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de Fiesque, le Marquis d'Effiat, Mr,

Car il seroit blame par tous les gens de Gutiferagues, & Mr. de Mani.

de bien, camp, C'étoit en effet l'Ouvrage d'eux tous ensemble. Celui, contre S'il ne punisoit pas leur insolence qui le second Sonnet avoir été fạit,

extrême. repliqua par un autre , toûjours sur les mêmes Rimes,

Ce fut une Furie, aux crins plus
Racine & Despreaux, l’air triste &

noirs que blonds,
le teint blême, Qui leur prella du pus de ses af-

freux tetons,
Viennent demander grace, & ne
confesent rien, Ce Sonnet qu'en secret leur Cabale

idolâtre. Il faut leur pardonner, parce qu'on eft Chrétien;

Vous en serez punis, Satiriques
Mais on sait ce qu'on doit au.

ingrats,
blic, à soi-même. Non pas en trahison d'un fou de

Mort-aux-rats; Damon pour l'intérét de cette saur Mais de coups de bâton donnés en qu'il aime,

plein théâtre. Doit de ces scélérats châtier le Cette querelle fut terminée par des

maintien; personnes du premier rang.

Pur

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É PITRE TIL I.

AU ROI.

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1

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'RAND Roi, cesse de vaincre, ou je cesse d'écrire.
Tu sais bien que mon style est né pour la Satire:
Mais mon Esprit contraint de la désavouer,
Sous Ton Regne étonnant ne veut plus que louer.
Tantôt dans les ardeurs de ce zele incommode,
Je songe à mesurer les syllabes d'une Ode:
Tantôt d'une Éneïde Auteur ambitieux,
Je m'en forme déja le plan audacieux.

Ainsi toûjours flatté d'une douce manie,
10 Je sens de jour en jour dépérir mon génie:

Et mes Vers, en ce style ennuyeux, fans appas,
Déshonorent ma plume, & ne T'honorent pas.

Q

uoi que l'Épitre quatrieme, sur pas heureuse pour la France. Mr.

la Campagne de Hollande, de Turenne fut tué d'un coup de eût été faite peu de temps après Canon, le 27. de Juillet; après quoi que le Roi eût gratifié l'Auteur nos Troupes furent obligées de d'une Pension, & qu'il l'eût com- repasser le Rhin, & de revenir en posée pour marquer la reconnois- Alsace. Le Maréchal de Créqui Tance envers Sa Majesté ; il ne perdit ensuite la bataille de Saverne; laiffa pas de lui adresler cette épi- & s'étant fauvé dans la Ville de tre VIII. pour le remercier plus par. Trèves qui étoit assiégée, la Ville ticulierement de ses bienfaits : fut rendue malgré lui par capitula. c'est pourquoi l'Auteur appelloit tion , & il fut fait prisonnier de cette Épicre : fon Remerciment. Il guerre. Tous ces revers obligerent la récita au Roi. Elle fut composée notre Auteur à ne point faire paroi. en 1675. mais il ne la fit paroître que tre alors son Épître, de peur que l'année suivante, pour les raisons ses Ennemis ne fiffent passer ce qu'on va rapporter.

premier vers pour une raillerie. I!

l'avoit bien changé ainsi: Grand VERS I. Grand Roi, celle de Roi, fois moins louable, ou je cesse vaincre, ou je celle d'écrire.) En d’écrire. Mais ce dernier vers n'a1675. la fin de la Campagne de fut voit pas la beauté du premier ; &

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Encor fi Ta valeur, à tout vaincre obstinée,
Nous laissoit, pour le moins, respirer une année:
15 Peut-être mon Esprit, prompt à ressusciter,
Du temps qu'il a perdu fauroit se racquitter.

Sur ses nombreux défauts, merveilleux à décrire,
Le Siecle m'offre encor plus d'un bon mot à dire.

Mais à peine Dinan & Limbourg font forcés,
30 Qu'il faut chanter Bouchain & Condé terrassés.

Ton courage affamé de péril & de gloire,
Court d'exploits en exploits, de victoire en victoire.
Souvent ce qu'un seul jour Te voit exécuter,
Nous laisse pour un an d'actions à conter.

Que fi quelquefois las de forcer des murailles,
Le soin de Tes Sujets Te rappelle à Versailles,
Tu viens m'embarrasser de mille autres Vertus;
Te voyant de plus près, je T'admire encor plus.

25

l'Auteur · aima mieux attendre Mais à peine Salins & Dole foni
l'heureux succès de la Campagne
suivante, que de supprimer un des

forcés,
plus beaux vers qu'il eût faits.

