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tement les autres. Ce qui n'empêcha pas que pluAN DU M. fieurs ne s'enfuiffent ; & quoiqu'il en fit tuer plude J. C73.de l'E. fieurs, il s'en fauva encore davantage. Les Rore vulg. 70.

mains les recevoient tous. Ils donnerent même

aux bourgeois, qui étoient plus de quarante mille, la liberté de fe retirer où ils voudroient. Les autres perfonnes plus viles, dont le nombre étoit prefque infini, furent vendus pour très-peu de chofe; parce qu'encore qu'on les donnât à vil prix, il fe trouvoit peu d'acheteurs.

Deux Prêtres, dont l'un s'étoit rendu volontairement, (a) & l'autre avoit été pris, promirent à Tite de lui découvrir quantité de richeffes, s'il vouloit leur promettre la vie. Il la leur promit avec ferment; & ceux-ci lui montrerent dans un trou de, la muraille du Temple deux chandeliers, des tables, des coupes, & d'autres vafes d'or très maflifs & très-pefans; & outre cela des habits pontificaux avec leurs pierreries, de tentures précieuses, beaucoup d'aromates & de parfums, & plufieurs autres chofes destinées au fervice du Temple.

Prife de la der

dans des égouts.

Les terraffes étant achevées, & les machines niere enceinte de étant pofées, (b) les Romains commencerent le Simon fe cachent feptiéme jour de Septembre à battre le dernier mur de la ville; & dès le jour même ils en renverferent une partie avec quelques tours. Ceux qui défendoient ces tours, les abandonnerent, & Jean & Simon furent faifis d'une telle frayeur qu'avant que les Romains fuffent venus jusqu'à

(b) De Bello, l. 6.c. 42.

(a) Chap. 41.

ces murs, ils s'enfuirent, & ne fongerent plus à AN DU M. faire aucune résistance. Ils penserent d'abord à aller forcer le mur dont les Romains avoient en- C.73. de l'E4073. de J. vironné la ville & à fe fauver par-là: mais ne re vulg. 70. trouvant plus autour d'eux aucun de leurs braves, parce que chacun s'étoit fauvé où il avoit pû, ils fe jetterent le vifage contre terre, en fe reprochant leur folie, & ne fçachant quel confeil prendre. Ils étoient encore maîtres de trois tours, Hippicos, Phazaël & Mariamne, qui étoient imprenables, & que l'on ne pouvoit forcer que par la famine; ils les abandonnerent, & allerent à la vallée de Siloé attaquer la muraille de circonvallation. Mais ayant été repouffez, ils furent réduits à s'aller cacher dans des égouts, les uns d'un côté, les autres d'un autre.

Les Romains fe voyant maîtres des murs planterent leurs drapeaux fur les tours; & commencerent à tuer tout ce qu'ils rencontrerent jufqu'à la fin du jour, mettant le feu dans les maifons, qui étoient pleines de corps morts. Ce fut le huitième jour de Septembre, que Tite entra dans la ville. Le feu y avoit continué toute la nuit, & le carnage y avoit recommencé avec le jour. Les foldats fe laffant enfin de tuer, (a) Tite ordonna qu'on ne mît à mort, que ceux qui réfiftoient, & qu'on retînt les autres prifonniers : mais ils ne laisserent pas de tuer contre fes ordres, les malades & les vieillards; ils ne conferverent que les plus vigoureux, qu'ils enfermerent dans

(a) Chap. 44

Carnage des Juifs dans Jerufalem

pour

cette partie du Temple, qui étoit deftinée AN DU M. les femmes & qui avoit été confervée, comme 4073. de J. C.73. de l'E- comme nous l'avons vû. Tite en donna le foin re vulg. 70. à Fronton, l'un de fes affranchis, qui fit mourir les voleurs & les féditieux, qui s'accufoient les uns les autres; réferva pour le triomphe les plus jeunes, les plus robuftes & les mieux faits; envoya enchaînez en Egypte ceux qui étoient au-dessus de dix-fept ans, pour travailler aux ouvrages publics. On vendit ceux qui étoient au-deffous de dix-fept ans. Tite diftribua un grand nombre de prifonniers dans les Provinces, pour fervir à des fpectacles de gladiateurs & de combats contre les bêtes.

