vingt-neuf grains. Mesurez ens

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suite la grosseur de l'enfant ; & , après lui avoir fait multiplier cette grosseur par la hauteur de la colonne qui pese sur lui, s'il n'est pas entiérement stupide , vous le verrez tout étonné vous demander como ment il n'est

pas écrasé par ce poids énorme. L'air, lui direz-vous , & vous le lui

prouverez d'après Nollet , eft répandu généralement dans tous les êtres ; & le peu qui est enfermé dans nos corps , contre-balance par

son élasticité tout celui de l'Atmos. phere, & rend son action nulle.

Cet enfant vous dira peut-être quelque jour : Mon bon Maître, voila une plaisante mariere : elle eft , dites-vous, par-touc autour de nous, & personne ne peut la voir. Elle n'est donc pas étendue. comme l'autre ?.... Mon petit Philosophe, excusezmoi : elle est étendue ; mais elle n'est

pas colorée ; & ce sont les couleurs qui rendent les objets visibles... Mais pourquoi l'air n'a-t-il aucune couleur ? Ajoutera-t-it peut-être : On dit qu'il se corrompt quelquefois, & qu'il est dangereux alors de le

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