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MYTHO-HERMÉTIQUE,

DANS LEQUEL ON TROUVE

LES ALLÉGORIES FABULEUSES DES POETES,

LES MÉTAPHORES, LES ÉNIGMES ET LES
TERMES BARBARES DES PHILOSOPHES

HERMÉTIQUES EXPLIQUÉS.
Par Dom ANTOINE-JOSEPH PERNETY, Religieux

Bénédiétin de la Congrégation de Saint-Maur.

Sapiens animadvertet parabolam & interpretationem , verba fapientum ,

& ænigmata eorum. Prov. 1. V. 6.

Prix, 6 liv, rel.

A PARIS,

Chez DELALAIN l'aîné, Libraire , rue Saint-Jacques,

No. 24o.

M. DCC LXXXVII.
AV EG APPROBATI ON, ET PRIVILE CE DU ROI.

DM 、

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P R É F A C E. JAM AMAIS Science n'eut plus besoin de Dictionnaire

que la Philosophie Hermétique. Ceux dans les mains de qui tombent les Livres faits sur cette matiere, ne fauroient en soutenir la lectwre une demiheure seulement; les noms barbares qu'on y trouve, semblent vuides de sens, & les termes équivoques qui sont placés à desfein prefque dans toutes les phrases, ne présentent aucun sens déterminé. Les Auteurs avertissent eux-mêmes qu'on ne doit pas les entendre à la lettre; qu'ils ont donné mille noms à une inême chose; que leurs Ouvrages ne sont qu'un tissu d'énigines, de métaphores, d'allégories, présentées même sous le voile de ternes ambigus, & qu'il faut le défier des endroits qui paroissent faciles à entendre à la premiere lecture 1).

(1) Nolite in lectione pecia habeat , maximè in meorum scriptorum inhæ- myfticis nominibus, & arTere fyllabis, fed legendo canis operationibus; in obfutiquè considerate naturam, curis enim veritas delitescit, & ejufdem poflibilitatem. nee unquam dolofius quam Cosm. Præf. in Ænigma.

quûm apertè, nec verius Veritatis amator paucos quam cum obfcurè scribunt autores, sed opimæ notæ Philosophi. Arcan. Hermet. & exploraræ fidei manibus į Philos. opus , can. 9. ferat ; facilia intellectu suf- i A multiplici verborum fia Ils font mystere de tout, & semblent n'avoir écrit que pour n'être pas entendus. Ils protestent cependant qu'ils n'écrivent que pour instruire, & pour inítruire d'une Science qu'ils appellent la clef de toutes les autres. L'amour de Dieu, du prochain, de la vérité, lear met la plumc à la main: la reconnoillance d'une faveur si signalée que celle d'avoir reçu du Créateur l'intelligence d'un myitere si relevé, ne leur permet pas de se taire. Mais ils l'ont reçue, ajoutent-ils, dans l'ombre du myftere; ce feroit même un crime digne d'anathême que de lever le voile qui le cacha aux yeux du vulgaire. Pouvoient-ils le dispenler d'écrire mystérieusement? S:,l'on expofoit au grand jour cette Science dans sa fimplicité, les femmes, les enfans même voudroient en faire l'épreuve : le Paysan le plus stupide quitteroit sa charrue pour labourer lechamp de Mars comme Jalon: il cultiverait la terre philofophique, dont le travail ne seroit pour lui qu'un amusement, & dont les moillons abondantes lui procurcroient d'immenses richelles, avec une vie très longue, & une anté inaltérable pour en jouir.

Il falloit donc tenir cette Science dans l'obscurité, n'en parler que par hiéroglyphes, par fictions, à l'imitation des anciens Prêtres de l'Egypte, des Brachmanes des Indes, des premiers Philosophes de la Grece & de tous les pays, dès qu'on sentoit la néceflité de ne pas bouleverser tout l'ordre & gnificatione ftudiofus lector, dæ & occultandæ , caveat, dolofis enim anfrac. / adulterandæ véritacis studio, tibus, & ancipiti oratione , ideo ipforum scripta vociimò nieruinque contraria , bus' ambiguis & homonyut videtur Philofophi

me inis abundant, Ibid. Can. ria lua explicant, implican-115.

non

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