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taquer les Bretons, le rendit bientôt maître du royaume de Veffex, l'un des cinq qui reftoient de l'Eptarchie, les deux autres ayant été déja conquis & divifés par les fouverains des cinq royaumes fubfiftans.

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Plufieurs batailles fanglantes gagnées par Regner Lodbrog, & dans lefquelles ce jeune prince fit admirer fa prudence & fa valeur agrandirent fes nouvaux états. Ce fut dans la dernière, rendue décifive par la défaite entière des Bretons, que Regner Lodbrog étant prêt à fuccomber au milieu du centre de l'armée Bretonne, où trop témérairement il s'étoit engagé, Yvarde accourut à fon fecours à la tête du bataillon facré & jouit du bonheur de fauver la vie à fon amant. Ce fut fur la place fanglante où l'épée d'Yvarde s'étoit plongée dans la gorge du capitaine Breton déja maître de l'épée de Regner, que Rigda fit élever un trophée d'armes, au pied duquel cette Reine & Hydeltand unirent pour toujours les mains & les armes d'Yvarde & de Regner.

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Il ne pouvoit naître que des héros d'une pareille alliance, & Rigda jouit

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bientôt du bonheur de voir naître un petit-fils. La famille royale de SigurdRing, maîtreffe abfolue du royaume de Veffex, s'y fit adorer par la justice & par la douceur de fes lois. Ceux des Schetlandois qui voulurent retourner dans leur île reçurent les plus magnifiques récompenfes, & portèrent tous les arts utiles dans cette île. Un grand nombre s'établit dans le Veffex; & ce fut pour les guerriers, qui reçurent de Rigda de grandes poffeffions, qu'elle inftitua l'ordre de Chevalerie dont elle forma la constitution & dicta les premières lois.

Le fils qu'Yvarde mit au jour, fut ce célèbre Ecbert dont les armes vic→ torieufes ayant achevé de fubjuguer le refte des quatre autres royaumes, acheva de réunir l'Eptarchie en une feule domination à laquelle il donna le nom d'Angleterre, en mémoire des Angles qui, fous les ordres d'Hengift, furent les premiers conquérans du Nord, dont les armes victorieufes avoient prefque achevé la conquête de la grande Bretagne dans le cinquième fiècle. Les Pictes, qui prirent alors le nom d'E coffois, s'allièrent avec Ecbert; & les

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Gallois, voyant que tôt ou tard ils feroient foumis, prirent le parti de devenir tributaires

Ecbert étoit à peine âgé de trois ans, que Rigda, voyant qu'il n'avoit plus befoin des fecours de fa mère, le laissa sous la tutèle d'Hydeltand, pour voler à la vengeance de fon frère; & ce fut fans peine qu'elle détermina Regner & fon épouse à laiffer ce jeune prince fous la garde & la conduite de fon aïeul, pour aller punir les nations coupables & féroces qui s'étoient emparées de la Norvège & des autres états de Sigurd-Ring. Egale à Friga, cette reine magnanime réuffit dans tous fes grands projets. Une armée formidable fortie de la grande Bretagne, & portée par une flotte mieux exercée & compofée de vaiffeaux d'une conftruction bien fupérieure à celle des barques fragiles des habitans du Nord, détruifit leur puiffance maritime, aborda en Norvège; & Rigda jouit, avant fa mort, du plaifir de voir fon fils Regner Lodbrog maître abfolu des vaftes pays conquis par Odin, & fon petitfils Ecbert paifible fouverain de toute l'Angleterre.

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ZÉLIE OU L'INGENUE.

DISCOURS PRÉLIMINAIRE, A Madame la Comteffe DE GENLIS. Nos grands Romans, plufieurs contes ingénieux, tels qu'Aline & ceux de M. de Marmontel, ont donné le fujet de quelques comédies agréables; & c'eft une espèce d'hommage que le goût a rendu de nos jours au génie qui les avoit créés.

Il n'y a point d'exemple qu'une comédie ait fait naître l'idée d'en développer, d'en étendre le fujet & d'en prolonger l'action pour en faire un Roman; & c'est ce que Zélie me fait entreprendre.

J'ai trop regretté de ne trouver qu'en récit les premières aventures de Dorival, pour ne pas effayer d'y fuppléer dans cette espèce de petit Roman, dont

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la première partie fe liera facilement avec le commencement de l'action de la comédie.

Dans la feconde, je fuivrai le charmant & fublime Auteur de Zélie, avec une exactitude dont le public me saura gré, & dont le goût ne me permettroit pas de m'écarter: fouvent même je me fervirai de fes expreffions; je fens trop l'impuiffance d'en imaginer de plus fpirituelles & de plus agréables. Puiffe l'hommage que j'aime à lui rendre plaire un moment à fes yeux! Je fuis für que le public applaudira le fentiment qui m'infpire. Depuis long-temps l'admiration & la reconnoiffance le lui fait partager.

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Le jeune marquis de Sainville, âgé de douze ans, venoit de perdre fon père, homme de haute naissance, d'une grande réputation à la guerre; & ce père, mourant de la fuite des bleffures qu'il avoit reçues pendant la dernière

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