Qu'il faut chanter Dinan & Limo
CHANG. Vers 17. Sur ses nom-
breux défauts &c.) Au lieu de ce

bourg terrasés.
vers & du suivant , il y avoit ceux-
ci dans toutes les edicions, qui ont Salins & Dole avoient été conquis
paru avant celle de 1713.

en 1674. avec le reste de la Franche

Comté. Dinan & Limbourg furent Le Parnasse François non exempt pris l'année suivante, au commende tous crimes,

cement de la Campagne. Ces qua

tre Villes étant les dernieres con-
Offre encore à mes vers des sujets quêtes du Roi en 1675. l'Auteur
& des rimes. les avoit nommées dans son Épître ;

mais quand il la publia en 1676. il
CHANG. Vers 19. Mais à peine ôta les deux premieres, & leur
Dinan & Limbourg"Sone forcés ; ) substitua Bouchain & Condé, qui
Dans la premiere composition il y avoient été pris en Avril & en Mai

de cette même année.

avoit :

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Dans les nobles douceurs d'un séjour plein de charmes, 80 Tu n'es pas moins Héros qu'au milieu des alarmes.

De Ton Trône agrandi portant seul tout le faix,
Tu cultives les Arts: Tu répands les bienfaits;
Tu fais récompenfer jusqu'aux Muses critiques.

Ah! crois-moi, c'en est trop. Nous autres Satiriques, 35 Propres à relever les fottises du temps,

Nous fommes un peu nés pour être mécontens.
Notre Muse, souvent paresseuse & stérile,
A besoin, pour marcher, de colere & de bile.

Notre style languit dans un remercîment:
Ho Mais, GRAND Roi,nous savons nous plaindre élégamment,

O! que fi je vivois sous les regnes sinistres
De ces Rois nés valets de leurs propres Ministres,
Et qui jamais en main ne prenant le timon,

Aux exploits de leurs temps ne prêtoient que leut nom: 45 Que, sans les fatiguer d'une louange vaine,

Aiséinent les bons mots couleroient de ma veine !
Mais toûjours fous Ton Regne il faut se récrier;
Toûjours, les yeux au Ciel, il faut remercier,

Sans cesse à T'admirer ma critique forcée 50 N'a plus, en écrivant, de maligne pensée;

Et mes chagrins sans fiel, & presque évanouis,

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VERS 42. De ces Rois nés valets de Mignons : c'est pourquoi Mezerai a leurs propres Ministres.) Les derniers dit, qu'on pourroit appeller son Rois de la premiere Race lailfoient regne le regne des Favoris. toute l'administration des affaires

VERS 53.

La Pharfale apo aux Maires du Palais. Henri III. prouvée.) La Pharfale de BR fut aussi dévoué entierement à ses B@U F.

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Fønt grace à tout le fiecle en faveur de LOUIS.
En tous lieux cependant la Pharsale approuvée,

Sans crainte de mes vers, va la tête levée. 55 La Licence par-tout regne dans les Écrits.

Déja le mauvais sens reprenant ses esprits,
Songe à nous redonner des Poëmes Epiques,
S'empare des Discours mêmes Académiques.

Perrin a de ses Vers obtenu le pardon;
60 Et la Scène Françoise est en proie à Pradon.

Et moi, sur ce sujet, loin d'exercer ma plume,
l'amasse de Tes Faits le pénible volume :
Et ma Muse occupée à cet unique emploi,
Ne regarde, n'entend, ne connoît plus que Toi.

Tu le fais bien pourtant, cette ardeur empressée
N'est point en moi l'effet d'une ame intéressée.

Tes bienfaits courussent me chercher, Mon zele impatient ne fe pouvoit cacher.

Je n’admirois que Toi. Le plaisir de le dire
40 Vint m'apprendre à louer au sein de la Satire.

Et depuis que Tes dons font venus m'accabler,
Loin de sentir mes Vers avec eux redoubler,
Quelquefois, le dirai - je, un remords légitime,
Au fort de mon ardeur, vient refroidir ma rimé.

.

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Avant que

VERS $9. Perrin e de ses Vers de Tragédies. Voyez le derniervers &c.) Voyez le vers 44. de la Sa. de l'Épître précédente.

cire VII.

VERS 62. l'amase de Tes faits le

pénible volume.) Ce vers & les deux VERS 60. Et la Scène Françoise est suivans pourroient faire croire, ez proie à Pradon.] Mauvais Auteur que Mr. Despreaux étoit déja noms

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