Cette diftribution dura plufieurs jours, pendant lefquels il mourut onze mille de ces prifonniers : les uns, parce qu'on ne leur donnoit point à manger; les autres, parce qu'ils n'en vouloient point prendre. Jofeph (a) obtint la liberté à plufieurs de ces captifs: car Tite lui ayant laiffe le choix de retirer ce qu'il voudroit des ruines de fa patrie, il ne lui demanda que des Livres sacrez, & quelques prifonniers. Son frere Matthias ayant été pris enfuite, Tite à fa priere, le mit en liberté, avec cinquante autres de fes amis. Il en fit auffi renvoyer fans rançon cent quatre-vingtdix de fa connoiffance, qu'il trouva dans l'enclos des femmes, où ils avoient été enfermez dans le Temple. Revenant un jour de Thécué, il apperçut. plufieurs Juifs captifs attachez à la croix, & en

(a) Jofeph. de vita fua p. 1030. 1031.

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AN. DU M. 4073. de J.

core tout vivans. Il y en remarqua trois de fa con-
noiffance. Il alla auffi-tôt demander à Tite la
de ces malheureux. Tite ordonnât qu'on C.73.de l'E-
grace
Les détachât promptement, & qu'on les pensât re vulg. 7o.
avec grand foin: mais il n'y en eut qu'un qui
échappa; les deux autres moururent entre les

mains des medecins.

Les Romains s'occuperent pendant quelques jours (a) à brûler les reftes de la ville, à en renverfer les murailles, & à foüiller dans les égouts & les autres lieux foûterains, où les affiégez avoient caché de grandes richeffes. Ils y trouverent plus de deux mille morts, & outre cela plufieurs Juifs vivans, qu'ils tuerent tous. Ils y rencontrerent auffi plufieurs prifonniers, que les Tyrans y avoient fait enfermer, aufquels apparemment, on donna la liberté, comme on avoit fait à ceux qu'on avoit trouvez dans les prifons. (b) Jofeph compte quatre-vingt-dix-fept mille hommes faits captifs dans cette guerre, (c) & onze cens mille de ceux qui périrent dans le fiége. Jufte Lipse (d) dans le dénombrement général qu'il fait des Juifs qui moururent dans cette guerre, à commencer par les. fix cens trente qui furent tuez à Jérusalem par l'ordre de Florus, jusqu'aux trois mille qui furent mis à mort dans la Ĉyrénaïque par Catullus Gouverneur de cette Province, en compte en tout un million trois cens trente-fept mille quatre cens quatre-vingt-dix ; & encore n'en met-il

(a) De Bello, c. 46.
(b) De Belle, c. 43. p. 968.
(c) Chap. 45.

(d) Lipfius, lib. 2. de Conftan

tia, c. 21.

CHAP. XXXII.

Nombre des morts & des capdans la guerre des

tifs qui furent faits

Juifs.

que trente mille à Jotapat, où il y en eut quarante AN DU M. mille. (a) Ajoûtez à cela une infinité d'autres, 4073. de J. C.73. de l'E dont Jofeph ne dit pas le nombre, qui mourure vulg. 70. rent de faim & de mifere. La plûpart des Juifs qui périrent dans le fiége de Jérufalem, étoient des étrangers, qui y étoient venus des Provinces éloignées, & qui fe trouverent malheureusement enveloppez dans cette guerre. (b)

:

Pour les deux Tyrans Jean & Simon, ils s'étoient retirez, comme nous l'avons vû, dans des égouts mais la faim contraignit bien-tôt Jean d'en fortir. (c) Il vint demander la vie aux Romains, qui la lui accorderent, en le condamnant à une prifon perpetuelle. Simon qui avoit fait de plus grandes provifions, réfifta plus long-tems, (d) & demeura caché jusques vers la fin d'Octobre. Alors manquant de vivres, il fortit de deffous terre, & parut au lieu où avoit été le Temple, revêtu d'une tunique blanche, avec un manteau de

pourpre s'imaginant étonner par-là les Romains. Ils furent en effet un peu furpris lorfqu'ils le virent, & lui demanderent qui il étoit. Il ne voulut pas dire fon nom, & pria feulement qu'on lui fit venir le Commandant. C'étoit Térentius Rufus; car Tite n'étoit plus à Jérufalem. Térentius vint, & ayant appris qui il étoit, il le fit enchaîner, manda fa prife à Tite, & le lui envoya à Césarée. Tite le mena à Rome, où après

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