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respirer ; s'il étoit visible, on connoîtroit la partie qui seroit malade ; & on iroit bien loin en respirer une autre. Sans doute, Ini direz-vous, cela feroit assez commode : mais

voyez à travers ce verre bleu. Que cela eft curieux, s'écriera votre éleve! Tout me paroît bleu. L'air, pourrez-vous repliquer, est comme un verre à travers lequel nous appercevons les objets. Sans doute il vous arrêtera aussi-tôt , comme fir mon Ismin en pareille 'occasion, & vous dira : Si l'air étoit bleu tout nous paroîtroit bleu, & nous nous lafserions bientôt de cette uniformité de couleurs : l'air n'étant

pas coloré, chaque objet paroît avec la livrée particua liere. Ce n'est pas tout, ajouterez-vous fi l'air avoir une couleur , on ne pourroit distinguer aucun objet, &c. Parlez-lui en suite des qualités de cet Élément ; de sa fluidité constante, inaltérable ; de fon élastia cité invincible, & de les autres qualités. Vous lui ferez, d'après Muschenbroek , l'Histoire des Vents ; ensuite viendra' celle des Echos.

ruisseau,

De l'Air , vous passez aux Liqueurs. Vous pouvez en parler à vos Eleves auprès d'un

ou sur les bords d'une riviere : vous leur ferez obferver comme les parties de cet Elément sont dans un mouvement continuel, & participent en quelque façon à la vie, tandis que tous les corps solides font dans un état de mort, qui les rend immobiles dans le lieu où ils se trouvent. Voilà fans contredit un grand privilége qu'a l'eau sur les autres corps terreftres, disois - je un jour à mon Ismin. Oh ! qu'elle le garde, ce privilége, me répondit-il avec vivacité ; car il prenoit quelquefois avec chaleur le parti de la Providence contre moi : nos Champs, nos Prairies, nos Bois, restent immobiles là où ils sont: & c'est ce qu'il nous falloit. Il seroit affez plaisant que nos vignes & nos champs allaffent courir partout, comme l'eau, qu'ils abandonnaflent leurs Maîtres , & ne restassent permanens aucune part..... Mais d'où vient cette RiYiere ? Elle ne tarit jamais. Elle vient de la Mer, lui répondis-je : mais, comme ce

reservoir n'est pas infini, elle y revient sans ceffe..... Quoi! cette eau vient de la Mer , & y revient sans cesie ! Je ne vois pas bien comment cela peut se faire. D'abord il faut que la Mer soit en haut, pour verser la Riviere, & en bas pour la recevoir : cela me paroît assez difficile à concevoir. Voilà l'occasion de parler des Vapeurs qui s'élevent de la Mer , & qui vont, selon leur plus grande on leur moindre ténuité, les unes former cette voute bleue , que nous appellons Ciel; les autres voltigent autour de nous, & deviennent sensibles sur les marbres, dans les quels entre le feu qui les tenoit divisées; & d'autres s'accumulent en Nuages, jusqu'à ce que se diffolvant en Pluies , elles vont saffraîchir les campagnes altérées, & se rae masser dans les monxagnes, des pieds defquelles sortent les Rivieres.

Les liqueurs , disois-je ensuite à mon Ifmin, sont composées de molécules d'une telle Dureté, qu'il est impossible de les comprimer; li Petites , qu'elles échappen aux meilleurs yeux aidés des plus excellents Mycroscopes , & entiérement détachées les unes des autres: & avec la connoissance de ces trois qualités, je lui fis expliquer tous les phénoménes des liqueurs.

que la

Si j'écrasois ce raisin, lui disois-je un jour , pourquoi la liqueur tomberoit-elle ? Parce peau qui l'enferme étant rompue, & cette liqueur n'étant plus soutenue , elle doit nécessairement aller vers le centre des graves.... Mais, mon petit ami , la liqueur n'est pas contenue sous la peau des végétaux, comme l'eau dans une bouteille : elle est enfermée dans les chairs ; & je ne vois pas pourquoi , lorsque je resserre ces chairs, je ne resserré pas aussi les liqueuts qu'elles renferment.... Eh quoi ! Monsieur'; vous avez oublié déja que les liqueurs font composées de parties si dures, qu'il est impossible de les comprimer ? Il faut donc qu'elles s'échappent, lorsque les végétaux qui les renferment rappetissent leur volume , & ne peuvent plus les contenir. Mais à quoi bon, lui dis-je, cette extrême dureté des parties des liquides ? Mon bon ami , me

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répondit-il, après un moment de réflexion, sans cela tous nos pressoirs auroient été inutiles : leur action n'auroit fait que rappetiffer le volume des liqueurs qui ne seroient point sorties des végétaux. Mais, ajoutai. je , pouroit-on savoir encore pourquoi les parties des liqueurs sont si petites qu'on le dit ?.... O! Monsieur, chacun à son tour. Je le veux bien , lui dis-je; & je Jui fis remarquer que, si ces parties étoient d'une certaine grosseur , fut-elle moindre que celle de la plus fine poussiere, que nous voyons rester immobile dans le lieu de la chute , le feu ne pourroit les agiter , & leur procurer cette étonnante mobilité qu'on remarque dans les liqueurs ; que par consequent les pluies s'accumuleroient dans les lieux où elles tonsberoient : ainfi les eaux qui manqueroient dans un pays, en suffoqueroient un autre, & le désordre seroit par-tout... Eh! comment ferions-nous dans les temps de féchereffe ? Mon petit-ami, lui répondis-je, nous irions voyager vers les lieux où les nouvelles annonceroient qu'il auroit plu, ou

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