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J. SAU- ce qu'il eût été chez un Notaire faire rediger par écrit les condi tions qu'il demandoit; il craignoit de n'en être pas affez le maître après avoir vû. La feconde fois il étoit plus aguerri. Il a eû du premier lit deux fils Ingenieurs ordinaires du Roi, & Officiers dans les Troupes ; & du fecond un fils: & une fille. Le fils a été muet jus qu'à fept ans comme fon pere. M. Sauveur n'avoit point de présomption & difoit que ce qu'un homme peur en Mathematique, un autre le pouvoit auffi. Il avoit beaucoup de peine à fe contenter fur fes Ouvrages; & il falloit qu'il les éloignât de fes yeux & fe les arrachât lui-même, pour ceffer d'y retoucher. Il étoit officieux, doux & fans humeur même dans l'interieur de fon domeftique. Quoiqu'il eût été fort repandu dans le monde, fa fimplicité & fon ingenuité naturelle n'en avoient pas été alterées. Il ne faifoit guéres de cas que des Mathematiques utiles : il demandoit prefque pardon de s'être amufé

aux

Mux Quarrez magiques, qu'il avoit J. SAU pouffez aa dernier degré de fpe- vEUR, culation. Il n'étoit pas trop prévenu en faveur des nouveaux Geometres de l'Infini; ce qui fait voir qu'il y a des gouts dans la Geo

metrie comme en toute autre chofe.

Les Mémoires de l'Academie des Sciences renferment plufieurs Pieces de fa façon. La principale eft la fuivante.

Principes d' Acoustique de Mufique, ou Syfteme general des intervalles des fons, & fon applica tion à tous les Syftemes & inftru mens de Mufique. 1701. Quoique M. Sauveur n'eût ni voix ni oreille, la fcience des fons étoit fa fcience favorite, fur laquelle il a fait des recherches prodigieufes. Le moyen qu'il a inventé de noter toute la Mufique fur une feule: ligne n'a pas cependant fait fortune, & perfonne ne s'eft avifé de s'y conformer.

On trouve auffi dans le Journal des Sçavans fa Supputation des avantages du Banquier dans le jew Tome IV.

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J. SAU- de la Baffette, quatriéme Journal

EUR.

BARTHE

LEMI
D'HERBE-

LOT.

de 1679.

Il a reduit par ordre de M. de Seignelai à la même échelle, & a orienté de même façon les Cartes des Côtes de France; c'eft ce qui compofe le premier volume du Ñeptune François.

Il a fait auffi un Calendrier Univerfel & perpetuel, qui a paru en

1695.

V. Son Eloge par M. de Fontenelle, Mémoires de l'Academie des Sciences. 1716.

BARTHEL D'HERHELOT.

B

ARTHELEMI d'Herbelot

B nâquit à Paris le 14. Decem

bre 1625. d'une fort bonne famille: Dès qu'il eut achevé les études d'Humanitez & de Philofophic, il apprit les Langues Orientales, & principalement l'Hebraïque, pour mieux entendre le texte original des Livres de l'ancient Teftament.

Après un travail continuel de

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plufieurs années il entreprit un B. D'HERVoyage en Italie dans la créan- BELOT, i ce que la converfation des Armeniens & des autres Orientaux qui abordent fouvent dans ce pays fe perfectionneroit dans la connoiffance de leurs Langues. A Rome il fut particulierement eftimé par les Cardinaux Barberin & Grimaldi, & contracta une étroite amitié avec Luc Holftenius & Leo Allatius, deux des plus fçavans Hommes du fiecle paffe.

Au retour de ce voyage, qui ne dura qu'un an & demi, M. Fouquet, Procureur General du Parlement de Paris & Surintendant des Finances, l'attira dans fa maifon, & lui donna une pension de 1500. livres.

L'attachement qu'il avoit cû pour ce Miniftre n'empêcha pas qu'après fa difgrace il ne fût pourvu de la Charge d'Interprete des Langues Orientales, avec des Lettres verifiées en la Chambre des Comptes. Il eft vrai que peu d'autres étoient auffi capables que lui de cet Emploi.

B.D'HERE Quelques années s'étant écois BELOT. lées, il fit un fecond voyage en Italie; il y acquit une fi grande réputation, que les perfonnes les plus diftinguées, foit par leur Icience, foit par leur dignité s'em prefferent à l'envi de le connoître. Le grand Duc de Tofcane Ferdinand II. lui donna des marques extraordinaires de fon eftime. Ce fut à Livourne qu'il eut l'honneur de voir ce Prince pour la premiere fois. Il y eut avec lui & avec le Prince fon fils de frequentes converfations, dont ils furent fi fatisfaits, qu'ils lui firent promettre de les venir trouver à Florence.

Il y arriva le 2. Juillet 1666; & y fut reçu par un Secretaire d'Etat, & conduit dans une maifon préparée pour fon logement, où il y avoit fix pieces de plain pied magnifiquement meublées une table de quatre converts fervie avec toute forte de délicateffe, & un caroffe aux Livrées du grand Duc. On trouvera peu d'exemples d'honneurs auffi grands rendus au feul merite d'un Particulier par un Souverain.

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