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craindre, le destin de son oncle l'effraya : & il changea de conduite, parce qu'il étoit toujours le même, passionné pour le trône. Il porta une cuirasse fous sa robe toutes les fois qu'il entra dans le Sénat. Il ne parla plus que de la dignité de ce corps qu'il avilifToit sans cesse , & de son respect pour la République, que son ambition ingénieuse tenoit dans la servitude.

Quel portrait injurieux toutes les Hiftoires font de TARQUIN? S'il faut les croire, ce Prince étoit un monstre paîtri d'orgueil & de brutalité, que la vertu fut forcée de chasser du trône. Cependant Horace, cet homme fi favant dans la connoissance de l'homme ; ce Romain, fi inftruit du règne de ce Prince qu'on a osé diffamer, Horace , dans une Ode (a) toute

(a) Quem vîrum aut heroa. Od. lib. 1. Quelques Commentateurs prétendent qu'Horace parle dans cette Ode de Tarquin l'ancien : on ne sait sur quel fondement.

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consacrée à la gloire des Dieux & des Héros, après avoir chanté Jupiter , Pallas, Hercule , ne fait à qui donner le premier pas, à Romulus, à Numa, à Caton, ou à Tarquin. Sans doute

que

dans cette perple xité, il se teprésentoit ces ouvrages publics qui firent tant d'honneur à Tarquin, qui les bâtit avec tant de sagesse & de magnificence, & à Rome, qui en jouit fi long-temps & fi utilement. Horace avoit sans doute une jufte idée de la libéralité de ce Prince envers ses soldats, auxquels il fit aimer leur métier; de fa douceur envers les peuples vaincus, qu'il menoit avec tant de politique à la servitude ; de l'art avec lequel il suc inspirer aux Romais la fureur de conquerir , de son courage à la guerre ; &, ce qui l'emporte

de la constance dans le malheur (a).

sur tout,

(a) Voyer Considérations sur la grandeur & la décadence des Romains, chap. i.

Observez quel est l'étonnement & l'admiration des Historiens en présence d'Ho. ratius Coclés : voyez avec quel respect pour la tradition ils font arrêter une armée entiere par ce seul homme , qui n'eut d'autre gloire que celle d'avoir amusé les ennemis par des propositions trompeuses de paix , tandis que ceux de son parti coupoient secretement le pont que l'armée vouloit passer.

Je le répéte ; puisque la plớpart des Hiftoriens sont peu Philosophes, ceux qui font lire l'Histoire aux enfans, doivent l'être beaucoup. Ils doivent, avant tout , connois tre les hommes & les loix ; les divers Gouvernemens & leurs principes; les climats & les effets que produit leur variété. Tout sage infiituteur méditera long-temps l'immortel ouvrage de Montesquieu; il dévorera ce Livre d'or , & lui pardonnera quelques fautes en faveur des richesses immenses qu'il donne. Je ne sais s'il est sorti des mains des hommes un meilleur ouyrage que celui-là,

,

mais ce que je ne puis ignorer, c'est que c'est à lui que je suis redevable du succès, avec lequel j'ai montré l'Histoire à plus d'un éleve.

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Sur la Physique, la Géométrie, la

Géographie, & sur la Technique des Langues Latine & Françoise.

Par Noble P. A. DESMOLES (u), âgé de neuf ans, Éleve de M. SERANE. .

à Toulouse, 1774

dethed

DE LA PHYSIQU E. Nous

Ous divisons la Physique en quatre Sections. La premiere traite de la Terre; la seconde de l'Eau, la troisieme de l'Air, & la quatrieme du Feu.

(a) M. P. A. Desmoles, demeure chez M. Son Dicle, rue Guillhem-Paraire , à Toulouse, dans

a

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